Le directeur du SPVM, Philippe Pichet, devrait être relevé de ses fonctions, selon un rapport.

Mise sous tutelle de la police de Montréal réclamée

QUÉBEC - Les partis d’opposition se sont vivement inquiétés, mercredi, des problèmes de gestion au sein du Service de Police de la Ville de Montréal (SPVM). Québec solidaire demande d’ailleurs sa mise sous tutelle.

Les jours de Philippe Pichet à la tête du SPVM seraient comptés, selon Radio-Canada, qui a obtenu copie d’un rapport sur la gestion du corps de police.

Le rapport de Michel Bouchard recommanderait que M. Pichet soit relevé de ses fonctions, selon le diffuseur public, car il aurait constaté des «problèmes systémiques».

Le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, tiendra un point de presse conjoint avec la mairesse de Montréal, Valérie Plante, mercredi après-midi à Montréal. Ils devraient annoncer s’ils maintiennent ou non M. Pichet en poste.

Déjà, la mairesse a dit vouloir «régler la crise de confiance» au SPVM. Elle a affirmé à l’hôtel de ville vouloir prendre les «mesures nécessaires, des mesures importantes» pour s’assurer que «cette police a toute la confiance des Montréalais».

«Il y a une culture au SPVM depuis des années d’impunité, de lutte de pouvoir qui n’a jamais été véritablement réglée, a affirmé le porte-parole du Parti québécois (PQ) en matière de sécurité publique, Pascal Bérubé. Il y a un test de leadership pour le ministre de la Sécurité publique.»

La députée de la Coalition avenir Québec (CAQ), Nathalie Roy, a pour sa part maintenu que son parti réclamait la démission de M. Pichet «depuis des mois».

«Si le gouvernement en vient à cette conclusion, ça rejoint notre prétention», a-t-elle indiqué.

Le règne de M. Pichet, qui a été nommé en août 2015 par l’ancien maire Denis Coderre, a été marqué par plusieurs controverses.

Il avait notamment dû défendre la décision du SPVM d’épier les communications par cellulaire du chroniqueur Patrick Lagacé, ce qui avait mené à la création par le gouvernement du Québec de la Commission d’enquête sur la protection de la confidentialité des sources journalistiques. Cette commission doit rendre son rapport la semaine prochaine.

M. Pichet avait également dû licencier son chef de cabinet en octobre dernier à la suite de perquisitions menées dans les locaux du quartier général du SPVM par des policiers de la Sûreté du Québec.

Le SPVM compte plus de 4000 policiers.