Ce sont des «offres très, très raisonnables», correspondant à la «capacité de payer des Québécois», a laissé entendre le président du Conseil du Trésor, Christian Dubé. Il a rappelé que chaque point de pourcentage de hausse salariale coûte 400 millions $ au Trésor public.

Secteur public: Québec propose des hausses de 7 % sur cinq ans

Le gouvernement Legault offre des hausses salariales de 7 % sur cinq ans à l’ensemble du secteur public — une proposition inférieure à l’inflation —, mais il laisse miroiter d’autres gains pour des groupes privilégiés.

Pourtant, en septembre, le premier ministre François Legault avait dit que les travailleurs de l’État allaient devoir se contenter d’augmentations correspondant à l’inflation et qu’il n’y avait plus de marge de manœuvre budgétaire.

Mais ce n’est que le début dans les négociations et il reste de la marge de manœuvre, a laissé entendre le président du Conseil du Trésor, Christian Dubé, jeudi, en conférence de presse au parlement à Québec.

L’offre de base sur cinq ans pour les 550 000 employés de l’État se ventile comme suit : 1,75 % chaque année pour deux ans jusqu’en 2021-2022, 1,5 % pour 2022-2023, et 1 % par an pour les deux années suivantes, jusqu’en 2024-2025 donc, pour un total de 7 %.

Un boni de 1000 $ est prévu pour les employés au plus haut de l’échelle, tandis que des mesures sectorielles sont prévues pour les groupes jugés prioritaires par le gouvernement, soit les préposés aux bénéficiaires et les enseignants.

En incluant les offres bonifiées pour ces groupes, les hausses seront de 2 % par année sur trois ans, et 1,5 % par an pour les deux années suivantes, pour un total de neuf pour cent. Or le taux d’inflation est prévu pour être de 2,2 % en 2019 et en 2020.

Ce sont des «offres très, très raisonnables», correspondant à la «capacité de payer des Québécois», a laissé entendre M. Dubé. Il a aussi rappelé que chaque point de pourcentage de hausse salariale coûte 400 millions $ au Trésor public.

«On ne vous dira pas le chiffre, il reste encore de la marge de manœuvre, pour être capable d’aller atteindre, justement, les engagements électoraux qu’on a faits, en éducation et en santé», a-t-il poursuivi.

Les syndicats indignés

Les syndicats rejettent unanimement ces offres. Même si les centrales ne se sont pas regroupées en front commun pour cette négociation, elles tiennent sensiblement toutes le même langage.

Les syndicats de la fonction publique, des professionnels du gouvernement, des infirmières, professionnels et techniciens de la santé, d’enseignants, la CSN et la FTQ, qui représentent plusieurs centaines de milliers d’employés de l’État, s’insurgent contre la volonté du gouvernement Legault de leur consentir des hausses salariales inférieures à l’inflation.

Tous invoquent les importants surplus enregistrés par le gouvernement à la suite des années de compressions dont leurs membres ont fait les frais pour réclamer leur part du butin, tout en rappelant que l’Institut de la statistique du Québec fait état d’un retard salarial de 13,2 % du personnel de l’État québécois par rapport aux autres salariés québécois.

Le gouvernement crée par ailleurs trois forums où des bonifications financières de l’offre seront sur la table, a-t-on indiqué. Les trois forums seront respectivement consacrés à la réussite éducative, à l’accessibilité aux soins, ainsi qu’à la santé globale des personnes salariées.

Ainsi, l’amélioration de la rémunération des préposés aux bénéficiaires «risque d’être suffisante pour attirer et retenir» les préposés, a affirmé la ministre de la Santé, Danielle McCann, au côté du président du Conseil du Trésor.

De même, la réduction des échelons salariaux dans l’enseignement — un autre engagement de la CAQ — pourrait y être abordée, a laissé entendre le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge.

Québec entend aussi s’attaquer entre autres au problème de l’absentéisme en milieu de travail.

Des forums qui pourront discuter de rémunération, c’est nouveau, plaide le gouvernement. «[M. Dubé] vient ébranler les colonnes du temple, on innove», a soutenu M. Roberge.