Brian Mulroney a rejeté l'idée que sa fille Caroline, une avocate et femme d'affaires de Toronto, ne soit pas assez qualifiée pour être chef du Parti progressiste-conservateur en Ontario, rappelant que lui-même avait été jugé trop inexpérimenté lors de la campagne qui l'a mené à la direction du parti, en 1983.

Mulroney ne croit pas que l'inexpérience de sa fille Caroline devrait lui nuire

AJAX — Bien qu'elle se défende constamment d'utiliser son nom pour faire avancer sa carrière politique, Caroline Mulroney a demandé l'aide de son célèbre père pour qu'il l'appuie dans la course à la direction du Parti progressiste-conservateur en Ontario.

L'ancien premier ministre conservateur, Brian Mulroney, a nié lundi avoir été appelé en renfort pour mousser la candidature de sa fille, qui peine à se démarquer dans les sondages seulement quelques jours avant que les membres ne choisissent leur nouveau chef.

L'ancien dirigeant canadien dit participer à la campagne de sa fille depuis des semaines, et selon lui, la campagne de Caroline Mulroney connaît un élan.

Après un événement à Ajax, à l'est de Toronto, M. Mulroney a assuré aux journalistes qu'il était là «seulement parce qu'il est son père».

Brian Mulroney doit participer à deux autres événements partisans cette semaine pendant que sa fille parcourt les autres régions de la province.

Il a rejeté l'idée que Mme Mulroney, une avocate et femme d'affaires de Toronto, ne soit pas assez qualifiée pour assumer cette fonction, rappelant que lui-même avait été jugé trop inexpérimenté lors de la campagne qui l'a mené à la direction du parti, en 1983.

«Ce sont des trucs débiles. Je n'avais aucune expérience politique et regardez ce qui est arrivé : j'ai gagné deux des plus fortes majorités depuis Sir John A. MacDonald», a-t-il soutenu.

À l'époque, les sondages le plaçaient en troisième place quelques jours avant qu'il ne remporte l'élection à la direction, a-t-il indiqué.

«J'ai gagné ça et je sens la même chose pour Caroline. Elle est en croissance et les autres rassemblent des foules anémiques qui ont très peu d'enthousiasme, à ce que je peux voir», a-t-il plaidé.

L'ancienne députée conservatrice, Christine Elliott, l'ancien conseiller municipal Doug Ford, ainsi que la militante pour les droits des parents, Tanya Granic Allen, sont aussi en lice pour remplacer l'ancien chef Patrick Brown, qui a démissionné en janvier car il faisait l'objet d'allégations d'inconduite sexuelle.

M. Brown a toujours clamé son innocence et il avait même participé brièvement à la course à sa succession, avant de jeter l'éponge.

Message contradictoire

Alors que Caroline Mulroney semble sortir l'artillerie lourde en fin de campagne, le fait de ramener son père sous les projecteurs pourrait envoyer un message contradictoire à ses électeurs, a avancé Geneviève Tellier, politologue à l'Université d'Ottawa.

En entrant dans la course, Mme Mulroney s'est présentée comme une néophyte en politique, qui se distingue de «l'establishment». Mais en se rapprochant de son père, cela renforce ses liens avec la vieille garde politique, selon la spécialiste.

L'équipe de campagne de Caroline Mulroney dit qu'elle est reconnaissante de l'aide de son père pendant qu'elle poursuit sa tournée dans la province.

«La plupart le connaissent comme un conservateur de longue date dont l'engagement envers le service public se poursuit. Elle se tourne vers lui pour des conseils et elle est reconnaissante de son appui», a déclaré sa porte-parole, Melissa Lantsman.

Caroline Mulroney est celle dont le nom de famille a fait beaucoup jaser pendant la campagne, mais deux autres candidats ont des liens avec des politiciens connus.

Le défunt mari de Christine Elliott était Jim Flaherty, l'ancien ministre des Finances sous Stephen Harper. Et le défunt frère de Doug Ford, Rob, a été maire de Toronto.

Les liens familiaux de Mme Mulroney font probablement l'objet de plus de discussions parce qu'elle était relativement inconnue avant de lancer sa campagne à la direction, selon Geneviève Tellier.

Brian Mulroney avait une certaine notoriété avant de devenir chef dans les années 1980, parce qu'il s'était présenté pour le même emploi quelques années auparavant.

«Il ne sortait pas de nulle part», a assuré Mme Tellier.

Les progressistes-conservateurs connaîtront l'identité de leur nouveau chef samedi.