Rémi Demers travaillera au comité de transition qui raffinera les mandats de Destination Sherbrooke pour mener à une nouvelle gouvernance en janvier 2021.
Rémi Demers travaillera au comité de transition qui raffinera les mandats de Destination Sherbrooke pour mener à une nouvelle gouvernance en janvier 2021.

Rémi Demers planchera aux nouveaux mandats de Destination Sherbrooke

SHERBROOKE — La Ville de Sherbrooke rapatrie la planification, l’élaboration et la réalisation de projets d’infrastructures publiques de nature touristique. Elle reprend aussi le développement de son image de marque, jusqu’ici confiée à Destination Sherbrooke, et le développement et la supervision de projets à forts impacts économiques et touristiques. Le conseil municipal confie par ailleurs à Philippe Cadieux, directeur du Bureau du développement économique, et au conseiller Rémi Demers le soin de mener un comité de transition pour transformer Destination Sherbrooke. 

Le conseil municipal, à l’exception de Pierre Tremblay et d’Évelyne Beaudin, a entériné lundi soir les orientations pour la création d’un nouvel organisme voué au tourisme, un Destination Sherbrooke 2.0, dont la nouvelle gouvernance entrera en vigueur en janvier 2021.

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Cet organisme aura donc quatre mandats, soit de supporter l’investissement privé en matière de tourisme, d’assurer les services d’accueil et d’information touristique, de stimuler et d’animer l’écosystème sherbrookois pour développer l’offre touristique en fonction de l’ADN de Sherbrooke et de favoriser la mise en marché de la marque de Sherbrooke avec les partenaires municipaux et régionaux. 

La création d’un bureau des événements n’est pas exclue.

Pierre Tremblay s’est opposé à cette vision parce qu’il ne croit pas que les administrateurs de Destination Sherbrooke, très critiques envers la Ville, pourront collaborer à l’élaboration de leur mandat. Il se dit mal à l’aise avec la présence d’un élu au comité de transition. « Sans mettre en cause la partialité de notre collège (Rémi Demers), il a déjà présidé Destination Sherbrooke et y a sûrement tissé des liens. Il faudrait quelqu’un qui saura garder ses distances des émotions des gens de Destination Sherbrooke. »

Rémi Demers a rejeté les propos de son collègue, disant agir non pas pour défendre une organisation, mais pour l’intérêt supérieur de l’industrie touristique. 

Évelyne Beaudin estime pour sa part que la réflexion n’est pas aboutie, qu’il a toujours été impossible d’influencer le cheminement du dossier. « Je trouve qu’on n’a pas assez travaillé en collaboration avec les acteurs du milieu touristique. On change le nom, on coupe 1 M$ et on parle d’une structure agile pour ne pas parler d’une organisation réduite. Je ne vois pas comment l’organisation est transformée par ces gestes-là. »

Mme Beaudin est revenue avec son idée de fusionner Destination Sherbrooke et Commerce Sherbrooke. « Pour moi, c’est une question de temps avant que cette fusion survienne. Pourquoi ne pas faire les choses maintenant? »

Chantal L’Espérance s’est opposée à cette idée, jugeant la fusion de Commerce Sherbrooke, de Pro-Gestion Estrie et de la CDEC comme une assez grosse bouchée pour le moment. Elle réitère qu’il ne faut pas blâmer Destination Sherbrooke pour ses réalisations puisque c’était à la Ville de lui donner des mandats clairs. « L’industrie touristique est une mine d’or pour Sherbrooke. »

Paul Gingues a déploré que les mandats soient trop flous, trop aériens, et il craint de se retrouver avec des résultats flous. Il aimerait que les élus participent à la définition des mandats. Il considère aussi que d’autres coupes pourraient être pertinentes à Destination Sherbrooke et prévient que l’argent ainsi économisé ne doit pas servir à gonfler l’appareil municipal avec de nouvelles embauches.

Marc Denault, lui, suggère de rendre les séances du conseil d’administration de Destination Sherbrooke publiques et invite la vérificatrice générale à se pencher sur le dossier de la rétention des procès-verbaux.

Se mobiliser plutôt que se diviser

Pour Annie Godbout, deux actions devaient être posées pour transformer Destination Sherbrooke, soit un positionnement cohérent avec la vision de développement économique et une gouvernance renouvelée. Elle dit quitter l’organisation la tête haute avec un sentiment du devoir accompli. « Le tourisme à Sherbrooke avait grand besoin de se faire challenger. Je l’ai fait et je continuerai de le faire. [...] À partir de maintenant, nous développerons un tourisme plus entrepreneurial et plus vert, un tourisme plus créatif et plus innovant. Misons surtout sur les jeunes qui font partie de notre industrie. Il m’apparaît important de se mobiliser plutôt que de se diviser. Comme premier geste significatif, je rassemblerais les artistes. Ils peuvent devenir des piliers de la relance. »

Rémi Demers a souligné le « tiraillage sur la place publique » et a invité ses collègues à « regarder en avant de façon extrêmement positive ». « On peut y arriver avec une grande majorité du conseil qui croit aux retombées du tourisme à Sherbrooke. »

Danielle Berthold en a toutefois profité pour faire une mise au point concernant la demande de démission adressée à un administrateur de Destination Sherbrooke, Sylvain Beauséjour. « Au cours de mes mandats, je n’ai pas toujours partagé les prises de position de Mme (Annie) Godbout, mais je me dois de me rapporter aux faits. J’ai l’impression que je n’ai pas assisté au même comité exécutif que les autres en septembre 2019. De façon unanime, nous avons pris la décision de demander la démission de M. Beauséjour. »

Elle rapporte avoir en main des courriels des administrateurs Claude Morin et Sylvie L. Bergeron qui proposent des changements au procès-verbal de cette réunion sans jamais exprimer de malaise. Ils ont prétendu qu’ils trouvaient la situation malaisante en entrevue la semaine dernière. « Si vous étiez si mal à l’aise, pourquoi avoir participé à la rédaction du procès-verbal et avoir mentionné que le texte vous convenait? », lance-t-elle à l’intention de M. Morin.

« C’est comme si Mme Godbout et moi avions pris cette décision à deux. Les faits démontrent que non. Nous ne pouvons les contredire ou les interpréter. S’il y a eu faute dans ce dossier, il y aura rétraction, mais il y a toujours deux côtés à une médaille. Pouvons-nous aller de l’avant et cesser de faire parler de Destination Sherbrooke pour les mauvaises raisons? »

La semaine dernière, Annie Godbout affirmait qu’aucun membre de l’exécutif n’avait enregistré sa dissidence dans ce dossier, une affirmation confirmée par l’actuelle présidente de Destination Sherbrooke, Sylvie L. Bergeron.