Un centre de crise est un milieu sécuritaire où les personnes suicidaires ou en crise peuvent séjourner.

Sherbrooke a besoin d’un centre de crise en santé mentale, dit Labrie

La députée de Sherbrooke revient à la charge et réclame à nouveau un centre de crise en santé mentale et en prévention du suicide à Sherbrooke.

Pour marquer sa démarche de relance du projet réclamé depuis plus d’une vingtaine d’années en région, Christine Labrie est allée visiter le centre de crise le plus proche, celui de Saint-Jean-sur-Richelieu, situé à 140 kilomètres de Sherbrooke.

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« C’est le modèle que le milieu souhaite voir être mis en place à Sherbrooke. Le centre de crise en santé mentale de huit lits est jumelé avec celui en prévention du suicide », signale la députée solidaire de Sherbrooke.

Durant la campagne électorale de l’automne 2018 puis après son élection, Christine Labrie s’est présentée comme une alliée de ce projet réclamé par le milieu communautaire, le milieu de la santé et le Service de police de Sherbrooke.

« Nous attendons toujours l’aval du CIUSSS de l’Estrie-CHUS. Je ne sais pas pourquoi ils n’ont jamais donné leur accord pour aller de l’avant. À Saint-Jean, où je me suis rendue aujourd’hui (mercredi), le CISSS de la Montérégie est partenaire avec le centre de crise. Il y a une belle collaboration du réseau de la santé vers le communautaire et vice-versa. Les personnes sont recommandées aux services qui correspondent le mieux à leurs besoins. Un tel centre de crise à Sherbrooke doit être une priorité pour le gouvernement », croit la députée de Sherbrooke.

Le CIUSSS de l’Estrie-CHUS soutient que l’offre de services en santé mentale demeure une priorité.

« Nous offrons plusieurs services en santé mentale dont l’équipe mobile d’intervention psychosociale à Sherbrooke qui nous distingue pour des villes semblables. Il y a plusieurs autres services et le centre de crise fait partie des divers moyens qui peuvent être envisagés. Nous voulons être certains d’offrir le meilleur éventail de services en santé mentale sur tout le territoire », explique la porte-parole du CIUSSS de l’Estrie-CHUS, Annie-Andrée Émond, qui mentionne qu’une rencontre sera bientôt organisée avec Christine Labrie sur la question de l’offre de services en santé mentale.

Christine Labrie

Porteur de dossier

Le projet de centre de crise est porté par le Regroupement des ressources communautaires en santé mentale de l’Estrie (RRCSM). Un centre de crise est un milieu sécuritaire où les personnes suicidaires ou en crise peuvent séjourner. Les usagers y sont encadrés par des intervenants. Les centres s’adressent à ceux qui ne peuvent pas rester à la maison, mais qui ne représentent pas un assez grand danger pour aller à l’hôpital.

« Tout le monde s’entend que c’est un réel besoin. Il y a plusieurs indicateurs qui prouvent qu’un centre de crise est une nécessité. Les intervenants du réseau en santé mentale estiment qu’un tel centre porté par le communautaire doit être mis en place. Tout le monde sur le terrain appuie le projet. Un tel centre servirait à désengorger l’urgence psychiatrique et même à éviter des hospitalisations », soutient la porte-parole pour le RRCSM et directrice générale de JEVI, Tania Boilard.

Selon des données du CIUSSS de l’Estrie-CHUS obtenues par La Tribune dans récent un dossier sur le manque de psychiatres en Estrie, les appels à la ligne Info-Social et Urgence-Détresse sont en croissance constante et sont passés de 10 459 appels en 2016-2017, à 15 175 appels l’année suivante pour atteindre 17 115 appels au cours de la dernière année.

« L’objectif est de répondre aux besoins sur le terrain. Ce n’est pas normal qu’il n’y ait pas d’entre-deux entre le soutien téléphonique et l’urgence psychiatrique. Les intervenants du milieu communautaire me disent que c’est la première fois que le projet est porté par le politique. Le projet doit être déposé à nouveau au CIUSSS de l’Estrie-CHUS au cours des prochaines semaines », indique la députée de Sherbrooke.

Christine Labrie croit qu’un centre de crise peut rapidement être mis en place lorsque les budgets seront autorisés.

« Le milieu communautaire qui porte le projet est capable de répondre au besoin rapidement », croit la députée de Sherbrooke.

Tania Boilard signale qu’une cinquième mouture du projet, dont la première version a été déposée à la fin des années 1990, doit être adoptée en mai par le RRCSM avant son dépôt au CIUSSS de l’Estrie-CHUS. Le coût du projet de centre de crise ouvert 24 heures par jour sept jours par semaine, qui prévoyait huit lits, avait été évalué à 882 950 $ en 2014.

Pour la députée de Québec solidaire, il n’est aucunement question de faire de la politique avec ce projet qui pourrait être établi d’un côté ou l’autre de la rivière Saint-François qui sépare la circonscription solidaire de Sherbrooke et le comté caquiste de Saint-François.

« La députée de Saint-François Geneviève Hébert travaille aussi à ce projet. Il est même question que le centre de crise soit intégré aux locaux de l’organisme JEVI qui se trouve dans l’est de Sherbrooke, soit dans la circonscription de Mme Hébert », signale Christine Labrie.