Nicole Bergeron

Opposition à l'hôtel de ville: Bergeron rabroue Beaudin

La présidente du conseil municipal, Nicole Bergeron, a rabroué sa collègue Évelyne Beaudin, lundi, pour des propos qu’elle a tenus concernant le rassemblement des oppositions du Québec. L’événement, à l’initiative de Sherbrooke Citoyen, se tiendra vendredi à Sherbrooke.

Mme Bergeron reproche à la conseillère ses paroles rapportées dans La Tribune du mardi 4 septembre.

Lire aussi: Séances du budget: la proposition de Beaudin ne reçoit aucun appui

« Ce qui m’a un peu heurtée, c’est quand vous dites que ça prend des chiens de garde à l’hôtel de ville pour surveiller ce que nous on fait comme conseil municipal ou ce que les fonctionnaires peuvent faire comme travail. Quand je siège avec vous, je vous considère comme une élue à parts égales, comme moi. Je ne vous vois pas comme quelqu’un qui représentez l’opposition », commence-t-elle.

« De lancer l’idée, c’est comme si vous aviez besoin que quelqu’un regarde, analyse le travail que nous faisons. Je trouvais que ça n’allait pas dans le sens du lac-à-l’épaule que nous avons eu ensemble où on voit que nous devons travailler au bénéfice de nos concitoyens et pour le meilleur avenir pour la ville de Sherbrooke.

« Ce que je vous dis, c’est qu’il est tout à fait légitime de faire partie d’un parti, mais de là à dire que vous êtes des chiens de garde du travail qu’on fait... Très humblement, ça fait 19 ans que je siège. Si les citoyens n’étaient pas contents du travail que je fais, des actions que je fais pour les représenter, ça ferait longtemps qu’ils m’auraient indiqué la sortie. Je considère que j’ai toujours pris les meilleures décisions pour plaire à tout le monde, mais ce n’est pas possible en politique de plaire à tout le monde », ajoute-t-elle.

« Une équipe »

« Je vous demanderais parfois de porter attention à la façon dont vous vous adressez à nous, vos collègues, parce qu’on fait partie d’une équipe, qui est le conseil municipal. Vous avez droit à vos opinions, mais il faut faire attention à la façon dont on parle de ses collègues ou des fonctionnaires. J’ai trouvé que c’était un peu écorchant. Je parle en mon nom personnel, mais comme présidente du conseil municipal, je trouvais important de le mentionner. Moi, ça m’a touchée. Ça m’a heurtée. »

Évelyne Beaudin rétorque que l’utilisation du terme « chien de garde » est largement répandue pour parler des oppositions municipales. « Je pense que ce qui la heurte le plus, c’est qu’il y ait une opposition à Sherbrooke. C’est pourtant normal dans les démocraties qu’il y en ait. Les gens ont pu constater que nous faisons un travail d’opposition constructive. Ce qui me heurte le plus dans ce qu’elle dit, c’est que je suis une conseillère comme toutes les autres. On dirait parfois que je suis la seule indépendante à l’hôtel de ville. Peut-être qu’elle voudrait que je fasse comme tout le monde et que je ne critique rien.

« Je ne me suis jamais présentée aux élections en équipe avec ces gens-là. Il y a effectivement l’air d’y avoir une équipe à l’hôtel de ville, mais ce serait l’équipe du maire, qui vote comme le maire. C’est symptomatique de ce qui a mené à la démission de Pierre Tremblay au comité des sports : comme si tout devait passer dans la machine. La réalité, c’est que nous avons chacun nos idées, nos convictions. »

Mme Beaudin précise par ailleurs que ses interventions ne se font jamais « sur le plan personnel » et qu’elles visent « l’intérêt des citoyens ». « Je pense que les gens seraient extrêmement déçus si je changeais ma façon de faire. »