Le premier ministre du Québec, François Legault

Premiers ministres provinciaux: quatre priorités, mais pas sur les changements climatiques

MISSISSAUGA — Les premiers ministres des provinces et des territoires ont réussi à s’entendre lundi pour inviter leur homologue fédéral Justin Trudeau à discuter avec eux de quatre grandes priorités en début d’année prochaine.

La crise climatique ne figure pas parmi ces grands enjeux. Les premiers ministres s’étaient en quelque sorte engagés à ressortir unis de ce sommet tenu en banlieue de Toronto, ce qui fait qu’ils ont préféré passer sous silence les sujets plus délicats.

La rencontre avait été organisée pour solutionner les clivages régionaux surgis lors des dernières élections fédérales — principalement répondre à la colère de l’Alberta, qui réclame davantage de pipelines pour exporter son pétrole et demande une réforme du programme fédéral de péréquation.

Plaidoyers pour le pétrole

La conférence de presse qui a suivi la rencontre a donné lieu à plusieurs plaidoyers des premiers ministres pour exporter le pétrole et le gaz naturel du Canada à l’étranger.

Réunis à Mississauga, les premiers ministres ont convenu de quatre priorités : la compétitivité économique, le programme de stabilisation fiscale, les soins de santé et infrastructures, et enfin, les priorités nordiques.

La question des bouleversements du climat n’est abordée que dans cet enjeu des priorités nordiques, où on évoque des mesures pour combattre «les changements environnementaux rapides observés dans le Nord», les atténuer et s’y adapter.

Dans une lettre commune, ils invitent le premier ministre Justin Trudeau à une réunion au début de 2020 afin d’aborder ces priorités.

Sur l’enjeu de la compétitivité, les provinces veulent «poursuivre l’exploitation des ressources naturelles de manière responsable pour assurer un accès aux marchés pour les produits canadiens, dont les méthodes de production figurent parmi les plus durables et les plus éthiques au monde».

Elles exigent également une seule évaluation environnementale provinciale par projet, plutôt qu’une évaluation environnementale fédérale obligatoire.

«Assis sur des barils»

Le premier ministre albertain Jason Kenney a fait abondamment écho à ces enjeux. Le Canada est assis sur des centaines de milliards de barils de pétrole dont la vente à l’étranger pourrait financer les services sociaux.

«Le reste du monde ferait tout pour avoir ces ressources, a-t-il déclaré. Soit on trouve les moyens de les exporter [avec des pipelines] soit on abandonne les marchés aux Saoudiens, les dictatures de l’OPEP et la Russie de Vladimir Poutine, où les règles environnementales sont inférieures et les droits de la personne ne sont pas respectés.»

Chaque unité de gaz naturel liquéfié (GNL) exportée à l’étranger contribue à réduire les émissions de gaz à effet de serre ailleurs dans le monde, a assuré M. Kenney.

Il a d’ailleurs ajouté qu’il continuait à travailler avec le premier ministre François Legault pour l’exportation du gaz naturel liquéfié.

En effet, un projet de pipeline, d’usine de GNL et de port pour l’exportation est en gestation au port de Grande-Anse à Saguenay.