Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet.
Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet.

PCU: une mesure inadéquate dans sa forme actuelle, déplore Blanchet

TROIS-RIVIÈRES — Dans sa forme actuelle, la Prestation canadienne d’urgence (PCU) n’est plus un outil adéquat selon le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet.

Ce dernier indique d’ailleurs que le gouvernement libéral s’était engagé, par l’entremise de la vice-première ministre Chrystia Freeland, à faire en sorte que la PCU devienne «un incitatif au retour au travail». Il est donc entièrement d’accord avec le ministre du Travail du Québec, Jean Boulet, et somme le gouvernement Trudeau de respecter son engagement.

«Dans sa forme actuelle, la PCU nuit à la reprise économique. Nous avons donc proposé des mesures pour qu’elle devienne un outil, notamment que 50 % des revenus après 1000 $ restent aux prestataires», explique-t-il.

Par ailleurs, il insiste sur le fait que la PCU demeure en vigueur pendant encore un bon moment, voire jusqu’à l’an prochain, dans les secteurs d’activités saisonniers, comme le tourisme, les loisirs, l’hébergement et les arts.

Dans son point de presse quotidien, le premier ministre Justin Trudeau a simplement indiqué que la PCU était encore pertinente car «des millions de Canadiens en ont encore besoin et que l’économie est au ralenti».

Les caquistes derrière Boulet

Lors d’un point de presse qui a eu lieu lundi après-midi, le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, André Lamontagne, ainsi que le député de Nicolet-Bécancour, Donald Martel, ont appuyé les propos de Jean Boulet.

«C’est notre collègue, c’est sûr que je suis d’accord. C’est sûr qu’au départ, la PCU, on s’entend, il y a une bonne intention en arrière, et ça faisait vraiment le travail qui va avec ça. Sauf que là, quelques mois plus tard, ce qu’on s’aperçoit, c’est que l’économie est en train de reprendre et que là, il y a nombre de personnes, que ce soit dans les entreprises de transformation, on le voit dans la restauration, dans plein de domaines où là, on a besoin de main-d’œuvre, et là on s’aperçoit que la main-d’œuvre est moins au rendez-vous. Alors c’est sûr que nous, les demandes qu’on fait, ce n’est pas d’arrêter la PCU, mais est-ce qu’il y a moyen d’ajuster ça pour faire en sorte d’avoir un incitatif pour que les gens aussi reviennent au travail. La sortie de mon collègue, c’est un petit peu un cri du cœur qu’on a, il faut trouver une façon d’ajuster ça», indique le ministre Lamontagne.

«Je suis tout à fait d’accord avec mes deux collègues, Jean Boulet et André Lamontagne. On ne remet pas en question l’utilité, ça a été très utile, très efficace, sauf qu’il y a de petites entreprises qui ne paient pas nécessairement des gros salaires, ils ont eu de la difficulté, ils repartent, ils pourraient repartir mieux, et là, les salaires qu’ils offrent, c’est très concurrentiel à la PCU. Donc, ce qui devrait être un avantage pour eux autres de récupérer, ils sont un peu freinés par rapport à ça parce qu’ils perdent l’occasion d’embaucher des bons employés», poursuit Donald Martel.

Avec la collaboration de Marc Rochette