«J’accepte avec humilité la défaite et je félicite le nouveau député de Beauce», a déclaré Maxime Bernier, lançant tout de même quelques flèches à son ancien parti.

Maxime Bernier perd son pari

Le chef du Parti populaire du Canada, Maxime Bernier, a perdu son pari en étant battu par le conservateur Richard Lehoux dans sa circonscription de Beauce. Il restera toutefois à la tête de son jeune parti qu’il espère voir grandir encore au cours des prochains mois.

«J’accepte avec humilité la défaite et je félicite le nouveau député de Beauce», a déclaré M. Bernier, lançant tout de même quelques flèches à son ancien parti.

«Je pense que la campagne de salissage du Parti conservateur a dû être efficace et c’est malheureux de dire ça en 2019», a-t-il déclaré, assurant qu’il allait demeurer à la tête du Parti populaire et qu’il ne souhaitait pas retourner à son ancien parti.

«Je n’ai pas l’intention de retourner au Parti conservateur, que je considère comme moralement corrompu», a-t-il ajouté.

Il a également reconnu que sa position sur la gestion de l’offre lui avait probablement coûté les votes de plusieurs producteurs agricoles beaucerons. «Les gens sous gestion de l’offre ont préféré voter pour préserver leurs privilèges et je ne leur en veux pas. C’est la nature humaine», a commenté l’ex-député. 

Bernier a été chaudement applaudi après avoir confirmé qu’il allait rester à la tête du parti. «Nous allons avoir le temps de bâtir encore pour la prochaine élection qui viendra bien assez rapidement.»

Un peu avant 23h, Radio-Canada avait déclaré Maxime Bernier battu alors qu’il tirait de l’arrière par plus de dix points de pourcentage après dépouillement de 25% des suffrages.

Bernier avait donné rendez-vous à ses partisans au Club de golf de Beauceville. Contrairement à 2015, il n’a cependant pas passé la soirée entière avec eux, préférant regarder les premiers résultats à la télé avec sa famille dans une chambre de l’hôtel.

Partisans déçus

Les militants du Parti populaire n’ont pas eu beaucoup d’occasions de célébrer, les tout premiers résultats ayant donné le député sortant à la traîne par près de cinq points de pourcentage.

«Je suis déçue, c’est sûr. J’avais espoir qu’il rentre. C’est décevant, surtout ce que le Parti conservateur a fait pour nuire à M. Bernier», a déclaré une militante du parti, Pauline Adams.

«Je suis déçu, mais je ne pense pas que l’avenir du parti soit en jeu. C’est un début. Qui pensait que le Parti populaire formerait le gouvernement? C’est déjà bien qu’on ait eu 330 candidats sur 338», a pour sa part déclaré Luc Harvey, ex-député conservateur de Louis-Hébert qui a joint le Parti populaire.

Plus nerveux

«Je suis un peu plus nerveux ce soir, c’est certain. Nous avons bâti toute cette organisation-là il y a un an et ça a été une campagne longue et une fin de campagne ici avec les Beaucerons», avait déclaré Bernier avant le dévoilement des premiers résultats.

Habitué aux victoires faciles, Bernier savait que celle-ci serait différente, avec comme adversaire principal l’ex-maire de Saint-Elzéar et ex-président de la Fédération québécoise des municipalités, Richard Lehoux, comme représentant de son ancien parti.

«Pour moi, ce soir, je sens que j’ai accompli ce que je voulais. On a fait des débats et on a abordé des sujets qui ne l’auraient pas été sans nous, par exemple l’immigration. Il y a une place sur l’échiquier politique pour le Parti populaire»

Au début de la soirée, Maxime Bernier n’avait pas voulu se prononcer quant à l’avenir du Parti populaire advenant sa défaite en Beauce. «On va gagner», avait-il déclaré.

Élu quatre fois comme député de Beauce, Maxime Bernier n’avait jamais obtenu moins de 50,71% des voix lors d’une élection depuis qu’il s’est lancé en politique en 2006.