Pierre Tremblay et Pierre Avard

Registre de Well inc. : un processus bidon, selon Tremblay et Avard

Les conseillers Pierre Tremblay et Pierre Avard qualifient le processus menant à la signature de registre pour le projet Well inc. de bidon. Dans un communiqué, ils reprennent essentiellement les commentaires véhiculés plus tôt la semaine dernière en jugeant précipitée la publication d’un avis public sur le sujet. Leur collègue Paul Gingues soulève aussi des questions.

Rappelons que les élus ont adopté un règlement d’emprunt de 26 M$ en séance extraordinaire du conseil le 21 décembre. De cette somme, 20 M$ sont prévus pour la reconstruction d’un stationnement étagé et 4 M$ pour l’aménagement d’une place publique.

M. Gingues se dit par exemple préoccupé par le peu d’information que reçoivent les membres du conseil. « Que l’on apprenne par les journaux qu’un processus aussi important soit enclenché en pleine période de vacances des Fêtes me semble tout à fait anormal. Surtout qu’il s’agit d’un enjeu politique très sensible », affirme-t-il dans un communiqué.
Il ajoute que le manque de transparence dans le cheminement du processus entourant le registre fait en sorte que le conseil municipal envoie un bien mauvais signal en ce début de mandat.

À la séance extraordinaire du 21 décembre, le citoyen Denis Pellerin avait pourtant demandé si une signature de registre était prévue dans le dossier en question. La greffière Isabelle Sauvé avait répondu qu’un avis public serait publié en janvier.
Pierre Avard estime que la présidente du conseil, Nicole Bergeron, n’attribue aucune importance au registre « puisqu’elle l’ignore totalement dans son intervention » publiée dans La Tribune de vendredi. « Elle fait totalement fi de l’aspect démocratique du processus. Il apparaît que pour Mme Bergeron, cette demande de règlement d’emprunt n’est qu’une formalité, peu importe ce qu’en pensent les citoyens », dit-il.

Cinq jours pour se prononcer

Aux communications de la Ville de Sherbrooke, on expliquait que la publication d’un avis public le 3 janvier suivait une procédure légale pour permettre l’ouverture du registre le 8 janvier. La Ville souhaite ainsi laisser cinq jours aux citoyens pour se prononcer, de manière à ce que les élus puissent tenir compte de ce verdict à la séance du conseil municipal du 15 janvier.

« Qui a décidé qu’il fallait connaître le verdict de la population avant le 15? », demande Pierre Tremblay.
Au cabinet de la mairie, le directeur par intérim, Sylvain Vessiot, a fait écho à la présidente du comité exécutif, Nicole Bergeron. « Si le règlement d’emprunt est approuvé, il n’y a aucune obligation de dépenser l’argent. »

Quant au stationnement étagé, qui doit compter entre 700 et 900 espaces selon les dernières estimations, la forme qu’il prendra doit encore être déterminée. Le privé possèdera-t-il certaines cases, comme il était prévu au départ? Pourrait-il être confié complètement au privé, qui percevrait les frais de stationnement? « Ce n’est pas du tout déterminé. C’est une question qui sera abordée par le comité de revitalisation du centre-ville », rapporte M. Vessiot.

Ledit stationnement à étages serait construit en même temps qu’une place publique. Deux tours seraient aussi érigées avec des investissements privés d’environ 45 M$ pour loger les organismes de développement économique de la Ville, les bureaux de Sher-Web, des commerces et des appartements.

Le règlement d’emprunt ne peut être utilisé que pour le projet auquel il est associé. Les sommes ne pourront être engagées que si le projet final est approuvé au conseil municipal.

La signature du registre se déroulera à l’hôtel de ville du 8 au 12 janvier.