Anthony Scaramucci, ancien directeur des communications de la Maison-Blanche qui a servi sous les ordres de Donald Trump pendant 11 jours avant d'être congédié en 2017, estime qu'il est clair que quelque chose cloche sérieusement avec le président.

Scaramucci recommande aux élus canadiens de se faire discrets face à Trump

TORONTO — L'ancien directeur des communications de la Maison-Blanche Anthony Scaramucci a quelques conseils à donner au prochain premier ministre du Canada sur la façon de traiter avec Donald Trump : rester en dehors de son champ de vision et faire preuve de retenue, car le président des États-Unis est en «déclin mental sévère».

M. Scaramucci, qui a servi sous les ordres de Donald Trump pendant 11 jours avant d'être congédié en 2017, estime qu'il est clair que quelque chose cloche sérieusement avec le président.

«Ce niveau d'instabilité et de narcissisme va vous obliger à travailler avec ses intermédiaires et à ne pas entrer dans son champ de vision, considérant qu'il a une si faible estime de lui-même», a affirmé M. Scaramucci dans une entrevue accordée vendredi en marge du Toronto Global Forum, une conférence consacrée aux affaires et à l'économie dans les Amériques.

«Il jettera n'importe qui, et je veux dire n'importe qui, dans le feu et le soufre... Il le fera à n'importe quel dirigeant canadien, il le fera à n'importe quel dirigeant mondial», a soutenu l'ancien directeur des communications.

M. Scaramucci, également connu sous le nom de «The Mooch», a fait ces commentaires à l'approche de la campagne électorale au Canada. Quel que soit le chef du parti qui obtiendra la faveur de l'électorat, le prochain gouvernement devra traiter avec Donald Trump pendant au moins un an.

Des fleurs à Trudeau et Freeland

M. Scaramucci, fondateur et codirecteur de la société d'investissement SkyBridge Capital, a estimé que le premier ministre Justin Trudeau et la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, avaient été «d'une grande maîtrise» dans leurs relations avec Donald Trump et devraient être félicités pour la négociation d'un nouvel accord commercial nord-américain.

Il a ajouté que leur tactique astucieuse consistait notamment à traiter avec les intermédiaires de Donald Trump et à le laisser s'attribuer le mérite, car «il ne peut y avoir de covedettes sur la scène» avec le président américain.

«Ils ont été très intelligents en lui permettant de parler de tout cela, ils ont été très intelligents en faisant en sorte de rester en retrait», a fait valoir M. Scaramucci. «Étant donné qu'ils avaient affaire à une personne totalement narcissique, cela aurait pu être préjudiciable et destructeur s'ils n'avaient pas agi de la sorte.»

Intimidé par Trudeau?

M. Scaramucci pense que Donald Trump est intimidé par Justin Trudeau, qui est «remarquablement beau» et sportif, alors que le président américain est «tout à l'opposé».

«Il y a un facteur d'intimidation», a soutenu M. Scaramucci. «Croyez-moi, je connais cet homme... C'est pourquoi il doit attaquer votre premier ministre sur son compte Twitter.»


« [Donald Trump] jettera n’importe qui, et je veux dire n’importe qui, dans le feu et le soufre... Il le fera à n’importe quel dirigeant canadien, il le fera à n’importe quel dirigeant mondial »
L’ancien directeur des communications de la Maison-Blanche, Anthony Scaramucci

Mais finalement, Donald Trump se fiche du Canada, selon lui.

«Il ne se soucie de rien d'autre que de Donald J. Trump... Vous devriez être très contents que vos dirigeants en soient conscients, et ils ont opéré en ayant cela en tête, je pense, très bien», a-t-il ajouté.

M. Scaramucci prédit que Donald Trump ne sera plus en fonction après l'élection présidentielle de 2020. Les politiciens américains conservateurs restent à ses côtés pour leur propre intérêt, pour le moment, a-t-il déclaré.

«Ils l'entourent, s'accrochent à lui en se disant : “D'accord, nous devons le mener à la ligne d'arrivée pour notre bénéfice à tous”. Mais il est tellement mal en point, et il est en pleine crise, ils ne pourront pas y parvenir», a affirmé M. Scaramucci.

La bonne nouvelle, quels que soient les politiciens qui formeront le prochain gouvernement canadien après les élections d'octobre, est qu'il y a désormais des bases pour saisir le comportement de Donald Trump, a-t-il ajouté.

«Il y a trois ans de références en tant qu'élus et ils devraient être en mesure de mieux composer avec lui qu'au début de son mandat.»