Isabelle Painchaud, vice-présidente de la section locale 4835 du SCFP, Denis Bolduc, président du SCFP, le député Pierre-Luc Dusseault et le Dr Wayne Smith ont assisté à une démonstration de Simon Gendron-L’Heureux, copropriétaire de l’Académie de secourisme médical.

Pour des défibrillateurs dans les lieux de travail fédéraux

Le député de Sherbrooke Pierre-Luc Dusseault pourrait bien être le premier élu fédéral, sinon un des premiers, à doter son bureau de circonscription d’un défibrillateur externe automatisé (DEA). Il vise ainsi à donner l’exemple après avoir déposé le projet de loi C-465 en juin pour que toutes les entreprises sous juridiction fédérale et le gouvernement canadien installent des appareils de défibrillation cardiaque dans tous les lieux de travail.

En point de presse lundi, M. Dusseault a réitéré que la présence de DEA peut sauver des vies. « J’espère que nous n’en aurons jamais besoin, mais nos employés sauront quoi faire si c’est nécessaire. J’espère de tout cœur que mes collègues députés provinciaux et fédéraux doteront leurs bureaux de DEA. »

Le député a porté l’achat du défibrillateur à son budget de bureau. Il aurait été le premier à en faire la demande à la Chambre des communes. 

En point de presse, le Dr Wayne Smith a pour sa part mentionné que « trop de jeunes décèdent d’un arrêt cardiaque et c’est une situation que nous pouvons éviter en réunissant les conditions gagnantes. Lors d’un arrêt cardiaque, si on intervient en moins de quatre minutes, le taux de sauvetage est de 75 % ».

Ce sont 80 % des arrêts cardiaques qui ne surviennent pas dans un milieu hospitalier. « Ceux qui survivent le plus sont ceux qui sont pris en charge par la communauté et qui sont défibrillés par la communauté. Chaque minute que l’on perd avant d’intervenir nous fait perdre 10 % des chances de survie. »

Samuel Gendron-L’Heureux, copropriétaire de l’Académie de secourisme médical, rapporte que le massage cardiaque réussit rarement à relancer les battements du cœur et que le défibrillateur est nécessaire. Il ajoute qu’il ne faut pas viser un nombre de DEA en fonction de la population, mais plutôt en fonction de l’étendue du territoire pour permettre un accès rapide à l’appareil.

Il existe d’ailleurs l’application DEA-Québec qui permet de localiser rapidement les défibrillateurs situés à proximité. Lors d’une urgence, un appel acheminé au 9-1-1 permet aussi d’en connaître l’emplacement.

Isabelle Painchaud, vice-présidente de la section locale 4835 du SCFP, a raconté avec émotion comment un défibrillateur aurait peut-être pu sauver son collègue Richard Lanoue, lors d’un arrêt cardiaque survenu dans les bureaux de l’ONF. « Il s’est effondré le 17 décembre 2018. Nous avons fait un massage cardiaque, mais lors de l’appel au 9-1-1, la première question qu’on nous a posée était de savoir si nous avions accès à un défibrillateur. Il a fallu entre 15 et 20 minutes avant que les premiers répondants arrivent. Il était trop tard. »

Mme Painchaud rapporte que la présence d’un défibrillateur avait été exigée par le syndicat, mais refusée par l’employeur. « On nous disait que la loi ne l’obligeait pas. Selon moi, on devrait y avoir accès aussi facilement qu’à une trousse de premiers soins ou qu’à un extincteur. J’espère que la mort de Richard ne sera pas vaine. »

L’organisation a par la suite emménagé dans de nouveaux locaux dotés d’un DEA.

Selon Isabelle Painchaud, certains employeurs craignent que l’appareil soit coûteux. Ou certains individus pourraient avoir peur de s’en servir, craignant des poursuites s’ils l’utilisent mal. 

Samuel Gendron-L’Heureux rapporte pourtant qu’un DEA coûte environ 1500 ou 2000 $ et que l’appareil décrit les étapes à suivre au fur et à mesure de l’intervention. 

Sa collègue Sabrina Marois-Gagnon recommande d’installer les défibrillateurs bien en vue des employés et des clients, par exemple près des entrées des entreprises, pour qu’ils puissent être localisés rapidement. 

En Estrie, on estime que plus de 300 défibrillateurs sont accessibles, dont une cinquantaine à Sherbrooke.