Simon Jolin-Barette, ministre de l'Immigration.

Réfugiés: Legault donne un appui inconditionnel à Jolin-Barrette

Le cafouillage survenu ces derniers jours lors du dépôt des demandes de parrainage de réfugiés n’a pas ébranlé la confiance du premier ministre François Legault envers son ministre de l’Immigration, Simon Jolin-Barrette.

Mardi, en mêlée de presse, en marge d’une réunion du Conseil des ministres, le premier ministre n’a pas hésité à assurer son ministre de son appui inconditionnel, malgré les ratés du système mis en place pour accueillir les demandes de parrainage de réfugiés et même si ce n’est pas la première fois que son ministre place le gouvernement dans l’embarras.

«Simon Jolin-Barrette est un des meilleurs ministres, un des jeunes les plus prometteurs en politique», a estimé le premier ministre, quelques heures avant de quitter le Québec en direction de la Suisse, où il assistera au sommet économique de Davos.

Il a aussi rejeté du revers de la main le présumé «manque d’humanité» qui serait, selon certains, la cause des déboires du ministre.

Lundi, en fin de journée, le ministre Jolin-Barrette s’est engagé à revoir les règles du jeu, mais mardi, ni le ministre ni le premier ministre ne pouvaient dire pourquoi la façon actuelle de procéder n’avait pas été modifiée plus tôt, de manière à éviter à des centaines de personnes de faire le pied de grue pendant des jours dans l’édifice du ministère, sans savoir quel sort serait réservé à leur précieuse demande de parrainage.

Des pistes de solution commencent à émerger. Mardi, le ministre Jolin-Barrette a indiqué que le controversé système de coursiers serait aboli. Les aspirants parrains n’auront donc plus à débourser des centaines de dollars à un messager simplement pour déposer leur demande à leur place, comme c’est le cas présentement. La pratique, qui a donné lieu à toutes sortes de dérapages (comme le fait de tenter de monnayer sa place), consistait à ne pas pénaliser les demandeurs habitant à l’extérieur de Montréal.

Le ministre n’a par ailleurs pas exclu l’idée de ne plus obliger les gens à se présenter en personne. Une hypothèse envisagée: les futurs parrains pourraient déposer leur demande par voie électronique.

L’idée d’une loterie sera une autre avenue explorée.

Le ministre Jolin-Barrette et le premier ministre ont rejeté le blâme sur le précédent gouvernement libéral pour expliquer la tournure des événements. «On est en en train de changer la plupart des programmes des libéraux qui ne fonctionnaient pas», a commenté M. Legault.

Au total, cette année, 750 dossiers de réfugiés seront acceptés, dont seulement 100 provenant de particuliers, qui peuvent former un groupe comptant au maximum cinq personnes. Les autres réfugiés seront parrainés par des organismes.

Le petit nombre de dossiers acceptés par le Québec, qui privilégie l’approche «premier arrivé, premier servi», a contribué au désordre observé au cours des derniers jours et à la frustration des demandeurs, qui devaient jouer du coude pour augmenter leur chance de favoriser leur dossier.

Mais il n’est pas question pour autant d’augmenter le nombre de réfugiés accueillis au Québec, a tranché le premier ministre.

«On ne pourra jamais accepter tous les réfugiés de la Terre au Québec», a commenté M. Legault.