Rentrée scolaire: «C’est le bordel», accuse Québec solidaire

Caroline Plante
La Presse Canadienne
QUÉBEC - Le retour en classe pour des milliers de petits Québécois cette semaine est un désastre, selon Québec solidaire (QS), qui le qualifie même de «bordel».

Lundi, quelque 150 scientifiques et professionnels de la santé ont appelé le gouvernement à exiger la distanciation physique d’au moins un mètre entre les élèves et le port du couvre-visage dans les classes.

Ils ont également recommandé d’améliorer les systèmes de ventilation dans les écoles et d’offrir aux familles des options d’apprentissage à distance.

En point de presse à l’Assemblée nationale mercredi, le député Vincent Marissal, de QS, s’est insurgé contre «l’indécision» du gouvernement. Il a affirmé que les parents étaient stressés et méritaient plus de réponses.

Sur le ton de l’ironie, il invité le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, le «jovialiste-en-chef» du gouvernement, à «débrancher son disque de Bob Marley», pour ensuite se référer à la chanson de Bobby McFerrin. «Le «Don’t worry, be happy», ça va faire, a-t-il déclaré. C’est le bordel, cette rentrée-là!»

Vincent Marissal a indiqué être lui-même père de quatre enfants âgés de 10, 13, 14 et 18 ans. Il a dit avoir reçu des messages des directions d’école «le samedi matin, qui nous disent qu’elles ne savent pas exactement comment ça va fonctionner».

«En ce moment, ce sont les parents, et les enfants par ricochet, qui sont pris avec l’indécision du gouvernement. C’est assez stressant. On a connu des mois difficiles à cause du confinement, (...) et là, moi j’en ai deux qui rentrent demain et c’est le flou le plus total. Je ne sais pas à quoi il a travaillé le ministre Roberge.»

Comme les climatiseurs dans les CHSLD

Par ailleurs, le député Marissal compare la prochaine campagne de recrutement d’employés scolaires du ministre Roberge à l’installation tardive des climatiseurs dans les CHSLD.

«Il a fallu attendre la canicule pour que quelqu’un allume!» a-t-il rappelé. Selon lui, le ministre aurait pu agir plus tôt, dans la mesure où il savait que le Québec était déjà aux prises avec une pénurie d’enseignants.

Le député libéral André Fortin fait le même constat. «Le gouvernement a passé tout l’été à dire: «Il n’y a pas d’enjeux, ça va bien aller». (...) On le voit ce matin, (...) il y a (...) une certaine inquiétude parce qu’on dirait que tout a été fait à la dernière minute», a-t-il affirmé en point de presse.

Pour lui, plusieurs «enjeux» ne sont toujours «pas clairs», comme par exemple, les conditions médicales exigées pour qu’un élève ou un enseignant puisse être exempté d’un retour physique à l’école.

«Aujourd’hui, on ne sait pas combien d’élèves et d’enseignants seront dans les classes et ça mène à toutes sortes d’enjeux problématiques pour la rentrée», a-t-il souligné, en ajoutant lui aussi vouloir des options d’apprentissage à distance, ne serait-ce que temporairement, pour les familles incertaines d’être exemptées.

En outre, le Parti libéral avait proposé l’implantation d’unités mobiles de dépistage de la COVID-19 près des écoles. Mercredi, M. Fortin a également déploré la désorganisation du transport scolaire dans la région de Québec, prenant soin de souligner que le transport scolaire est un droit garanti par la loi.