Période de questions: moins de temps pour les citoyens ?

Le temps imparti à chaque citoyen pour poser ses questions au conseil municipal pourrait être réduit. Fixé à cinq minutes par personne, il pourrait être amputé de 60 ou 120 secondes. La Tribune a appris que les élus sherbrookois cherchent des solutions pour raccourcir les séances du conseil municipal.

Selon les informations obtenues par La Tribune, les citoyens ne sont pas les seuls qui pourraient devoir faire preuve de concision. Les élus seraient appelés à faire de même. Le sujet a fait l’objet de discussions en privé, entre les élus, mais aucune décision n’aurait encore été prise.

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Rappelons que, selon les règlements de la Ville de Sherbrooke, la période de questions a une durée de 30 minutes. Cette règle n’a toutefois jamais été appliquée pour permettre à tous les citoyens présents les lundis soir de s’exprimer.

Aucun des conseillers interpellés n’a voulu parler de la teneur des discussions survenues derrière des portes closes. Certains d’entre eux ont néanmoins accepté de partager leur point de vue personnel.

« Je suis à réfléchir à la question. Si tout le monde peut faire un petit effort pour réduire la durée de nos séances, je serais en accord, mais il ne faudrait pas brimer le temps de parole des citoyens. Si on ajuste la période des questions, il faudrait ajuster celle des messages des élus aussi. Je ne suis pas pour qu’il y ait moins de citoyens qui s’expriment, donc la meilleure solution serait peut-être de réduire la durée des interventions », commente Paul Gingues.

Le conseiller du district de l’Université rejette la possibilité de procéder par tirage au sort pour savoir quels citoyens seraient appelés au micro. « Je veux que tout le monde puisse parler. Nous prendrons les meilleures décisions pour ne brimer personne. »

Le même genre de réflexion devrait peut-être s’appliquer également au conseil d’arrondissement, selon lui.

« Ça tourne parfois en rond »

Rémi Demers partage à peu près le même point de vue. « Je ne parlerai pas des discussions que nous avons eues. Personnellement, je crois que ce qui est important est de finir à une heure raisonnable. On doit trouver une nouvelle formule où le citoyen aura toute la place nécessaire. Nous pouvons nous montrer ouverts à des ajustements sans brimer qui que ce soit. Nous nous étions ajustés dans le passé en demandant un représentant par groupe de citoyens et en demandant à ceux qui voulaient parler de s’inscrire en mentionnant le sujet abordé. »

M. Demers souligne que les périodes de questions qui durent deux heures « ne sont pas idéales » en rappelant que « ça tourne parfois en rond ». « Ce n’est pas un dossier qui se règle en deux minutes. Tout citoyen a le droit de prendre la parole. C’est correct de se poser la question. Il ne faut pas penser qu’on veut clouer le bec des citoyens. Nous aurons à nous discipliner aussi dans nos réponses. »

Vincent Boutin estime que les citoyens et les élus pourraient être en mesure de résumer leur pensée en trois ou quatre minutes. « Quand le conseil commence à 21 h 30 parce que la période de questions s’est étirée, nous sommes peut-être moins attentifs. Se poser des questions est tout à fait légitime. Sans bâcler les réponses données aux citoyens, nous sommes capables de diminuer le temps utilisé. L’objectif ne doit pas être de couper la parole aux citoyens. »

Pierre Tremblay et Évelyne Beaudin n’ont pas voulu commenter le sujet abordé à huis clos. Karine Godbout n’a pas rappelé La Tribune.