L’Union des municipalités du Québec a décidé de suivre le pas du maire de Sherbrooke Steve Lussier et d’interpeller Innovation, Sciences et Développement économique Canada pour permettre aux villes de participer aux décisions concernant l’emplacement des tours de télécommunication sur leur territoire.
L’Union des municipalités du Québec a décidé de suivre le pas du maire de Sherbrooke Steve Lussier et d’interpeller Innovation, Sciences et Développement économique Canada pour permettre aux villes de participer aux décisions concernant l’emplacement des tours de télécommunication sur leur territoire.

L’UMQ fera le débat sur les tours de télécommunication

L’Union des municipalités du Québec (UMQ) compte revenir à la charge auprès d’Innovation, Sciences et Développement économique Canada pour permettre aux Villes de participer aux décisions concernant l’emplacement des tours de télécommunication sur leur territoire. Le maire de Sherbrooke, Steve Lussier, en a fait une de ses priorités à la fin de la semaine dernière lors du conseil d’administration de l’UMQ.

« Ç’a été unanime. Ça regarde toutes les villes du Québec, sachant que les technologies 5G arrivent à grands pas. Nous ne sommes pas contre les nouvelles technologies, mais nous sommes contre le fait que les compagnies ne nous approchent pas pour travailler directement avec elles. De soulever ce problème faisait l’affaire des autres municipalités », assure Steve Lussier.

Le maire de Sherbrooke rappelle que l’UMQ s’était déjà penchée sur le dossier des tours de télécommunication en 2016. Elle s’était même rendue en Cour suprême alors que la Ville de Châteauguay refusait qu’on lui impose un emplacement pour une tour de télécommunication.

« À Sherbrooke, nous possédons au moins 60 ou 65 % du réseau électrique aérien. Pourquoi on ne pourrait pas travailler ensemble? »

La présidente par intérim de l’UMQ, Suzanne Roy, rapporte que le dossier interpelle l’ensemble des municipalités du Québec. « L’aménagement du territoire est de compétence municipale, mais les télécommunications sont de compétence fédérale. Quelques fois, les discussions avec les compagnies se passent bien. Dans d’autres cas, c’est plus difficile. À Châteauguay par exemple, la Ville proposait même un site alternatif. Nous souhaitons donc avoir des discussions avec le ministre [Navdeep Bains]. Nous demandons qu’il y ait des travaux en amont pour prévoir l’emplacement des tours et qu’il y ait des instances de discussion entre les municipalités, les citoyens et les compagnies. »

La défaite de 2016 ne décourage-t-elle pas l’UMQ de poursuivre ses travaux sur le sujet? « Nous ferons le débat et nous continuerons de mettre de la pression, mais c’est préférable qu’il y ait entente entre toutes les parties. Ce n’est pas le fait de mettre des antennes qui pose problème, mais le fait de ne pas être consultés. »

Traverses pour personnes

Un autre dossier prioritaire pour le maire Steve Lussier aura été celui des traverses pour personnes, ces passages piétonniers où, partout en ville, la signalisation devra être remplacée d’ici cinq ans. Pour intervenir aux quelque 180 passages, il faudra prévoir des investissements de 5 M$, ce qui avait fait broncher plusieurs élus en novembre.

« Ça se fait, remplacer toute la signalisation en cinq ans, mais on nous impose quelque chose sans qu’il y ait de subventions de rattachées. Je me suis fait féliciter d’avoir amené le dossier. Les autres municipalités n’avaient pas nécessairement pris connaissance encore des nouvelles normes du ministère des Transports », dit M. Lussier.

« C’est certain que je ferai un suivi au prochain conseil d’administration. »

Suzanne Roy confirme que l’UMQ regarde le dossier, qui n’était pas dans la mire des élus à l’origine. Les normes imposées par le ministère viennent-elles en contradiction avec l’autonomie et les pouvoirs dévolus aux municipalités? « C’est un combat de tous les jours. C’est un nouveau concept de voir les Villes comme un gouvernement de proximité. Il arrive parfois que le gouvernement revienne à ses bonnes vieilles méthodes. Il suffit de lui rappeler. Plusieurs de nos compétences sont partagées. Il faut donc assurer un équilibre des forces. »

Mme Roy rapporte que le maire Lussier a très bien réussi à faire passer ses messages.

Pneus et agrile

Parmi les autres sujets abordés par Steve Lussier, notons l’idée de ramener la pose des pneus d’hiver obligatoire au 15 novembre plutôt qu’au 1er décembre. « Encore cette année, la neige est arrivée tôt. Nous avons une topographie avec des pentes considérables et nous ne sommes pas la seule ville comme ça », indique-t-il.

Selon lui, sa proposition a reçu un accueil mitigé. « Nous avions adopté une résolution à Sherbrooke en novembre 2019 en ce sens. »

Steve Lussier n’a pas manqué d’aborder les coûts associés au combat contre l’agrile du frêne, en plus d’insister pour le déploiement communautaire des défibrillateurs externes automatisés.

À noter que l’UMQ a fait de ses priorités d’élaborer une nouvelle gestion des matières résiduelles et de déterminer le rôle des municipalités dans la lutte aux changements climatiques. L’UMQ s’intéressera aussi au dossier du transport ferroviaire.