Régis Labeaume sera absent plusieurs semaines pour suivre des traitements en lien avec son cancer de la prostate.

Régis Labeaume absent plusieurs semaines

Régis Labeaume a assisté lundi à son dernier conseil municipal. Il sera absent plusieurs semaines pour suivre des traitements dans sa lutte contre le cancer de la prostate.

Le maire n’a pas voulu s’avancer sur la durée ni la nature du traitement qu’il devra subir. Chose certaine, il devra s’absenter plusieurs semaines. Il ne sait pas s’il sera de retour d’ici les vacances d’été. Le dernier conseil est prévu le 2 juillet. La reprise des travaux est fixée au 26 août.

«Je vais quitter pour plusieurs semaines dépendamment de comment ça va aller. C’est mon dernier conseil ce soir», a-t-il avisé lundi après-midi, en marge d’une conférence de presse.

Lorsqu’on lui demande plus de détails, il demeure discret. «Je préfère garder ça pour moi, insistant sur le fait que «tout va fonctionner».

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«Les alignements pour chacun des dossiers sont connus et j’ai deux vice-présidents avec Marie-Josée Savard et Rémy Normand. Tout est organisé. Le téléphone existe», lance-t-il pour signifier le fait qu’il reste disponible en cas d’urgence.

Mme Savard et M. Normand occupent respectivement les postes de responsable de l’urbanisme et de l’aménagement du territoire, et de président du Réseau de transport de la capitale. La conseillère Michelle Morin-Doyle représentera la ville comme maire suppléant au sein des différentes organisations municipales provinciales et nationales.

Dans les faits, M. Labeaume sera physiquement absent de l’hôtel de ville. Cependant, il conserve ses fonctions et signera à titre de maire de Québec les documents nécessaires pour l’avancement des divers dossiers en cours . En ce sens, il a décidé de suivre les conseils de ses médecins. Ils ont insisté pour qu’il prenne du repos et consacre temps et énergie à ses traitements. 

Sa dernière apparition publique avant son départ doit se faire mardi lors d’une visite de chantier du Grand Marché de Québec qui doit ouvrir en juin. Même si la loi prévoit qu’un maire peut être destitué après une absence de 90 jours, le conseil municipal peut voter une résolution et prolonger la période d’absence pour une cause de force majeure.

À la mi-mars, le maire annonçait qu’il était atteint d’un cancer de la prostate. «Il y a un an, mon PSA était correct et en septembre, il s’est envolé», avait-il expliqué en faisant référence à l’antigène prostatique spécifique (PSA en anglais), un marqueur dans le sang qui permet de détecter la maladie lorsque sa concentration augmente.

À ce moment, il avait indiqué que «c’était plus vilain qu’il l’espérait», sans savoir si d’autres organes étaient touchés. C’est ce genre d’information qu’il n’a pas voulu fournir, lundi.

Lors de cette annonce, sa principale préoccupation professionnelle était de savoir comment il pouvait alléger son agenda dans la perspective où il devait prendre du repos. «C’est compliqué un peu», avait-il alors avoué.

Malaise au conseil

L’état de santé du maire est revenu sur le sujet au conseil municipal du soir. M. Labeaume en a parlé lui-même en répondant à l’opposition officielle qui l’accusait la semaine dernière d’avoir été absent à une conférence de presse tenue jeudi passé.

Le maire a expliqué qu’il ne pouvait y être, «billet du médecin à l’appui». «J’ai passé la journée à l’hôpital à passer des tests (...) Je commence à m’y connaître pas mal en scintigraphie osseuse.»

La situation a créé un malaise au sein de l’assemblée. Alors que le conseiller de Démocratie Québec Jean Rousseau a précisé qu’il ne reprocherait jamais les absences du maires, connaissant l’épreuve qu’il traverse, le conseiller de Val-Bélair, Sylvain Légaré, a exprimé clairement son indignation. «Révéler les absences du maire dans les médias, c’est pas fort», disant espérer que c’était la dernière fois.

Plus tard, Le chef de Qc21, Jean-François Gosselin, s’est défendu de s’attaquer à l’état de santé du maire. «J’ai appris en même temps que vous ce soir qu’il était absent pour un rendez-vous médical. Comment je pouvais savoir ça? Comprenez, mon travail est de m’assurer que le maire de Québec soit là pour répondre aux questions et vendre son projet, se défend-il, sans pour autant vouloir présenter ses excuses. 

Selon la Société canadienne du cancer, l’examen a plusieurs utilités. Il sert notamment à savoir si un cancer s’est propagé (métastases) aux os. Les médecins n’y ont habituellement pas recours dans le cas d’une petite tumeur.