«C’est une question de principe. Ce qu’on voudrait, c’est qu’une pension alimentaire destinée aux enfants ne soit pas considérée du tout comme un revenu pour le parent qui la reçoit», lance Mme Labrie.

Pensions alimentaires: QS réclame que la CAQ aille jusqu'au bout

Si elle a fait un grand pas lors du dernier budget, la Coalition avenir Québec ne va pas jusqu’au bout de sa promesse sur les pensions alimentaires, critique la députée solidaire Christine Labrie.

«C’est une question de principe. Ce qu’on voudrait, c’est qu’une pension alimentaire destinée aux enfants ne soit pas considérée du tout comme un revenu pour le parent qui la reçoit», lance Mme Labrie.

La CAQ a inclus dans son dernier budget une mesure attendue depuis très longtemps et qui fait l’unanimité à l’Assemblée nationale. Soit que des parents à faible revenu ne soient pas pénalisés lorsqu’ils reçoivent de l’aide sociale, de l’aide financière aux études, de l’aide juridique ou du soutien au logement. 

Le gouvernement a rehaussé le seuil au-dessous duquel une pension alimentaire sera à l’abri et ne pourra être amputée des prestations d’aide sociale. Ce seuil est passé de 100 $ à 350 $ par mois par enfant. 

Par contre, les familles monoparentales qui reçoivent une pension alimentaire de plus de 350 $ par mois par enfant continueront de voir leurs prestations affectées. «Ça m’a vraiment étonnée que la CAQ pense avoir livré la marchandise. Ça ne respecte pas la motion votée à l’Assemblée nationale ni leur promesse électorale. Il ne devrait pas y avoir de seuil du tout et je pense que c’est le bon moment d’aller jusqu’au bout là-dessus», exprime Mme Labrie.

Corriger une injustice 

Depuis 1987, les pensions alimentaires ne sont plus considérées comme un revenu imposable, mais qu’elles continuent d’être prises en compte dans le calcul de l’aide sociale. C’est cette injustice que la CAQ a cherché à corriger. 

Serge Petitclerc, porte-parole du Collectif pour un Québec sans pauvreté, applaudit la mesure proposée par la CAQ, car elle «règle le problème pour la majorité du monde». Selon les échanges que le collectif a eus avec le ministère des Finances, environ 90 % des familles monoparentales visées pourront désormais conserver en totalité le chèque versé par l’ex-conjoint ou l’ex-conjointe. 

«C’est une victoire, mais on considère aussi qu’il manque un bout. Est-ce qu’il y aura une deuxième étape, qui est l’abolition complète?», demande M. Petitclerc. Pour l’heure, il espère que la CAQ changera rapidement les règlements qui encadrent l’aide sociale, l’aide financière aux études, l’aide juridique ou le soutien au logement, afin que les familles puissent toucher rapidement l’argent annoncé dans le budget.