Le conseil municipal de la Ville de Sherbrooke est composé de six femmes et huit hommes.

Politique municipale : loin de la parité en Estrie

Les femmes sont encore peu représentées en politique municipale en Estrie. C’est ce qui ressort d’un rapport déposé par le Conseil du statut de la femme qui indique que seulement 179 des 536 conseillers municipaux de la région sont des femmes.

Ce sont donc un peu plus de 33 % des postes de conseillers municipaux qui sont occupés par des femmes, bien en deçà de la zone paritaire de 40 % à 60 % établit par le Conseil du statut de la femme. La moyenne provinciale se situe à 34,5 %.

Pour ce qui est de la mairie, le constat est encore pire alors que seulement 19 municipalités sur 87 (21,8 %) sont dirigées par une femme. De plus, Marielle Fecteau de la MRC du Granit est la seule femme à occuper le poste de préfet dans la région de l’Estrie qui compte six MRC.

« On est quand même loin de la zone paritaire, admet Pierre Turgeon, porte-parole du Conseil du statut de la femme. La culture masculine du débat politique est souvent fondée sur une idée de combat ou d’affrontement et les femmes se reconnaîtraient un peu moins dans ce mode d’échange. »

« Souvent le processus de sélection des candidatures ne tient pas compte non plus du temps de réflexion plus long dont ont souvent besoin les femmes avant de s’engager, poursuit Pierre Turgeon. Ce qui est souvent constaté, c’est que par exemple pour une offre d’emploi où la personne a 75 % de ce qui est demandé, un homme va appliquer en se disant qu’il va apprendre le 25 % restant et une femme, bien souvent, va se dire qu’il lui manque 25 % et elle n’appliquera pas. »

Selon un rapport produit en 2017 par le Conseil du statut de la femme, il est aussi plus difficile pour les femmes d’assumer la conciliation travail-famille en politique puisque « l’organisation parlementaire actuelle a été pensée et mise en place par des hommes à une époque où ils pouvaient se dégager des tâches familiales pour se consacrer pleinement à leurs charges publiques. »

Cette faible participation des femmes en politique se dessine même dès la petite enfance selon M. Turgeon.

« Les attributs qu’on demande en politique, l’affirmation de soi, la combativité, la prise de parole en public, on le transmet davantage aux petits garçons qu’aux petites filles. »

Plusieurs zones paritaires

Il y a toutefois quelques domaines où les femmes sont bien représentées selon le rapport du Conseil. Il s’agit surtout des secteurs qui sont généralement associés aux femmes comme la santé et l’éducation.

Pour ce qui est des commissions scolaires et des cégeps, la présence de femmes dans les postes décisionnels se situe dans la zone paritaire. Pour le niveau universitaire, les femmes occupaient en 2018 34,2 % (13 sur 38) des postes dans les conseils d’administration en Estrie. Elles atteignaient toutefois 43,6 % et 45,7 % en 2011 et 2014 respectivement.

En santé on note surtout que 15 des 16 membres du conseil d’administration de la Table de concertation des aînés sont des femmes. Le résultat est moins reluisant pour le conseil d’administration du CIUSSS de l’Estrie, composé à 26,3 % de femmes (5 sur 19) alors que la moyenne provinciale est de 46,7 %.