Mélanie Lemay

Mélanie Lemay invitée à une commission des Nations unies

Cofondatrice du mouvement Québec contre les violences sexuelles, Mélanie Lemay a été choisie pour faire partie de la délégation canadienne qui participera à la 63e session de la Commission de la condition de la femme des Nations Unies (CCFNU 63).

Mélanie Lemay a été choisie par le ministère fédéral des Femmes et de l’Égalité des genres pour assister à la première semaine de la CCFNU 63 à New York du 11 au 15 mars. 

Celle qui milite contre les violences sexuelles raconte qu’elle a postulé pour devenir membre sans trop se faire d’attentes.

« Je n’avais pas trop d’attentes, car en général, on m’avait dit que c’était des gens très avancés dans leur carrière, des chercheurs qui étaient sélectionnés. Je pense que comme il y a un volet qui touche beaucoup l’activisme, c’est ce qui a fait en sorte que j’ai été retenue. Il fallait démontrer notre capacité à amener les décideurs publics à entreprendre des changements pour la condition des femmes. »

Sur le site d’ONU Femme, on peut lire que « la Commission de la condition de la femme des Nations Unies est le principal organe intergouvernemental mondial dédié exclusivement à la promotion de l’égalité des sexes et de l’autonomisation des femmes ». On apprend également qu’il s’agit d’une « commission fonctionnelle du Conseil économique et social des Nations Unies (ECOSOC). » 

Les participants seront appelés à réfléchir sur des stratégies concernant l’objectif de la commission.

La jeune femme en saura un peu plus sur la suite des choses lors d’une téléconférence le 15 janvier. Elle dit avoir quelques idées en tête. « Les idées, ce n’est pas ça qui manque! » 

« Cette année, il y a tout un volet sur la façon dont les institutions publiques peuvent servir de leviers de changements pour les femmes... C’est d’essayer de voir comment on peut faire bénéficier la communauté de ce qu’on est allé découvrir là-bas, peut-être des façons de faire qui viennent de l’étranger. » 

Une politique pour les écoles

Parallèlement, la cofondatrice de Québec contre les violences sexuelles plaide pour que les écoles primaires et secondaires aient des politiques portant sur les violences sexuelles comme c’est le cas dans les établissements postsecondaires, entre autres pour mieux encadrer les enseignants et les professeurs qui doivent travailler avec des enfants ayant subi des violences sexuelles, de même que pour implanter un protocole clair à suivre. 

Les établissements postsecondaires devaient adopter avant le 1er janvier 2019 une politique visant à prévenir et à combattre les violences à caractère sexuel.

« Notre objectif, c’est d’accommoder la loi sur l’intimidation pour qu’il y ait un volet dédié à la violence sexuelle ou tout simplement de créer une nouvelle loi axée sur ce sujet-là. Il y a beaucoup d’enfants victimes de violence sexuelle, en dehors ou dans l’école. On veut s’assurer que les professionnels et les professeurs puissent être la première ligne; pas pour qu’ils deviennent des intervenants, mais qu’ils soient en mesure de voir les symptômes et de référer les enfants aux bonnes places. »

Elle pense à la création d’un réseau s’apparentant au travail fait par la Fondation Marie-Vincent. « Elle chapeaute tous les services sous le même toit (...) En même temps, elle offre des services pour les parents. »  

Elle plaide aussi pour étendre les ressources d’aide aux victimes et aux agresseurs, qui ont parfois été eux-mêmes victimes d’agression. Mélanie Lemay a souvent fait valoir, dans le passé, que l’aide devait être accrue pour les hommes victimes d’abus sexuels, ceux-ci étant encore marginalisés.  

Finalement, dans la foulée du débat sur un système de justice adapté aux victimes d’agression sexuelle, elle aimerait qu’un colloque ou un événement ait lieu afin de réfléchir sur cette question. « Il faut créer un espace de réflexion », souligne-t-elle en ajoutant que l’événement pourrait réunir autant des victimes que des experts de la question. Elle indique avoir rencontré la comédienne Patricia Tulasne, membre du groupe Les Courageuses dans l’affaire Gilbert Rozon. 

Ex-étudiante de l’Université de Sherbrooke, Mélanie Lemay réalise une maîtrise en art-thérapie et demeure maintenant à Montréal.