Les élèves du primaire et du secondaire seront physiquement en classe cet automne, à temps plein ou temps partiel. 
Les élèves du primaire et du secondaire seront physiquement en classe cet automne, à temps plein ou temps partiel. 

Roberge mise sur un retour à temps plein

Les élèves du Québec retourneront s’asseoir sur les bancs d’école à l’automne et le ministre de l’Éducation a bon espoir qu’ils pourront tous y être en personne à temps plein, bien qu’il n’exclue pas un retour à mi-temps. Les élèves et leurs parents seront fixés d’ici la fin juin sur la suite des choses.

«J’ai deux grandes filles au secondaire et je leur ai dit qu’elles allaient aller en classe à l’automne.» En entrevue téléphonique avec La Presse jeudi, le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Jean-François Roberge, a dit ce que bien des parents et élèves souhaitaient entendre. Oui, les portes des écoles seront ouvertes pour tous à la prochaine rentrée.

Québec a présenté jeudi deux scénarios envisagés pour l’automne 2020. Pour le primaire comme pour le secondaire, on propose soit un retour en personne à temps partiel, soit un retour à temps complet.

Lequel des scénarios est le plus probable? Le ministre dit qu’il ne le sait pas.

«Je préfère le scénario A au scénario B. J’ai un scénario A avec une fréquentation à 100 % tous les jours à temps plein, c’est celui-là que je souhaite mettre de l’avant. Les autres scénarios sont des scénarios qu’on pourrait prendre si on y est contraints. J’ai bon espoir qu’on sera capables d’y arriver avec une fréquentation à temps plein», a dit Jean-François Roberge, en précisant que c’est la Santé publique qui aura le dernier mot.

Présence en classe

En conférence de presse à Montréal, le premier ministre s’est aussi montré optimiste. «Si on respecte les consignes, on peut avoir bon espoir que tous les étudiants vont pouvoir physiquement être à l’école, au cégep, à l’université à la rentrée au mois de septembre. Et c’est ce qu’il faut viser», a déclaré François Legault.

L’école à distance pour le secondaire, évoquée il y a quelques semaines par M. Roberge, semble définitivement écartée.

«Je ne pense pas qu’on va avoir à l’automne des conditions pandémiques qui pourraient nous amener là. Mais il y a une limite à ce que je peux faire en termes de prévisions sur plusieurs mois. Je suis suffisamment confiant pour travailler sur des scénarios de présence en classe.» — Jean-François Roberge, ministre de l’Éducation

Il assure qu’un bilan sera fait à la fin de l’année scolaire en cours pour mieux préparer le réseau au cas où un retour à la maison serait de nouveau nécessaire pour tout le monde, à l’image de ce qui a été vécu à la mi-mars.

Une décision attendue en juin 

Québec consulte maintenant les différents acteurs du réseau de l’éducation et les partis de l’opposition pour peaufiner les scénarios de rentrée automnale. Un seul sera soumis à l’approbation de la Santé publique.

«Rendu là, quelque part au mois de juin, je vais pouvoir dire au réseau scolaire de commencer tout de suite les préparatifs», a expliqué Jean-François Roberge. 

«On veut être bien préparés, autant au gouvernement que dans les écoles. Je veux leur donner du temps pour que personne ne soit pris par surprise.» — Jean-François Roberge

Le ministre souhaite une «certaine cohérence» dans le retour en classe à l’automne. 

«On ne peut pas tous s’improviser son propre scénario dans chaque école. Il faut se rendre à l’évidence que la situation de contrôle du virus n’est pas la même à la grandeur du Québec. Je ne peux pas fermer la porte à ce moment-ci [à la possibilité] qu’il y ait différents taux de fréquentation selon la propagation du virus d’une région à l’autre», a toutefois affirmé Jean-François Roberge.

Priorité aux élèves en difficulté 

Peu importe le scénario qui sera retenu, Québec souhaite que les élèves à besoins particuliers qui fréquentent des classes spéciales – par exemple des groupes d’adaptation scolaire – soient en classe à temps plein, ou à tout le moins plus souvent que les autres.

«Il me semble qu’on doit toujours faire un peu plus pour ces élèves-là. Peu importe le scénario, ils doivent avoir un peu plus de temps de présence, un peu plus de soutien, un peu plus d’interaction avec les professionnels», a dit le ministre.

Il demande aussi que les élèves en difficulté d’apprentissage ou jugés vulnérables soient accueillis quelques semaines avant les autres à la prochaine rentrée «pour combler des retards que les plus vulnérables pourraient avoir et leur redonner confiance». À raison de quelques heures par jour, ces élèves pourraient travailler en petits groupes avec un enseignant ou un étudiant en enseignement.

«En ce moment, ça pose plusieurs défis logistiques : embauche de personnel, locaux, etc. Mais en mettant ça sur la table au mois de mai, on a toute la marge de manœuvre pour implanter ça au mois d’août. Ça fait partie de ce que je mets au jeu pour nos élèves vulnérables», a dit Jean-François Roberge.

Quid des cégeps et des universités? 

Plusieurs universités et cégeps ont déjà annoncé que leur session d’automne se ferait majoritairement à distance, mais à Québec, on ne ferme pas la porte à une plus grande présence sur les campus. Des établissements devront-ils changer leurs plans ? «C’est toujours bien d’être préparé pour le pire, mais on espère le mieux», a simplement dit le ministre Jean-François Roberge, en ajoutant qu’il présenterait bientôt des balises aux établissements d’enseignement supérieur.