Le ministre de la Défense nationale Harjit S. Sajjan

Pour un soldat qui boit moins d’eau

Un projet de l’Université de Sherbrooke qui vise à voir si les soldats peuvent s’habituer à la déshydratation a tapé dans l’œil des forces armées canadiennes qui lui ont accordé un financement de 200 000 $ pour les six prochains mois. En tout 160 projets à travers le Canada ont reçu des subventions dans le cadre du programme Innovation pour la défense, l’excellence et la sécurité (IDEeS).

Éric Goulet, professeur et chercheur à la faculté des sciences et de l’activité physique de l’UdeS et Martin Lamontagne-Lacasse, assistant de recherche et réserviste avec les fusiliers de Sherbrooke depuis 26 ans, recevront donc un montant de 97 000 $ dans les trois prochains mois et un autre 97 000 $ par la suite pour mener à terme leur projet.

« Un des problèmes potentiels associés aux missions de nos soldats dans les climats chauds est la déshydratation, souligne M. Goulet. Ils doivent transporter des quantités d’eau importante et aussi, la logistique des missions pour que les soldats aient accès à l’eau potable est complexe. »

La déshydratation aiguë peut avoir des effets sévères sur la performance physique, cognitive et psychologique des soldats.

« Ce qu’on veut vérifier, c’est de voir si c’est possible pour l’être humain de s’ajuster aux effets de la déshydratation. On prend des gens et on les entraîne à s’habituer à perdre du liquide. »

Éric Goulet et Martin Lamontagne-Lacasse sont présentement à la recherche de personnes pour se prêter aux tests. Ils prioriseront les militaires de la région.

Vers le nord

Harjit Sajjan, le ministre de la Défense nationale, était de passage à l’Université de Sherbrooke pour procéder à l’annonce. Il estime que le projet IDEeS est absolument essentiel pour que les forces armées canadiennes demeurent à la fine pointe de la technologie.

« Un des points importants est de voir comment nos soldats peuvent travailler dans des conditions extrêmes comme l’Arctique, mentionne-t-il. Notre souveraineté est vraiment importante et avec l’impact des changements climatiques dans le nord nous savons que nous allons nous y déplacer plus souvent. Nous voulons être sûrs de nous donner les outils pour être plus efficaces. Et aussi nous avons des gens qui vivent dans le nord du pays. Nous voulons donc être sûrs que nos forces armées puissent être en mesure de répondre à leur besoin dans les opérations de sauvetage. »

Le ministre Sajjan estime que le Canada prenait un peu de retard vis-à-vis la communauté internationale concernant les investissements en recherche et développement pour les forces armées.

« Nous sommes à la fine pointe, mais nous voulons être certains d’y rester, résume-t-il. Nous devons être prêts pour n’importe quoi, nous devons anticiper les menaces. Nous étions un peu à la traîne en ce qui concerne les sommes investis en recherche. Nous regardons dans tous les domaines, intelligence artificielle, les cyberattaques, l’espace, etc. »