L’année qui se termine a été agitée sur la scène politique canadienne et celle qui s’en vient risque d’être encore plus tumultueuse alors que les politiciens se préparent pour ce que le premier ministre Justin Trudeau et le chef du Parti conservateur Andrew Scheer prévoient être une campagne féroce.

Pas de répit pour Trudeau à l’aube d’une année électorale qui s’annonce agitée

OTTAWA — Attachez votre ceinture, Canada! La route vers les élections fédérales de l’automne prochain s’annonce cahoteuse.

L’année qui se termine a été agitée sur la scène politique canadienne et celle qui s’en vient risque d’être encore plus tumultueuse alors que les politiciens se préparent pour ce que le premier ministre Justin Trudeau et le chef du Parti conservateur Andrew Scheer prévoient être une campagne féroce.

Imaginez les six premiers mois de 2019 comme une phase de demi-finale, où les chefs de partis jouent du coude pour prendre leur place, mettent leurs messages à l’épreuve et peaufinent leurs attaques envers les camps adverses. La grande finale s’amorcera lorsque la session parlementaire prendra fin en juin, même si le début de la campagne ne sera officiellement décrété que le 1er septembre, au plus tôt, pour un scrutin prévu le 21 octobre.

Les libéraux de Justin Trudeau et les conservateurs d’Andrew Scheer partent favoris. Le NPD, le Parti vert et le Parti populaire du dissident conservateur Maxime Bernier sont aussi de la course, mais apparaissent plutôt comme de potentiels perturbateurs qui pourraient jouer un rôle sur la victoire de l’un ou l’autre des deux principaux partis.

Mais si l’année qui se termine nous donne un indice, on peut certainement s’attendre à de nombreux rebondissements.

Pour Justin Trudeau, 2018 a commencé par un voyage désastreux en Inde, qui a entraîné une baisse de popularité dont son parti et lui-même ne semblent jamais s’être tout à fait remis. En dépit d’une économie relativement forte, du taux de chômage le plus faible en 40 ans et d’avoir traversé les difficiles négociations du renouvellement de l’Accord de libre-échange nord-américain, M. Trudeau a été assailli par de nombreux événements qui ont fait de l’ombre à ses bonnes nouvelles.

Parmi ceux-ci, il y a eu l’imprévisible président américain Donald Trump qui a décrété des tarifs douaniers sur l’acier et l’aluminium canadiens et qui a qualifié le premier ministre Justin Trudeau de «faible» et de «malhonnête» lorsqu’il s’est tenu debout pour les dénoncer.

Il faut aussi souligner la vague continue de demandeurs d’asile qui ont traversé la frontière canadienne de manière irrégulière.

Puis, il y a eu une décision judiciaire qui a stoppé le chantier du projet d’expansion de l’oléoduc Trans Mountain que les libéraux ont acheté au coût de 4,5 milliards $. Cette décision judiciaire a fait tomber l’un des piliers du programme du gouvernement Trudeau qui promettait de lutter contre les changements climatiques en maintenant l’équilibre entre la croissance économique et la protection de l’environnement.

Cela a eu pour effet d’ébranler un autre pilier du programme libéral, soit d’imposer un prix sur le carbone à compter d’avril. Tout ça alors que certains des meilleurs alliés libéraux parmi les gouvernements des provinces en faveur de l’environnement ont été remplacés par de farouches opposants conservateurs. C’est le cas en Ontario et au Nouveau-Brunswick, notamment.

Le premier ministre ontarien Doug Ford et le premier ministre néo-brunswickois Blaine Higgs ont d’ailleurs rapidement rejoint Scott Moe, de la Saskatchewan, et Brian Pallister, du Manitoba, pour contester la constitutionnalité de la taxe sur le carbone de Justin Trudeau.

L’enjeu des oléoducs a provoqué de vives protestations en Alberta, où les appels à la séparation du Canada ont refait surface, alimentés en partie par le rejet de «l’énergie sale» de l’ouest par le premier ministre du Québec François Legault.

Après avoir connu un conflit diplomatique estival avec l’Arabie saoudite en raison d’un message Twitter d’Affaires mondiales Canada, Justin Trudeau conclut son année 2018 sur une confrontation amère avec la Chine autour de l’arrestation d’une dirigeante de Huawei, Meng Wanzhou. En guise de représailles, la Chine a procédé à l’arrestation de citoyens canadiens.

Alors que Trudeau insiste sur le fait qu’il n’y a pas eu d’ingérence politique dans le dossier de Mme Meng et que le Canada respecte simplement la règle de droit, Donald Trump est venu encore une fois lui compliquer la vie en laissant entendre que l’arrestation de la femme d’affaires faisait partie d’un stratagème visant à mettre de la pression dans les négociations commerciales avec la Chine.