La présidente du comité exécutif, Nicole Bergeron, a rabroué avec vigueur ses collègues Pierre Avard et Pierre Tremblay, qui ont qualifié de « bidon » le processus de signature de registre pour le règlement d’emprunt du projet Well inc.

Registre de Well inc. : Bergeron rabroue Avard et Tremblay

La présidente du comité exécutif, Nicole Bergeron, a rabroué avec vigueur ses collègues Pierre Avard et Pierre Tremblay, qui ont qualifié de « bidon » le processus de signature de registre pour le règlement d’emprunt du projet Well inc. Les deux hommes étaient présents au point de presse convoqué par la mairie mardi.

« Lors de la séance extraordinaire du 21 décembre, il était bien écrit dans le sommaire décisionnel que le registre doit se tenir dans les 45 jours suivant l’adoption du règlement d’emprunt. Il était aussi indiqué qu’on prévoyait un registre du 8 au 12 janvier. Quand nous avons tenu un plénier à huis clos le 11 décembre, les étapes étaient clairement dites en matière d’échéancier. Pour être en mesure de respecter l’entente avec le consortium, nous n’avions pas le choix. Presque tout le monde était là le 21 décembre. Qu’on ne me dise pas qu’on est surpris », a tonné Mme Bergeron.

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« La loi encadre le nombre de personnes nécessaires pour provoquer un référendum. Pensez-vous que les services juridiques nous font faire des choses pour nous mettre dans l’illégalité? Les élus ne viennent pas vérifier aux sources. Seule Danielle Berthold m’a téléphoné pour avoir de l’information. On peut ne pas être d’accord avec le projet, mais sur le processus, je regrette... Toutes les informations que nous avions ont été communiquées aux élus le 11 décembre. Personne n’a posé de questions. Ils préfèrent prendre la voie des médias. »

La présidente du comité exécutif, Nicole Bergeron, entourée du maire Steve Lussier et de la conseillère Danielle Berthold.

Danielle Berthold ajoute : « C’est quoi l’idée de ne pas lire la documentation, de dire que c’est bidon? Je trouve ça épouvantable pour des gens nouvellement venus en politique. L’important, c’est de commencer par écouter, apprendre, regarder et après analyser, et après se faire une idée. Il n’y a pas de manque de transparence. »

Pierre Tremblay s’est limité à dire : « Je suis tanné qu’on prenne la population pour des imbéciles. »

Pierre Avard n’a rien appris « sauf qu’il y a eu des rencontres avec le consortium pendant que le maire était absent ». « Normalement, quand on veut acheter une maison, on va à la banque et la banque veut savoir ce qu’on veut acheter. Là, on dit qu’on veut acheter pour 26 M$ et on ne donne pas de détails sur le produit qu’on veut acheter. C’est assez particulier, surtout que le maire vient du milieu bancaire. »

M. Avard a déploré le manque de transparence dans le dossier. Il ne s’est pas formalisé des remontrances de Nicole Bergeron. « On sait d’où elle provient. Quand elle était à Pro-Gestion, elle ne pouvait pas participer aux débats parce qu’elle était impliquée dans le projet. J’ai une petite réserve par rapport à ça. »

Mme Bergeron a démissionné de son poste de directrice de Pro-Gestion Estrie à la mi-décembre.

Pierre Avard croit-il qu’il dispose de la même information que le comité exécutif? « S’ils n’en savent pas plus que nous, c’est encore plus inquiétant. Ce n’est pas de la petite monnaie 26 M$. »

Pierre Avard

Va-et-vient constant à l’hôtel de ville

Le va-et-vient était constant à l’hôtel de ville mardi pour la signature du registre concernant le règlement d’emprunt de 26 M$ pour Well inc. Sans que les foules se massent sur la rue du Palais, des citoyens se pointaient aux deux ou trois minutes, en début d’après-midi, dans l’espoir de forcer la tenue d’un référendum.

Deux ex-candidats de Sherbrooke Citoyen se sont pointés vers 14 h 20. « Je considère que le projet, tel qu’il est présenté, n’est pas satisfaisant. Nous n’avons aucune information. Il y a un grand défi démocratique dans le processus. Je mets ma signature pour dire aux conseillers et au consortium que la population les surveille et qu’on attend un projet socialement acceptable au centre-ville », dit André Poulin.

Par prudence

« Il y a deux conseillères qui ont dit qu’elles avaient des informations qui leur laissaient croire que c’était un bon projet, mais nous n’avons pas accès à cette information. Je veux bien faire confiance à tous les élus, mais c’est une façon de marquer mon opposition au projet tel que présenté présentement », ajoute Vicky Poirier.

France Bergeron abondait dans le même sens. « Je trouve important de revoir ce projet comme il faut avant de l’approuver. C’est par prudence. Ce qui me fait le plus peur, c’est que ce projet vienne changer l’environnement de ce coin de ville. Les gens qui habitent là seront-ils un jour chassés parce que le loyer va augmenter? Je trouve toujours difficile le processus de gentrification parce que ça déstabilise les gens. »

Investir ailleurs

Daniel Godbout voudrait que la Ville investisse ailleurs. « Je trouve qu’il y a de l’argent à mettre ailleurs que là. Qu’ils commencent à réparer les rues et à mettre des trottoirs où il n’y en a pas. »

Enfin, Michel Carbonneau a voté pour Steve Lussier sur la promesse de tenir un appel d’offres dans le dossier. « Pour être un peu logique avec les promesses du maire Lussier. Il devait faire l’objet d’un appel d’offres. De la façon que c’est parti, on est moins sûrs que ça se fera de cette façon-là. »