Vendredi, le discours était différent. En conférence de presse, pressé de questions sur le sujet, le premier ministre François Legault a refusé de se commettre.

Réforme du mode de scrutin: Legault refuse de se compromettre

RIVIÈRE-DU-LOUP — La confusion règne sur les intentions réelles du gouvernement Legault, qui envoie des signaux contradictoires quant à l’implantation promise du mode de scrutin proportionnel mixte, à temps pour le prochain rendez-vous électoral.

Jeudi, la responsable du dossier, la ministre Sonia LeBel, avait laissé entendre que l’affaire était conclue : le temps manquait pour implanter la réforme d’ici les prochaines élections et le scrutin de 2022 serait plutôt l’occasion de tenir un référendum sur la question, disait-elle en substance.

Vendredi, le discours était différent. En conférence de presse, pressé de questions sur le sujet, le premier ministre François Legault a refusé de se commettre.

Il n’a pas voulu dire en vertu de quel mode de scrutin les électeurs québécois allaient choisir leur prochain gouvernement, en octobre 2022.

Il n’a pas voulu dire davantage si l’élection de 2022 serait plutôt accompagnée d’un référendum visant à consulter la population sur le sujet.

Mais un référendum n’est pas «exclu», a-t-il dit.

Partout au Canada où de tels référendums ont été tenus sur un changement du mode de scrutin, ces dernières années, en Colombie-Britannique, en Ontario et dans l’Île-du-Prince-Édouard, le statu quo a prévalu.

Quant à savoir quel mode de scrutin sera en vigueur en 2022, c’est «trop tôt» pour répondre à cette question, selon lui.

Les électeurs devraient cependant avoir l’heure juste «d’ici le 1er octobre», a-t-il promis.

M. Legault s’était engagé à procéder à une réforme du mode de scrutin durant le présent mandat.

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PLACES DES FEMMES: QUATRE MINISTRES SUR LA DÉFENSIVE

RIVIÈRE-DU-LOUP — Quatre femmes ministres ont senti le besoin, vendredi, de défendre la place des femmes au sein du gouvernement Legault.

Le prétexte : un communiqué de presse de Québec solidaire.

L’opération avait pour but de redorer l’image du gouvernement Legault quant à la place faite aux femmes députées et ministres au sein de l’équipe, particulièrement lors des travaux de l’Assemblée nationale.

Selon des calculs effectués par Québec solidaire, à la période des questions, dans huit cas sur 10, quand un ministre se lève en Chambre il s’agit d’un homme.

De même, la plupart des projets de loi (65 %) ont été déposés par des ministres masculins, selon la compilation rendue publique par Québec solidaire vendredi.

Il n’en fallait pas plus pour que les ministres Isabelle Charest (Condition féminine), Geneviève Guilbault (vice-première ministre), Danielle McCann (Santé) et Sonia LeBel (Justice) serrent les rangs pour défendre leur chef, François Legault, et affirmer que les femmes sont bien traitées dans l’équipe caquiste.

L’important consiste à «se concentrer sur ce qui est positif», a dit Mme Charest, dans une de ses rares sorties sur la condition féminine depuis un an, lors d’une mêlée de presse vendredi.

Elle a voulu se faire rassurante, affirmant que les femmes étaient «mises à contribution» au sein du gouvernement et qu’elles prenaient leur place.

Si on lui rappelle que la parité hommes-femmes n’est pas atteinte au cabinet et que les députées occupent souvent des postes moins importants et moins bien rémunérés que leurs collègues masculins, la ministre Charest ne bronche pas. «Il ne faut pas mettre l’accent sur les chiffres, qui ne veulent pas dire grand-chose», selon elle.

Elle soutient qu’en moyenne les femmes députées gagnent plus cher que les députés masculins.

La Presse canadienne rapportait récemment qu’au sein du caucus caquiste, les hommes étaient avantagés au moment de répartir les nominations les plus prestigieuses et les mieux rémunérées.

Le premier ministre François Legault a tenu lui aussi à mettre son grain de sel et à défendre ses choix de nominations.

Il a admis en conférence de presse qu’il restait «encore du travail à faire» pour atteindre la parité hommes-femmes au gouvernement, mais il s’est dit très fier d’avoir présenté une majorité de candidates lors du dernier scrutin. La Presse canadienne