Julie Morin

Répondre « aux réels besoins de la population » de Lac-Mégantic

La mairesse de Lac-Mégantic Julie Morin aborde la seconde moitié de son mandat avec confiance, même si elle constate que beaucoup reste à faire.

« Nous avons décidé de prendre le temps de bien faire les choses, de nous assurer que chaque projet réponde aux réels besoins de la population », dit-elle en expliquant que certains projets ont été ralentis pour mieux les questionner.

C’est le cas de la construction de l’Espace mémoire qui a été reportée au printemps 2020, puisque les coûts de construction se sont révélés plus onéreux qu’estimés. L’équipe municipale s’affaire à optimiser le projet afin de respecter le budget prévu.

La réhabilitation de l’ancienne scierie Billots Sélect Mégantic a aussi été ralentie, la priorité étant de décontaminer le site avant de planifier quoi que ce soit. Une réflexion en profondeur sur sa vocation sera effectuée avec la population durant 2020.

Le projet de l’Espace jeunesse, par contre, a été réactivé, parce qu’identifié comme prioritaire dans la planification stratégique. Pour leur part, la nouvelle caserne incendie et le barrage du lac Aux-Araignées, quoique importants, rencontrent encore des enjeux majeurs qui préoccupent le conseil.

« Nous devons avoir la capacité de payer, non seulement les coûts de construction, mais également les coûts d’entretien et d’opération. Une consolidation est nécessaire », peut-on lire dans un communiqué de presse émis pour dresser le bilan de mi-mandat.

La mairesse énumère ensuite des dossiers qu’il fallait absolument faire avancer pour la sécurité des Méganticois, soit la démolition de l’ancien collège près de l’école primaire Sacré-Cœur, et de l’usine Coquelicot, près du Wal-Mart, qui traînaient en longueur et constituaient des risques.

Pour ce qui est de la voie de contournement ferroviaire, le dossier a énormément bougé, juge-t-elle. « C’est sans aucun doute le dossier qui prend le plus de mon temps, mais aussi celui qui selon moi est le plus important, car tout le reste en dépend. »


« Nous devons avoir la capacité de payer, non seulement les coûts de construction, mais également les coûts d’entretien et d’opération. »
La mairesse Julie Morin

Mme Morin assure par ailleurs qu’elle et ses conseillers municipaux gardent le cap sur la priorité d’un développement intelligent et durable, respectueux de la capacité de payer des citoyens.

Le centre-ville redevient, à sa grande satisfaction, un espace de plus en plus habité avec la construction des 24 unités de logement Oasis sur le parc, qui se sont ajoutées à Place Renaissance, sur la rue Frontenac. La concrétisation de l’édifice Le Concerto constitue également un atout, souligne-t-elle.

Pour ce qui est de la reconstruction, elle confie : « Il faudra être audacieux, patients et faire encore plus d’efforts, car toutes les villes du Québec sont attractives. Il faudra se démarquer. »

Elle mise beaucoup sur le nouvel incitatif que le conseil a adopté en juin pour provoquer du développement, soit l’offre de 12 pour cent de subvention non remboursable à tous les projets du centre-ville, en fonction de la valeur foncière. Le projet de complexe hôtelier déjà annoncé compte en profiter, de même que le projet de clinique d’optométrie, dont le chantier est déjà amorcé. Un projet sera également dévoilé à la fin novembre, par un promoteur, à propos du terrain jouxtant la marina, laisse-t-elle entendre.

Des initiatives multiples contribuent également à l’animation du centre-ville, comme les activités à la gare patrimoniale, la balado Découverte du Parcours Marcheur d’étoiles, les photos le long de la piste cyclable, la Place Éphémère et le retour du Lac en fête dans le parc des Vétérans.

« Être élu municipal, ce n’est pas un long fleuve tranquille », termine Mme Morin. Le conseil municipal de Lac-Mégantic a subi plusieurs imprévus avec les départs simultanés de la directrice générale et du directeur des ressources humaines, et la perte d’un deuxième conseiller en deux ans.

« Force est de constater que nous avons su rebondir, avec le regard nouveau des nouvelles personnes en place, dont le directeur général Jean Marcoux. La poursuite des projets est assurée. »

La planification stratégique 2020-2025, qui sera validée par les citoyens à court terme, deviendra le repère pour chaque décision à venir. « C’est selon nous la meilleure façon de faire progresser une ville, en mettant le citoyen au centre des décisions. »