C’est dans l’espoir de tirer son épingle du jeu que le PQ a dévoilé sa plateforme électorale avant ses adversaires. Il pense qu’il est dans son intérêt d’amener davantage les débats sur des «contenus».

Plateforme électorale du PQ: disparités de traitement et Code du travail au menu

DRUMMONDVILLE — Un gouvernement du Parti québécois adopterait une loi mettant fin à toutes les clauses de disparité de traitement existant dans les régimes de retraite et les assurances collectives au Québec.

Les délégués péquistes réunis à Drummondville ont ajouté certains éléments à la plateforme soumise par la direction du parti dimanche matin. L’actuel projet de loi portant sur les normes du travail présenté par la ministre Dominique Vien prévoit que les clauses de disparité de traitement existant actuellement seront maintenues, mais qu’aucune autre distinction entre anciens et nouveaux salariés ne pourra naître dans le futur. Le PQ éliminerait celles qui existent déjà.

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À la suggestion du militant Marc Laviolette, les délégués ont aussi fait inscrire dans leur plateforme qu’un gouvernement péquiste moderniserait le Code du travail de manière à interdire le recours aux services et produits du travail provenant de l’extérieur d’un établissement en grève ou en lock-out.

Le Parti québécois reprend ainsi à son compte un engagement qu’il avait en 2010, alors qu’un lock-out au Journal de Montréal perdurait depuis près de deux ans. Il l’avait mis de côté par la suite; et ce, même avant que le patron de Québecor, Pierre Karl Péladeau, joigne le Parti québécois.

C’est dans l’espoir de tirer son épingle du jeu que le PQ a dévoilé sa plateforme électorale avant ses adversaires. Il pense qu’il est dans son intérêt d’amener davantage les débats sur des «contenus».

Sauf pour les éléments mentionnés précédemment, cette plateforme s’appuie essentiellement sur le programme adopté en congrès en septembre dernier. Elle réunit les «engagements prioritaires» du Parti québécois. Elle s’étire sur 50 pages. En voici les principaux morceaux :

• Tendre graduellement vers une «véritable gratuité scolaire» pour les études postsecondaires. M. Lisée a précisé que ce changement ne pourrait s’effectuer dans un seul mandat. Au bout d’un premier mandat, tous les jeunes provenant de milieux modestes, jusqu’à la classe moyenne, bénéficieraient cependant «de droits de scolarité à zéro», a-t-il indiqué.

• Réviser le financement des écoles privées. Des précisions seront apportées d’ici le scrutin du 1er octobre;

• Réinstaurer un tarif unique de 8,05 $ pour le premier enfant dans les CPE et les services de garde subventionnés, et de 4 $ pour le deuxième enfant;

• Obliger tous les fonctionnaires, employés et agents de l’État à avoir le visage découvert dans le cadre de leurs fonctions;

• Obliger tous les citoyens à recevoir des services de l’État à visage découvert;

• Interdire aux personnes qui ont un pouvoir de contrainte — juges, procureurs, gardiens de prison et policiers — d’afficher leurs convictions, y compris religieuses;

• Interdire aux éducateurs en garderie ou en CPE et aux enseignants des niveaux préscolaire, primaire et secondaire d’afficher leurs convictions, y compris religieuses. Ici, un droit acquis s’appliquerait;

• Étendre la loi 101 pour assurer la présence du français «langue de travail» dans les entreprises de 25 à 50 employés et dans celles à charte fédérale;

• Offrir dans les cégeps francophones un parcours enrichi en anglais comportant une session dans un cégep anglophone. Comme il l’avait fait au congrès de septembre, M. Lisée a fait valoir qu’avec un parcours enrichi, moins de francophones fréquenteraient les cégeps anglophones et que serait ainsi atteint l’objectif «d’aligner graduellement» le financement de ces établissements sur le «poids démographique» de la communauté anglophone;

• Faire du français la langue unique de l’administration gouvernementale dans ses communications avec les entreprises établies au Québec;

• Demander que 100 % des futurs immigrants et leur conjoint ne soient admis sur le territoire que s’ils démontrent une bonne connaissance du français, et assurer la francisation des réfugiés dès leur arrivée sur le territoire;

• Augmenter le soutien à domicile d’au moins 100 millions $ par année pendant 5 ans;

• Donner davantage d’autonomie aux 200 000 professionnels de la santé «autres que les médecins». Il faut les «libérer de la tutelle du corporatisme médical», a déclaré M. Lisée;

• Faire en sorte que les sites de vente en ligne, comme ceux permettant la diffusion en continu, offrent à leurs clients au Québec des pages d’accueil spécifiques mettant de l’avant au moins 70 % de créations québécoises;

• Hausser le salaire minimum à 15 $ de l’heure d’ici octobre 2022;

• Mettre fin à la culture du «racket» chez Revenu Québec;

• Rédiger une loi-cadre sur la décentralisation et la régionalisation;

• Étudier les conclusions du «bureau de projet» concernant le troisième lien entre Québec et Lévis;

• Instaurer un mode de scrutin proportionnel;

• Mettre à jour les études sur la souveraineté.