Ottawa veut accélérer l'offre d'internet haute vitesse aux communautés rurales

OTTAWA — Le gouvernement fédéral veut tirer parti au maximum des projets et des réseaux existants afin d'amener rapidement l'internet haute vitesse aux communautés rurales, si l'on en croit deux rapports publiés jeudi.

Ottawa cherche également à remodeler certains programmes afin de permettre aux communautés rurales de bénéficier plus facilement des sommes fédérales dans le cadre des stratégies liées à ce dossier.

Toutefois, mis à part les objectifs spécifiques visant à connecter les Canadiens au service internet haute vitesse, la stratégie pour les régions rurales est en grande partie sans cibles précises. Le gouvernement n'annonce pas de nouvelles dépenses, mais des moyens de dépenser plus efficacement l'argent promis, y compris des projets d'une valeur de 6 milliards $ visant à connecter chaque foyer du pays à internet à haut débit d'ici 2030.

La ministre du Développement économique rural, Bernadette Jordan, soutient que ces plans ne sont pas conçus pour aider les libéraux lors des élections fédérales de l'automne, mais reflètent plutôt les préoccupations exprimées par les Canadiens des zones rurales lors de consultations.

«Les communautés rurales n'ont pas dit: "Nous voulons que vous veniez régler nos problèmes". Ce qu'elles ont dit, c'est: "Nous voulons travailler en partenariat avec vous", et c'est la meilleure chose à faire pour nous», a-t-elle dit en entrevue.

La ministre Jordan estime qu'il faut avant tout trouver un moyen de rassembler les différents programmes fournissant de l'argent aux communautés rurales - les petites municipalités n'arrivent pas toujours à surmonter des obstacles tels que les dossiers de demande complexes pour un financement fédéral.

Le Canada rural compte pour environ 30 pour cent de l'économie nationale, mais représente un pourcentage plus faible de la population. Les communautés rurales ont par ailleurs tendance à avoir des pourcentages plus élevés de résidents autochtones, moins de nouveaux arrivants et des populations plus âgées que dans les centres urbains.

Si le logement abordable constitue une préoccupation majeure dans les communautés rurales, c'est la connectivité qui demeure la principale préoccupation des résidants. Environ 37 pour cent des ménages ruraux avaient accès à une connexion internet avec une vitesse de téléchargement de 50 mégaoctets par seconde, contre 97 pour cent des foyers urbains.

Les responsables espèrent réduire les coûts de mise à niveau des connexions en trouvant des moyens d'identifier les projets d'infrastructure pour lesquels un câble à fibres optiques pourrait être installé à peu de frais - par exemple lorsqu'une communauté rurale reconstruit une route. Une part importante des coûts de construction et d'exploitation des réseaux à large bande provient en effet des poteaux, des conduits souterrains et des tours: le fait de s'adapter aux travaux de construction déjà prévus pourrait réduire de moitié les coûts, estiment des responsables.

Selon la stratégie de haut débit en zone rurale, des lieux tels que les édifices municipaux, les bibliothèques, les écoles et les hôpitaux seront considérés comme prioritaires, car davantage de personnes y utilisent simultanément des connexions. Or, le gouvernement croit que la connexion d'une telle institution communautaire peut également contribuer à étendre le haut débit aux autres foyers environnants.

La stratégie indique également que les responsables fédéraux cherchent des moyens de fournir un marché secondaire pour le spectre sans fil, d'accorder des licences dans de petites zones et de fournir un meilleur service cellulaire.