Luc Fortin

Luc Fortin ne sera pas candidat à la mairie

Les prochaines élections municipales ont beau être prévues pour la fin de 2021, l’ancien ministre libéral Luc Fortin se fait demander presque quotidiennement s’il sera candidat à la mairie de Sherbrooke. Le principal intéressé a confirmé au 107,7, jeudi, qu’il ne tentera pas de déloger Steve Lussier à la tête de la Ville. Il abandonne par ailleurs son poste de chroniqueur radio en raison de ses nouvelles fonctions de conseiller stratégique, fonctions qui auraient pu le placer en conflit d’intérêts.

En entrevue à La Tribune, M. Fortin admet que les citoyens l’interrogent constamment sur ses intentions politiques. « Quand les gens t’en parlent beaucoup et depuis aussi longtemps, forcément, tu y penses. À la suite des élections provinciales de 2018, j’avais gardé une porte ouverte et j’y ai pensé sérieusement. Mais pour mettre sa face sur un poteau et mener une campagne, ça prend des convictions profondes. Le palier municipal m’interpelle un peu moins. Les enjeux ailleurs me parlent plus. J’ai été ministre de la Famille et je voulais œuvrer pour les familles. Ce n’est pas possible au municipal. »

Luc Fortin rapporte que sa décision est une marque d’honnêteté envers la population. « La politique ne peut pas être une job pour une job. Je n’aurais pas été honnête envers les Sherbrookois. Pour moi, la politique est une affaire d’équipe. On fait le choix de faire des batailles communes pour faire avancer les choses. À Sherbrooke, les gens n’ont pas d’appétit pour les partis politiques. Nous avions fait un sondage alors que j’étais président pour le Québec de Mainstreet recherche et les réponses étaient claires à ce sujet. S’il y avait une dynamique de partis, peut-être que ma réflexion aurait été différente. Mais faire de la politique tout seul dans mon coin, ça ne m’intéresse pas. »

À la mairie en 2017, les Sherbrookois ont tout de même voté majoritairement pour des partis politiques, une fois les votes du Renouveau sherbrookois et de Sherbrooke Citoyen combinés. « Il reste que seulement trois conseillers ont été élus sous la bannière d’un parti et que deux d’entre eux siègent maintenant comme indépendants. Le gagnant est déterminé par la pluralité des voix. Quand Vincent Boutin a mis fin aux activités du Renouveau sherbrookois, il faisait la même lecture que moi. »

Les rumeurs laissaient pourtant entendre que des discussions avaient eu lieu entre MM. Fortin et Boutin en prévision des prochaines élections municipales. « Vincent et moi, nous nous sommes toujours bien entendus. Est-ce qu’on a mangé ensemble? Sa décision de dissoudre son parti n’avait aucun lien avec le fait que je me serais présenté en politique municipale. »

Déjà, avant les élections de 2017, des rumeurs circulaient que Luc Fortin était intéressé à briguer la mairie. « Ç’aurait pu être une porte de sortie parce que les astres n’étaient pas alignés pour que les libéraux soient réélus. Mais être dans l’opposition n’était pas quelque chose qui me rebutait et j’ai décidé de me représenter au provincial. Si j’avais voulu faire de la politique municipale, je l’aurais fait en 2017. »

Luc Fortin assure qu’il reviendra en politique un jour. « Il reste à voir où j’en serai rendu dans ma vie personnelle et ma vie familiale, mais c’est sûr que je vais me représenter. »

Est-ce que la porte du municipal est définitivement fermée? « Je ne vois pas ce qui pourrait changer entre aujourd’hui et un an et demi. Pour moi, il n’y a pas de doute que je ne changerai pas d’avis. »

Entre-temps, l’ex-député agira à titre de conseiller stratégique pour des politiciens, mais aussi des organismes ou des institutions. Il a quitté Mainstreet recherche en janvier et abandonnera vendredi son poste de chroniqueur à la radio. « J’avais envie de retrouver une certaine liberté, de m’investir dans les causes qui m’intéressent. 2019 aura été une année de transition. Mais j’ai accepté un mandat qui rendrait plus difficiles mes interventions à la radio. La piqûre de la politique, elle, ne partira jamais. »