Jonathan Gaudreault, copropriétaire du Siboire, a ressenti les contrecoups de la pandémie comme plusieurs autres microbrasseurs.
Jonathan Gaudreault, copropriétaire du Siboire, a ressenti les contrecoups de la pandémie comme plusieurs autres microbrasseurs.

QS presse le gouvernement de venir en aide aux microbrasseurs

Québec solidaire (QS) presse le gouvernement d’agir pour permettre aux microbrasseries de distribuer plus facilement leurs produits auprès des consommateurs, afin d’aider les microbrasseurs québécois à se remettre de la crise, qui les a particulièrement affectés.

QS incite fortement le gouvernement à adopter un décret qui permettrait aux microbrasseurs de vendre leurs produits directement aux consommateurs, autant par livraison que dans les marchés publics et les commerces de détail.  

« On espère que les microbrasseries vont réussir à passer au travers de la crise, car ce sont parmi les entreprises les plus affectées. Toutefois, on ne peut pas mettre toutes les difficultés qu’elles vivent sur le dos de la crise, car il y a un cadre législatif extrêmement désuet qui réglemente l’industrie des microbrasseries d’une manière qui nuit à leur expansion », soutient Christine Labrie, députée solidaire de Sherbrooke, lors du point de presse qui a eu lieu au Siboire Dépôt jeudi après-midi.  

« Une trentaine de lois régissent les microbrasseries, mais il y a beaucoup d’incohérences. Par exemple, les vignobles peuvent vendre leurs produits directement aux consommateurs, mais pas les microbrasseries. C’est stupéfiant de voir qu’on met encore aujourd’hui des bâtons dans les roues aux producteurs de bières », poursuit-elle, ajoutant que les microbrasseries sont des acteurs clés du développement régional.

Marie-Ève Myrand, directrice générale de l’Association des microbrasseries du Québec, note qu’il y a plus de 250 microbrasseries à travers le Québec, dont 60 % ont moins de cinq ans, ce qui signifie qu’elles étaient déjà dans une phase critique de leur développement avant la pandémie. « On a vivement besoin d’une modernisation des lois dans tout ce qui touche les boissons alcooliques, et les microbrasseries sont au cœur de ça », déclare Mme Myrand. Notons qu’il y a une vingtaine de microbrasseries en Estrie, dont six à Sherbrooke.

« Ce qu’on demande au gouvernement, c’est d’arrêter de dormir sur la switch et de cesser de trouver des excuses. Il y a des amendements faciles et rapides à adopter pour donner de l’oxygène à une industrie qui en a grandement besoin, qui permettraient aux microbrasseries de livrer dans les dépanneurs ou encore directement à leurs clients. Ça ne coûte pas une cenne en fonds publics et ça ouvre des portes aux microbrasseries, surtout en temps de pandémie », déclare à son tour Vincent Marissal, député solidaire de Rosemont.

L’Association des microbrasseries était en contact avec le gouvernement depuis un bon moment, mais il n’y avait pas de réponse encore. Québec solidaire veut donc mettre de la pression pour qu’il procède rapidement. « On doit mettre le dossier en haut de la pile et agir rapidement », note Mme Labrie.

Christine Labrie, députée solidaire de Sherbooke, et Vincent Marissal, député solidaire de Rosemont, étaient de passage au Siboire jeudi après-midi pour expliquer leurs demandes.

Du côté des microbrasseurs

Plusieurs microbrasseurs ont tenté de se renouveler pour survivre à la crise. « Au cours de la pandémie, j’ai eu l’impression de redémarrer une business toutes les semaines. Ce n’était pas toujours évident, mais le plus choquant, c’était d’être confronté à un frein législatif pour un projet qu’on voulait entreprendre », exprime Jonathan Gaudreault, copropriétaire du Siboire.

« On a une belle industrie brassicole au Québec, on est même en train de se définir comme un des endroits dans le monde où l’industrie de la bière est parmi les plus bouillonnantes. Ce serait dommage de perdre ça, c’est pourquoi on aimerait avoir un coup de main en enlevant certaines lois qui semblent aberrantes », enchaîne-t-il.

M. Gaudreault se considère chanceux d’opérer dans une ville où il y a un bon bassin de population, notant que plusieurs brasseries artisanales n’ont pas cette chance. « La livraison permettrait de donner de l’air aux petites microbrasseries qui sont plus isolées, croit-il. Ça nous permettrait également de faire découvrir nos produits à des amateurs de bières d’autres régions. »

Si de nouveaux amendements sont adoptés, « ce serait une belle carte de plus dans les mains des acteurs du monde brassicole pour continuer de faire fleurir cette industrie qui est importante aux yeux des Québécois », termine l’entrepreneur brassicole.