Sébastien Corriveau, le chef du Parti Rhinocéros (à gauche), a posé avec Maxime Bernier, son candidat dans Beauce, lors du lancement de leur campagne.

Maxime Bernier de Dolbeau a répondu à l'appel du Parti rhinocéros

C’est en envoyant une demande de mission secrète à près de 70 Maxime Bernier par l’entremise de Facebook que Sébastien Corriveau, le chef du Parti rhinocéros, a réussi à déceler la perle rare : un Maxime Bernier, natif de Dolbeau-Mistassini résidant à Montréal, qui était prêt à représenter son parti aux élections fédérales, dans la circonscription de Beauce, contre le chef du Parti populaire du Canada, Maxime Bernier.

Voici le message intégral, en exclusivité, que Sébastien Corriveau a envoyé à un maximum de Maxime Bernier possible, avant que son compte Facebook ne soit bloqué, car le réseau social pensait qu’il avait été piraté.

« Nom : Maxime Bernier. Nom de code : 008. Bonjour cher Agent 008. Voici votre mission. Si vous l’acceptez, votre mission sera de prêter votre nom au Parti rhinocéros du Canada, afin qu’il présente un candidat nommé “Maxime Bernier”dans la circonscription “Beauce”. Le Parti rhinocéros du Canada s’occupera de toute la paperasse administrative pour que vous deveniez candidat. Vous aurez le choix de rester anonyme ou de révéler votre identité. Le pire qui pourrait arriver, ce serait d’être élu par la population beauceronne : vous aurez alors un salaire de 182 000 $/année et le transport payé pour Ottawa chaque semaine. Aussi, vous devrez écouter les Beaucerons chialer et vous devrez rapporter cette information au Parlement canadien. Le mieux qui pourrait arriver, comme c’est le cas pour chaque candidat Rhinocéros depuis 55 ans : faire rire la population du Canada avec un pied de nez à la politique canadienne. Cher Agent 008, acceptez-vous cette mission ? », écrivait à 70 Maxime Bernier Sébastien CoRhino, le chef du Parti rhinocéros du Canada.

Il a alors reçu quatre réponses, dont une personne qui l’a envoyé promener (pour être poli), une personne qui ne voulait pas utiliser son nom, une autre qui avait de vraies ambitions politiques, et le Maxime Bernier natif de Dolbeau qui lui a répondu « Appelle-moi ».

Si le lancement de campagne du Parti rhinocéros n’a pas réussi à attirer un seul journaliste à Québec, mardi dernier, l’annonce qu’un Maxime Bernier se présentait contre Maxime Bernier, relayé par la journaliste Gabrielle Denoncourt, du média EnBeauce.com, a déclenché un ouragan médiatique.

Le journaliste Olivier Bossé du Soleil a également écrit un texte à partir du communiqué de presse et a parlé au chef le lendemain. « On a parlé de nous coast to coast. Le National Post et même le Guardian [NDLR : un quotidien anglais], nous ont appelés. Le plus drôle c’est qu’ils ne voulaient même pas parler au chef. Ils voulaient juste parler à Maxime Bernier », explique Sébastien Corriveau qui n’avait jamais obtenu une telle couverture médiatique. Pendant quelques jours, le Maxime Bernier dolmissois a d’ailleurs éclipsé son homonyme sur le fil de recherche de Google.

Même s’il n’a jamais été proche du monde politique, Maxime Bernier soutient qu’il n’a pas pu refuser. « J’ai trouvé ça assez drôle que je me suis dit que je ne peux pas laisser passer cette occasion-là », lance le natif de Dolbeau-Mistassini. Son slogan de campagne : « Prends pas de chance, vote pour les deux ». « Je veux profiter du fait que les Beaucerons sont écœurés en sales de faire rire d’eux autres par un chef de parti qui se met le pied dans la bouche toutes les deux minutes », a souligné l’homme qui soutient n’avoir jamais eu autant d’attention de toute sa vie.

Plus tôt en journée, lundi, il a même reçu la visite de Jean-René Dufort, pour l’émission Infoman qui sera diffusée jeudi.

Le chef du PCC, Maxime Bernier

Dans le cadre de sa campagne, il promet notamment aux Beaucerons de construire un oléoduc sur la rivière Chaudière pour contrôler les crues printanières. Le projet serait notamment financé par la vente de plants de pot à usage domestique, fertilisé avec du purin de la Beauce. Il promet aussi de faire l’achat communautaire de l’usine de Jos Louis.

Le chef Sébastien Corriveau est très satisfait de la réussite de sa stratégie politique et du sens de la répartie de son candidat. « On cherchait juste quelqu’un qui avait le même nom et je me serais contenté d’un pas mal moins bon, mais parti comme ça, c’est lui qui va devenir le chef du parti », a-t-il lancé en riant.