Pierre Reid est catégorique : sans une mobilisation importante dans la région de Newport et Coventry, il sera pratiquement impossible d’infléchir la volonté des autorités américaines en ce qui concerne le site d’enfouissement.

Reid « encouragé » par la mobilisation contre Coventry

La mobilisation qui s’est amorcée au Vermont, relativement au projet d’agrandissement du site d’enfouissement de déchets de Coventry, réjouit les acteurs locaux du dossier.

« C’est clair que je suis encouragé par la mobilisation qu’on observe en ce moment, lance le député sortant d’Orford, Pierre Reid. Il y a une douzaine d’années, quand on a commencé à se préoccuper du dossier dans la région, je m’attendais à ce que des Américains se fassent aussi entendre, mais c’était resté très tranquille de l’autre côté de la frontière. Une prise de conscience se fait en ce moment au Vermont. »

M. Reid est catégorique : sans une mobilisation importante dans la région de Newport et Coventry, il sera pratiquement impossible d’infléchir la volonté des autorités américaines en ce qui concerne le site d’enfouissement, ce qui inclut le traitement du lixiviat produit sur place.

« Oui, il y a de la collaboration de la part des Américains dans ce dossier, reconnaît le député d’Orford. Mais sans une mobilisation citoyenne aux États-Unis, on n’arrivera à rien. En d’autres mots, la mobilisation est essentielle. »

Président de l’organisme Memphrémagog conservation, Robert Benoit confie pour sa part avoir été impressionné par le nombre de personnes qui ont pris part à la réunion organisée par le groupe Dont Undermine Memphremagog Purity (DUMP) lundi à Newport. Plus de 120 personnes ont participé à cette assemblée lors de laquelle plusieurs Vermontois ont exprimé des inquiétudes au sujet du site d’enfouissement.

« Avant d’aller là-bas, je croyais que la participation d’une quarantaine de personnes à la rencontre aurait été un succès. Je me disais aussi qu’on partait de loin quand le fondateur du groupe DUMP a commencé à me parler d’une mobilisation aux États-Unis. Mais j’ai été très impressionné lundi. Ce qui me donne espoir en plus, c’est que les médias nous offrent une bonne couverture là-bas », déclare M. Benoit.

Traitement du lixiviat

Le président de Memphrémagog conservation a également accueilli avec satisfaction une intervention d’une représentante de l’Agency of Natural Resources (ANR) portant sur le traitement du lixiviat dans une usine située à Newport. 

« Ça fait des années qu’on se bat pour qu’un test spécifique soit effectué afin de voir si l’eau qui coule dans le lac, à partir de cette usine, est dangereuse. Et là, enfin, la représentante de l’ANR a révélé lundi que ce test serait réalisé. »

Robert Benoit continuera évidemment à s’impliquer dans le dossier. Au cours des prochaines semaines, il aimerait qu’un groupe d’intervenants de la région de l’Estrie, dont certains politiciens, se rendent aux États-Unis pour aller discuter du dossier avec des élus américains. Il souhaite que la mairesse de Magog, Vicki-May Hamm, et le préfet de la MRC de Memphrémagog, Jacques Demers, soient de la délégation.

Puisqu’il est question de lui, Jacques Demers réagit aussi positivement à la mobilisation en cours au Vermont. « C’est super de voir l’appui qu’on reçoit maintenant aux États-Unis », admet-il.

S’il manifeste son approbation, M. Demers note toutefois que le travail de terrain effectué par la MRC de Memphrémagog et la Ville de Sherbrooke ne doit pas être négligé. « Ça fait des années qu’on travaille sur ce dossier-là avec les Américains. Des dizaines de milliers de personnes boivent l’eau du Memphrémagog, en Estrie, et on tient à ce que cette ressource demeure de qualité », assure-t-il.