Le maire Steve Lussier indique que les dépenses supplémentaires approuvées par le conseil généreront des économies à long terme ou entraîneront une plus grande efficacité.  
Le maire Steve Lussier indique que les dépenses supplémentaires approuvées par le conseil généreront des économies à long terme ou entraîneront une plus grande efficacité.  

Sherbrooke a dépensé 2,7 M$ de plus que prévu en immobilisations

SHERBROOKE — En date du 31 mai, les dépenses en immobilisations de la Ville de Sherbrooke dépassaient de 2,7 M$ les montants prévus lors de l’élaboration du budget à la fin de l’année 2019. Ce dépassement est lié à des décisions prises en cours d’année. Le sujet est passé sans explications et sans commentaires au conseil municipal du 6 juillet.

Dans les documents rendus publics la semaine dernière, on note que le budget d’immobilisation 2020 passe de 107,5 à 110,2 M$. Les dépenses imprévues concernent entre autres l’achat de trois camions transrouliers et de 100 conteneurs amovibles (1,5 M$), l’entente pour les travaux sur la rue Galt Ouest, entre Belvédère et Alexandre (1,8 M$) et des améliorations locatives (900 000 $). On note néanmoins des économies de 2 M$ dans le développement urbain.

Sur les 2,7 M$, 1,4 M$ relèvent d’emprunts par la Ville et 896 500 $ sont payés comptant. Des tiers assument 178 090 $. 

Il est à noter que plusieurs projets inclus dans le budget n’ont toujours pas été approuvés par les élus, ce qui signifie que les sommes qui y seront consacrées pourraient changer. Il s’agit entre autres de travaux prévus à l’écocentre Rose-Cohen, du plateau des loisirs dans le secteur Rock Forest, du poste de lavage pour les bateaux, de travaux pour la réouverture minimale de la prison Winter et du déménagement du garage municipal. 

Le maire Steve Lussier explique que 193 projets étaient planifiés pour 2020 et qu’effectivement, 2,7 M$ supplémentaires ont été votés avant le 31 mai. « Nous avons fait ces choix parce qu’il y avait des gains à faire. Par exemple, les trois camions que nous avons achetés nous permettent de faire des travaux en régie. Si nous étions allés en appel d’offres, ces travaux nous auraient coûté 1 178 000 $ de plus. C’est la même chose pour les améliorations locatives. Nous devions replacer les employés du garage municipal à la suite des inondations. Nous avons des gains en efficacité. »

M. Lussier confirme que les projets qui n’ont pas encore été approuvés au conseil devront faire l’objet de décisions. « C’est une bonne idée d’agrandir l’écocentre, mais il faut d’abord voir les plans. Le garage municipal sera une grosse dépense, alors il faut bien l’étudier avant de prendre une décision. Et le plateau des loisirs, c’est une bonne idée, mais il vaut la peine de regarder le montage financier pour voir si on peut économiser. »

La conseillère Annie Godbout a souvent réclamé des outils de suivi des dépenses et a ramené le sujet lors du conseil municipal le 6 juillet. Elle lançait alors la proposition à ses collègues de réfléchir pendant l’été pour déterminer les outils les plus efficaces. « Quand on a fait le lac-à-l’épaule, c’était une de mes priorités d’avoir plus de données pour prendre de meilleures décisions. Je trouverais pertinent qu’on arrive avec ce type d’outil. »

Julien Lachance a répondu présent à l’appel de Mme Godbout. « Il faudra décider ce qu’on veut suivre, dit la conseillère. Il y a les grands projets, le budget d’immobilisation, le budget d’exploitation... En même temps, nous avons un comité sur la performance organisationnelle qui réfléchit à tout ça. Nous avons beaucoup de dossiers sur lesquels il faut être extrêmement vigilants. Il y en a peut-être trop. On répète souvent les mêmes questions parce que nous sommes mal outillés. On manque d’efficacité, ça c’est sûr. »

Annie Godbout compte bien défendre le projet du plateau des loisirs, qu’elle considère comme une priorité qui fait l’unanimité parmi les élus de son arrondissement. 

Évelyne Beaudin estime elle aussi qu’il faudrait de meilleurs outils d’aide à la décision. « Il faudrait que chaque fois qu’on fait une dépense supplémentaire, on se demande où on peut couper pour compenser. Il y a encore beaucoup de travail à faire pour élaborer des outils de suivi pour le budget d’immobilisation. Ce qui n’est pas optimal, c’est qu’on se pose ces questions maintenant. On arrive mal à contextualiser chacune des dépenses. Je sais que c’est dans l’intention de la trésorière d’avoir ces outils et elle est la meilleure personne en place pour nous aider à bien gérer nos projets. »

Mme Beaudin s’appuie sur des recommandations de la vérificatrice générale pour suggérer un changement dans la gestion du budget. « Il faudrait arrêter de gérer par service, mais plutôt par projet. Il faudrait aussi budgéter les imprévus. »

Steve Lussier rapporte que les fonctionnaires travaillent déjà à élaborer des outils de suivi des budgets et convient que des améliorations sont nécessaires.