Julien Lachance : « Comme un des objectifs d’un parti politique est de prendre le pouvoir, ça amène inéluctablement un climat de rivalité qui rend difficile le travail d’équipe, qui est basé sur la confiance et les objectifs communs. »

Partis politiques municipaux : Lachance interpelle Québec

SHERBROOKE — Le conseiller municipal Julien Lachance interpelle le nouveau gouvernement à Québec afin qu’il détermine si les partis politiques ont leur raison d’être au niveau municipal. « Mais avant d’agir, il serait pertinent de demander clairement à la population quel est le modèle qu’elle souhaite avoir », soutient le conseiller du district de Saint-Élie.

« Depuis quelques années, un malaise se creuse au conseil municipal entre ceux qui croient en la pertinence d’être dans un parti politique et ceux qui sont convaincus que le fait d’être indépendant est la meilleure option », soutient le conseiller du district de Saint-Élie.

La confrontation sur la place publique survenue jeudi entre le maire Steve Lussier, le directeur général de la Ville de Sherbrooke Daniel Picard et la conseillère municipale et chef intérimaire du parti Sherbrooke Citoyen Évelyne Beaudin le conforte encore dans sa réflexion : « On voit que la présence d’un parti politique donne un ton plus difficile au conseil municipal, même si je le dis en tout respect parce que j’aime beaucoup les personnes. »

En quoi la présence d’une représentante d’un parti politique change-t-elle la donne à ce point dans un conseil municipal formé par ailleurs d’un maire et de treize conseillers municipaux indépendants? Pour l’expliquer, il fait la distinction entre les modes de scrutin au niveau provincial et fédéral et celui en vigueur dans le monde municipal.

« L’exemple de la politique provinciale et fédérale nous influence fortement. Au provincial et fédéral, le parti obtenant le plus grand nombre d’élus lors de l’élection prend le pouvoir et fait la majorité des changements annoncés. En excluant du pouvoir les partis d’oppositions, ils se retrouvent simplement à jouer un rôle de critique.

« Le hic au niveau municipal, c’est que le mode de scrutin est différent. Chaque électeur y fait deux votes, un pour le maire et un pour le conseiller municipal de son quartier. Ce mode de fonctionnement encourage un travail de collaboration entre chacun des élus. Toutefois, comme un des objectifs d’un parti politique est de prendre le pouvoir, ça amène inéluctablement un climat de rivalité qui rend difficile le travail d’équipe, qui est basé sur la confiance et les objectifs communs », soutient Julien Lachance.

Le gouvernement caquiste de François Legault doit donc se pencher sur la pertinence des partis politiques rapidement, insiste-t-il. La population devra cependant être sondée d’une façon qui reste à déterminer.

« Est-ce que ce serait par le biais d’un sondage avec un large échantillonnage? De consultations publiques? Personnellement, je serais prêt à aller jusqu’au référendum, même si c’est plus lourd comme processus, pour aller au fond de la question », soutient-il.

« Pour moi, un gouvernement de proximité sans parti politique travaille en mode de collaboration. Sinon, nous sommes dans un mode de confrontation », lance le conseiller municipal.