Selon le président du comité consultatif d’urbanisme à la Ville de Sherbrooke, Vincent Boutin, Sherbrooke devrait se rasseoir avec Kruger afin de regarder d’autres possibilités pour installer le centre de distribution que l’entreprise aimerait construire.

Mégacentre de distribution: la Ville veut discuter d’un plan B avec Kruger

La Ville de Sherbrooke aimerait se rasseoir avec Kruger pour discuter d’un plan B en ce qui a trait à la construction de son mégacentre de distribution.

Rappelons que vendredi, l'entreprise a fait savoir par voie de communiqué qu'elle abandonnait l'idée de construire ce bâtiment sur le site de l'ancien terrain de golf Prince-de-Galles sur le chemin des Écossais.

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« Kruger est un bon citoyen corporatif qui veut bien s’implanter dans son milieu, analyse le président du comité consultatif d’urbanisme à la Ville de Sherbrooke, Vincent Boutin. Maintenant, il faut se rasseoir avec lui pour voir s’il n’y a pas un autre site qui peut accueillir ce genre d’infrastructure pour qu’il, autant que possible, se construise à Sherbrooke. Quand une entreprise — surtout Kruger — qui, depuis plusieurs années, croit en Sherbrooke, veut développer un centre et fait affaire avec la Ville, on répond présent et on tente d’accompagner les entreprises pour qu’elles puissent s’y implanter. »

« Je n’ai pas été dans toutes les discussions, mais quand on regarde l’ampleur de ce bâtiment [de 450 000 pieds, selon les chiffres de M. Boutin] et ce que ça implique, c’est sûr qu’on a vérifié avec eux quel site pouvait accueillir cette infrastructure, enchaîne-t-il. Il y a peut-être des sites qui ont été moins analysés et qui, selon la nouvelle conjoncture, pourraient être analysés de nouveau. Je ne connais pas les intentions de Kruger, mais si on peut être facilitant dans cette réflexion, on le sera. »

Est-ce que cette situation pourrait pousser la Ville à ouvrir un nouveau parc industriel? « L’usage d’un centre de distribution, dans notre jargon, ce n’est pas considéré comme un usage industriel qui s’implante dans un parc, répond Vincent Boutin. On le voit plus comme un usage commercial. Ouvrir un parc industriel, c’est beaucoup de sous et on doit avoir le lieu où l’implanter. Il y a une grande réflexion à y avoir. »


« On ne peut pas faire ça en pleine banlieue. »
Vincent Boutin

D’ailleurs, selon le président de CCU, le projet de Kruger était conforme « dans la mesure où l’orientation au schéma permettait ce genre d’implantation ». 

« Ce genre de projet ne peut pas aller partout : on essaie de cibler les autoroutes. Un paquet d’éléments nous amenaient à choisir un site comme celui-là. On ne peut pas faire ça en pleine banlieue avec l’impact sur le voisinage et le nombre de résidences », assure le conseiller municipal du district des Quatre-Saisons.

Citoyens

Lorsque Kruger avait confirmé qu’elle avait l’ancien terrain de golf Prince-de-Galles dans sa mire pour y installer un mégacentre de distribution, la conseillère municipale du district de Brompton, Nicole Bergeron, avait dit que les citoyens allaient avoir le dernier mot dans cette histoire. Et elle a eu raison.

« C’est toujours le cas avec un changement de zonage, ou dans ce cas, un Projet particulier de construction, de modification ou d’occupation d’un immeuble (PPCMOI), précise Mme Bergeron. La loi prévoit que ce sont les citoyens dans le secteur concerné qui ont la possibilité de donner leur aval ou non à un projet. »

La conseillère du district de Brompton comprend la décision de l’entreprise. « Kruger a toujours été un excellent citoyen corporatif qui a à cœur la communauté de Brompton particulièrement, mais partout où ils sont implantés. Ils ont pris acte des enjeux qui avaient été soulignés par les citoyens. Kruger avait pris l’engagement qu’il reviendrait voir les citoyens avec des solutions, mais ça aurait été difficile au niveau des délais. Je respecte complètement leur décision », commente-t-elle, ne sachant pas si Kruger avait un plan B à Sherbrooke.