Le maire Pascal Bonin a fait une intervention éclair, mais musclée, lundi à la séance du conseil municipal.

Remous au conseil de Granby

Absent de l’hôtel de ville depuis près de trois mois pour des raisons de santé, le maire de Granby, Pascal Bonin, a fait une intervention éclair, mais musclée, à la table du conseil lundi soir. Il a annoncé son retour « d’ici quelque temps » et en a profité pour régler des comptes au passage.

Pascal Bonin n’a particulièrement pas apprécié un commentaire du maire suppléant, Robert Riel, alors que celui-ci a déclaré à La Voix de l’Est la semaine dernière que les membres du conseil étaient sans nouvelles de sa part.

« Je me suis demandé : pourquoi mentir ? », a laissé tomber le maire, qui a détaillé ses contacts avec des élus ou des membres de l’administration municipale. Pascal Bonin dit avoir rencontré, à la demande de Michel Pinault, directeur général de la Ville, la coordonnatrice à la mairie, Marie-Claude Delisle, à deux reprises, afin de signer des documents.

Il affirme par ailleurs que M. Riel a reçu une copie des textos qu’il a échangés depuis son départ avec M. Pinault. Le conseiller municipal Robert Vincent lui a aussi rendu visite durant quelques heures.

« Pas de nouvelles ? Pas de rétractations ? Je tenais à faire la mise au point », a déclaré Pascal Bonin qui affirme être conscient que son intervention peut être mal accueillie par certains membres du conseil avec qui il sera appelé à siéger à nouveau.

« Permettez-moi de vous rappeler, et ce, à tous les salariés de la municipalité, que nous sommes au service du citoyen, et non celui de la Ville ou le vôtre ou celui de l’administration. Je vous demande simplement et publiquement que cessent tous ces jeux de coulisses, de mensonges et de guerre de pouvoir. Et je vous le demande sincèrement ce soir », a repris Pascal Bonin.

Maire suppléant

Le maire Bonin a aussi dénoncé au passage la modification annoncée, dans un point de l’ordre du jour de lundi, d’une résolution adoptée en 2017 afin de prévoir la rotation des membres du conseil à titre de maire suppléant, en l’absence du maire. Une résolution qu’il dit avoir proposée afin que tous soient traités de « façon équitable et respectueuse ».

« J’ose espérer que vous avez assez d’ouverture, en tant que membre du conseil, pour laisser la chance à tous et chacun de vivre l’expérience d’être maire suppléant. Depuis 2017, il y a beaucoup trop de maires à la table du conseil, pas assez de conseillers. Dès mon retour, il n’y en aura plus qu’un maire », a lancé Pascal Bonin en affirmant vouloir travailler « en équipe », celle que la « population a portée au pouvoir pour un deuxième mandat ».

Pascal Bonin avait par ailleurs vu juste, car une résolution a été adoptée au cours de la séance, sur division, afin de prolonger le mandat du conseiller Robert Riel à titre de maire suppléant jusqu’au 31 octobre 2020. Les arguments invoqués : le travail qu’il a effectué à ce jour dans les dossiers, ainsi que sa disponibilité. À l’origine, Éric Duchesneau devait prendre le relais à partir du 1er mars prochain.

Éric Duchesneau et Jocelyn Dupuis se sont opposés à cette décision. « Pour ma part, il n’y a aucune raison valable pour que M. Duchesneau, qui devrait être le prochain maire suppléant, ne le soit pas. (...) Je suis vraiment désolé qu’on vous mette sur la ligne de côté. Vous viendrez me rejoindre ; je suis déjà là », a laissé tomber M. Dupuis à l’endroit d’Éric Duchesneau, qui n’a pas voulu commenter la décision d’une majorité de ses collègues.

Il n’y a rien de personnel contre M. Duchesneau, a toutefois affirmé Julie Bourdon. « On a décidé de maintenir M. Riel (en poste) pour une stabilité. C’est un événement exceptionnel, une absence un peu prolongée. (...) M. Riel est déjà là et il a le temps de le faire à temps plein et on lui permet de continuer », a fait valoir la conseillère du district 3.

Tempête

Pascal Bonin a néanmoins commencé son intervention en assurant être « très heureux » d’être présent. « Quelques mois se sont écoulés depuis ma dernière apparition publique et, honnêtement, vous m’avez beaucoup manqué. J’aime profondément les citoyens de cette ville et la communauté entière », a-t-il dit.

Le maire affirme avoir traversé une « tempête » au cours des derniers mois. Mais son état de santé s’est amélioré de façon « remarquable » au cours des dernières semaines, ce qui lui permet d’envisager un retour. Un suivi médical serré et le « soutien indéfectible » de ses proches, qui étaient d’ailleurs dans la salle du conseil, a été un « grand facteur de sa guérison », a-t-il relevé.

Pascal Bonin n’est pas entré dans les détails lundi sur les raisons de son absence, mais il affirme qu’il répondra à toutes les questions à son retour. Il s’était absenté quelques semaines au printemps 2019 et avait évoqué un épuisement professionnel pour expliquer cette pause.

Le maire suppléant, Robert Riel, a affirmé aux médias au terme de la séance du conseil avoir essayé d’entrer en contact avec le maire Bonin la semaine dernière, mais n’avoir eu aucune réponse de sa part.

« Je ne suis pas fâché contre M. Bonin. Il s’est exprimé. C’est correct. Peut-être qu’il y a eu un malentendu entre un peu tout le monde », a déclaré M. Riel.

S’il a ouvert la séance du conseil municipal, Pascal Bonin s’est toutefois éclipsé avant la première période de questions. Sa présence lui permet toutefois de facto de s’absenter pour une nouvelle période maximale de 90 jours. Car selon la Loi sur les élections et les référendums, l’absence du maire, comme celle de tout autre membre du conseil, ne peut pas excéder 90 jours, à compter de la première séance du conseil où il est absent.