Séances du budget: la proposition de Beaudin ne reçoit aucun appui

Les séances préparatoires pour l'élaboration du budget 2019 se tiendront derrière des portes closes, comme Sherbrooke l'a toujours fait. La proposition de la conseillère Évelyne Beaudin de les rendre publiques n'a pas recueilli le moindre appui, lundi, au conseil municipal.

Rémi Demers avait tout de même accepté d'appuyer la résolution pour permettre un débat, mais s'est dit contre la proposition sur le fond. Comme tous ses collègues, à l'exception de Mme Beaudin, il a voté contre des séances préparatoires publiques.

« J'aurais trouvé malheureux que la proposition ne soit pas appuyée. À trop vouloir être transparent, on encourage parfois le travail en vases clos parce qu'il y a des sujets qu'on ne peut absolument pas traiter en public », dit-il.

Plusieurs recrues ont évoqué le fait qu'il s'agira de leur premier exercice budgétaire complet et qu'ils souhaitent y « goûter » pleinement. C'est le cas de Paul Gingues, Karine Godbout, Pierre Tremblay et Pierre Avard.

Julien Lachance a fait valoir qu'il est beaucoup plus facile en privé de se rallier, de changer d'idée ou d'amener des objections.

Vincent Boutin croit qu'il est « important d'avoir une place pour réfléchir à la direction [que le conseil] veut se donner pour l'avenir. On se teste l'un, l'autre. Ça nous prend ces moments pour pouvoir nous élever au-dessus de la mêlée ». Il s'est montré ouvert à consulter en amont, mais « ultimement, les citoyens nous ont fait confiance pour gérer les fonds publics », dit-il.

Nicole Bergeron, elle, rappelle que toutes les décisions prises lors du budget sont ramenées au conseil municipal pour approbation lors de la réalisation des projets concernés. « Ça fait partie de nos fonctions de prendre des décisions et nous sommes imputables de ces décisions. »

Pour Claude Charron, « les citoyens se feront des idées sur des situations, mais s'ils n'ont pas toute l'information, c'est là qu'[il voit] le danger », indiquant que le processus budgétaire est plus large que les seules séances préparatoires.

Ne pas mêler les citoyens

Le maire Steve Lussier a salué l'intention d'Évelyne Beaudin d'offrir une plus grande transparence. « Il y a énormément de documents au travers desquels nous devons passer », a-t-il expliqué en présentant un cahier à anneaux rempli de documents. « Ce n'est pas par manque de transparence, mais il ne faut pas mélanger les gens. Il faut qu'on continue de le faire entre nous. Les gens ont besoin de se retrouver. C'est un long, long exercice. »

M. Lussier ne bronche pas quand on lui rappelle que d'autres villes ont opté pour une ouverture des séances préparatoires. « Je vais laisser Gatineau faire ce qu'ils veulent. Sherbrooke n'est pas obligée de suivre les autres villes. On ne manque pas de transparence à la population. »

Évelyne Beaudin ne se disait pas étonnée, mais était désolée du résultat. « On devrait oser un peu plus. Ce qui m'a le plus affectée, c'est qu'on a un peu porté atteinte à l'intelligence des gens. Dire que les gens seront mélangés, c'est aussi ce qu'on nous disait pour la diffusion du conseil. Dès qu'on ne veut pas aller vers la transparence, on sort toujours ces arguments. Ce qui me rassure, c'est que j'ai senti de l'ouverture pour l'année prochaine. J'espère avoir une brèche sur laquelle je pourrai cogner et que je pourrai rallier les gens. »