Évelyne Beaudin apprécie le lien qu’elle a créé avec les employés de première ligne avec son sondage.

Questionnaire de Sherbrooke Citoyen : Beaudin satisfaite de la réponse

Une cinquantaine d’employés de la Ville de Sherbrooke ont répondu au sondage proposé par Sherbrooke Citoyen, malgré certaines craintes de représailles. Pour la chef du parti, Évelyne Beaudin, il s’agit d’une réussite, dans les circonstances.

Selon la conseillère municipale, plus de participants auraient répondu sans les « menaces à peine voilées de représailles du directeur général Daniel Picard auprès des employés ». « Des gens m’ont écrit pour me dire qu’ils n’osaient pas répondre au sondage, car ils avaient des craintes par rapport à leur emploi. Ils ont tous reçu un courriel du DG. Je pense qu’on aurait eu beaucoup plus de gens s’il n’y avait pas eu cette réaction. Encore mieux, si le directeur général avait saisi ça comme une opportunité de mettre quelque chose en place et qu’il était arrivé avec une suggestion, ça aurait été l’idéal », affirme-t-elle.

Outre les nombreux commentaires à propos du trop grand nombre de cadres et du recours à la sous-traitance, plusieurs ont soulevé des enjeux liés au travail en silo, à la location de matériel et à la santé et sécurité au travail, selon Mme Beaudin. « Beaucoup d’employés me disent qu’ils font un travail et que, le lendemain, un autre service repasse derrière. Les gens trouvent qu’on travaille trop en silo, que c’est inefficace et qu’il y a du gaspillage à cause de ça », analyse Mme Beaudin.

Du positif

Si la création de ce sondage a soulevé les débats, du positif ressort de cet exercice. « Les gens en général aiment leur travail, se considèrent bien payés, s’entendent bien avec leurs collègues. Avec leurs supérieurs, c’est assez partagé. Je dirais qu’en général, les demandes ne tournent pas autour de “ je n’aime pas mon emploi, je me sens exploité ”. On se fait plutôt dire qu’on peut aller plus loin et participer encore plus pour améliorer les choses; se sentir plus partie prenante de l’équipe pour que tout le monde travaille ensemble. On a été surpris par la qualité des réponses. Il y a beaucoup de choses qu’on n’aurait jamais pu savoir sans ce sondage », indique Évelyne Beaudin, ajoutant que plusieurs éléments ne peuvent pas être mentionnés pour préserver l’anonymat des répondants.

« On a des fonctionnaires très professionnels, poursuit-elle. Ça prend des gens très qualifiés pour occuper un emploi à la Ville. Plusieurs sentent peut-être qu’ils ne peuvent pas se développer à leur plein potentiel, car ils sont confinés à certains rôles. Les décisions sont réservées à d’autres, alors qu’ils auraient la capacité d’en faire plus. »

« Au bout de cette démarche, le constat, c’est que ça a été dix fois plus gros comme réaction que tout ce dont je m’attendais au départ. Le contact que ça m’a permis d’établir avec les employés de première ligne est vraiment précieux. C’est quelque chose d’unique et j’espère que tous les élus pourront avoir ce sentiment de voir tout le monde travailler dans le même sens. »

Pour la suite, un projet pourrait être présenté au conseil municipal. « Nous, à Sherbrooke Citoyen, on trouve ça très enrichissant. On va demander au conseil municipal d’étudier la question, à savoir si on ne peut pas mettre une démarche permanente pour encrer ça dans la culture organisationnelle de la Ville », résume Mme Beaudin.