«L'objectif n'est pas de bloquer les décisions gouvernementales, c'est de les adapter à cette réalité de lutte aux changements climatiques et d'atteinte des cibles de réduction des GES», explique le député péquiste Sylvain Gaudreault.

L'opposition presse la CAQ d'adopter une loi anti-déficit climatique

L'opposition péquiste n'arrivera pas les mains vides à la grande marche pour le climat qui se déroulera dans plusieurs municipalités au Québec samedi.

Déterminé à formuler des «propositions constructives», le Parti québécois (PQ) demande au gouvernement Legault de faire adopter une loi anti-déficit climatique d'ici au Jour de la Terre, 22 avril 2019, comme il en existe dans plusieurs autres pays. Faute de quoi, le PQ s'engage lui-même à déposer son propre projet de loi en ce sens.

Dans un premier temps, la loi officialiserait les objectifs de réduction des gaz à effet de serre (GES) auxquels adhère le Québec et mettrait en place une mécanique pour les atteindre, avec une entité indépendante pour mesurer les résultats, par exemple, le Commissaire au développement durable, mais avec des pouvoirs renforcés.

Dans un deuxième temps, elle forcerait le gouvernement à prendre en compte les divers impacts de toutes ses décisions sur la lutte aux changements climatiques.

Dans une entrevue avec La Presse canadienne vendredi, le porte-parole péquiste en matière d'environnement et d'énergie, Sylvain Gaudreault, a expliqué que les projets de loi et projets de règlement devraient donc être modifiés pour «passer le test» de la loi anti-déficit climatique, dans l'éventualité où ils viendraient accroître les émissions de GES.

«L'objectif n'est pas de bloquer les décisions gouvernementales, c'est de les adapter à cette réalité de lutte aux changements climatiques et d'atteinte des cibles de réduction des GES», a expliqué M. Gaudreault, qui est député de Jonquière.

Il a rappelé que les projets de loi qui cheminent au conseil des ministres doivent déjà tenir compte d'autres critères comme les relations intergouvernementales, les implications territoriales sur les régions, la métropole ou la capitale, ou encore, les conséquences pour les jeunes, donc on pourrait également ajouter un réflexe climat.

M. Gaudreault a toutefois reconnu que la CAQ jusqu'à maintenant n'a pas démontré d'intérêt pour ce genre de mesure et ne s'est pas prononcée, ni pour ni contre. Cependant, le député péquiste souligne que le gouvernement caquiste est censé maintenant être plus sensible aux préoccupations environnementales de la population.

«Si le gouvernement veut respecter ce que M. [François] Legault a dit dans son discours lors de la prestation de serment du conseil des ministres, selon quoi il a entendu le message de la population, s'il est réellement sérieux, il devrait présenter cette loi anti-déficit climatique.»

Des pays comme le Royaume-Uni, le Danemark, la France, l'Allemagne, la Suède ont déjà adopté ce genre de loi contraignante, de même que l'Écosse, parmi les États fédérés comme le Québec.

M. Gaudreault représentera son parti à la marche pour le climat de Montréal. Tous les partis représentés à l'Assemblée nationale enverront des élus, autant la CAQ, le Parti libéral que Québec solidaire.