Flanquée du président de la Ligue d’action civique, Rodolphe Parent, la conseillère Évelyne Beaudin estime que la voix de tous les citoyens devait être entendue dans les institutions politiques. « Il y a quand même 56 % des gens qui ont voté aux élections qui ont porté leur choix sur une autre personne que Steve Lussier. J’ai décidé de représenter ces 56 % pour offrir un équilibre.

Personnel politique : Beaudin présente un avis juridique

La conseillère Évelyne Beaudin revient à la charge pour que son personnel politique puisse accéder aux rencontres préparatoires au conseil municipal. Le sujet devrait être soumis au débat lundi prochain à l’hôtel de ville. Entre-temps, Mme Beaudin a dévoilé un avis juridique stipulant que le législateur reconnaît le droit d’exiger la présence de son personnel politique.

En avril, la représentante de Sherbrooke Citoyen avait accusé les élus indépendants de partisanerie parce qu’ils avaient décidé à majorité, dans une réunion à huis clos, de ne pas accéder à sa demande. Elle espère désormais que ses collègues auront changé d’avis.

« Trois principales raisons nous poussent à revenir à la charge. La première est une question de justice et d’équité », lance Mme Beaudin, citant l’avis juridique de Me Ariel Thibault.

« Il ne laisse aucun doute sur le caractère inéquitable de la situation qui prévaut entre le personnel du maire et celui de l’opposition. Selon lui, il est clair que l’intention du législateur était de donner des outils aux partis d’opposition pour qu’ils puissent rivaliser à armes égales avec les positions politiques du maire au pouvoir.

« La seule raison pour laquelle la situation actuelle peut perdurer, c’est parce qu’il y a un vide dans la loi et dans la règlementation municipale de Sherbrooke, ce qui rend par défaut le maire tout puissant. [...] Dans ce cas-ci, les recherches démontrent clairement que l’intention du législateur était de mettre les deux cabinets sur un pied d’égalité. »

Évelyne Beaudin évoque aussi des raisons d’efficacité pour demander un traitement équitable de son cabinet. « Le travail de l’opposition est de garder un œil sur tous les enjeux, de sonner l’alarme lorsque c’est nécessaire, de faire de nouvelles propositions qui semblent importantes pour la population sherbrookoise. Pour effectuer ce travail efficacement, il est absolument nécessaire que mes collègues du cabinet aient accès à l’information qui est partagée au conseil municipal. »

Mme Beaudin était flanquée du président de la Ligue d’action civique, Rodolphe Parent. « Si on a pu voir prospérer au Québec pendant de très longues années des partis au pouvoir qui se croyaient tout puissants, des maires qui prenaient des décisions illégales, c’est notamment parce qu’ils manquaient d’opposition forte et efficace. Aujourd’hui, la demande du parti est non seulement très simple à appliquer, mais elle permettra à tout le monde d’y gagner. »

La voix de 56 %

Évelyne Beaudin a ajouté que la voix de tous les citoyens devait être entendue dans les institutions politiques. « Il y a quand même 56 % des gens qui ont voté aux élections qui ont porté leur choix sur une autre personne que Steve Lussier. J’ai décidé de représenter ces 56 % pour offrir un équilibre. Sherbrooke est la seule ville au Québec à traiter différemment le cabinet du parti au pouvoir et le cabinet de l’opposition. À Laval, l’opposition est formée d’un seul conseiller et tout le monde trouve normal que son cabinet assiste à toutes les réunions. Ce que nous souhaitons, c’est que lundi, l’exception sherbrookoise soit chose du passé. »

La conseillère municipale estime que la situation s’est améliorée depuis la demande initiale déposée en février, mais elle ne souhaite pas s’avancer à savoir combien de votes sa proposition obtiendra lundi.

En avril, certains de ses collègues avaient par ailleurs rejeté l’idée selon laquelle Mme Beaudin incarne l’opposition.

« Je n’ai jamais dit que je devais représenter seule l’opposition. Nous avons contacté un à un tous les collègues du conseil pour travailler en collégialité sur certains dossiers. Nous avons eu certaines réponses positives. »

Enfin, dans un courriel acheminé aux élus, Évelyne Beaudin fait référence à l’ancien maire de Saguenay, Jean Tremblay, qui a tenté « de mettre des bâtons dans les roues de Josée Néron, la chef de l’opposition de l’époque. [Il] a été débouté en cour ». Elle encourage ainsi ses collègues à poursuivre leur réflexion.

Le maire Steve Lussier n’a pas voulu commenter la situation.