Le conseiller du district de Deauville Pierre Tremblay n’est pas convaincu par le plan de redressement de Valoris et suggère de fermer temporairement le centre de tri.

Pierre Tremblay fermerait Valoris temporairement

Fermer le centre de tri de Valoris temporairement en attendant une aide financière du gouvernement provincial, c’est ce que propose le conseiller du district de Deauville, Pierre Tremblay, pour limiter les dépenses associées au centre de valorisation des matières résiduelles.

M. Tremblay, loin d’être convaincu par le plan de redressement déposé la semaine dernière par Valoris, estime que les citoyens absorberont une hausse de taxes importante en raison des « débâcles financières de Valoris ». « Je me demande jusqu’où nos citoyens souhaitent que nous allions dans ce projet. »

Il suggère donc une solution « comptable et non complexe » qui consiste à fermer temporairement le centre de tri. « Je suis conscient que cela aura pour effet de mettre à pied temporairement des travailleurs, et cela me désole, mais [...] ce sera l’occasion de se tourner vers le gouvernement pour lui demander de l’aide. Malheureusement, c’est souvent dans les cas extrêmes que les autorités gouvernementales interviennent », affirme-t-il dans un communiqué.

Il estime qu’il faudrait entre sept et huit millions par année du gouvernement pour maintenir les activités de Valoris à flot. M. Tremblay se dit convaincu qu’il n’y a pas d’argent à faire avec les poubelles.

Il propose aussi de lancer un appel d’offres pour enfouir les déchets des Sherbrookois dans un autre site d’enfouissement. Selon ses recherches, il serait possible d’y parvenir à 113 $ la tonne plutôt que les 241 $ la tonne exigés par Valoris.

Dans son communiqué, Pierre Tremblay ajoute qu’il est clair pour lui que Valoris se sert de la Ville de Sherbrooke pour emprunter de l’argent. Il demande aussi de connaître « les mystérieux clients qui sauveront Valoris ».

Si le président de Valoris, le maire Steve Lussier, a refusé de commenter cette proposition, la conseillère Évelyne Beaudin, chef de l’opposition désignée, qualifie les idées de son collègue de simplistes.

« C’est tellement facile de juste dire qu’il faut fermer Valoris. Mais ça n’effacera pas notre dette », dit-elle.

La dette accumulée par Valoris au 31 décembre 2018 était de 41 M$.

« Avant de suggérer de tout fermer, il faut évaluer les tenants et aboutissants. Le plan de redressement n’a été publié que lundi. C’est un peu précipité. Je reste prudente dans le dossier de Valoris et je ne prétends pas détenir la solution, mais la proposition ne m’apparaît pas nécessairement réfléchie. »

Sur Facebook, elle dit douter de l’efficacité d’un bras de fer avec le gouvernement alors que le jeu de la Ville serait annoncé ouvertement. Elle craindrait aussi que les employés ne soient pas en mesure de revenir au travail, après une fermeture temporaire, puisqu’ils auraient pu quitter pour d’autres entreprises.

Elle se dit néanmoins heureuse que son collègue s’intéresse à Valoris.

Plan de redressement

Le plan de redressement 2019-2021 de Valoris est par ailleurs public sur son site internet. Les actions proposées concernent entre autres l’ajout de plus de 5000 tonnes de déchets à trier, l’automatisation des opérations de tri, l’agrandissement du lieu d’enfouissement et la définition du potentiel de valorisation des biogaz générés par les matières enfouies. Un contrat à long terme, soit plus de dix ans, est souhaité avec un partenaire intéressé par ces biogaz.

L’organisation vise aussi à régler son litige avec Environnement Canada, à répondre aux recommandations de la vérificatrice générale de Sherbrooke, à trouver la meilleure façon de traiter le lixiviat et à obtenir les reconnaissances souhaitées du gouvernement pour être admissible à des redevances et à des subventions.

Les actions à poser sont consignées dans sept fiches et feront l’objet d’un suivi aux six mois.

Enfin, parmi les constats inscrits au plan, on relève que l’agrandissement du lieu d’enfouissement aura un impact sur la dette, que la capacité de l’aire de réception pour les matières issues de la construction, de la rénovation et de la démolition est trop petite et qu’elle devra être agrandie et que le conseil d’administration n’a pas toujours disposé, dans le passé, de toute l’information pertinente, complète et fiable pour prendre les bonnes décisions.

Rappelons que Valoris a adopté un budget 2020 de 16 457 649 $, dont 6 M$ seront consacrés à la dette. Le plan de redressement nécessite une enveloppe de 1,4 M$.