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«Pour la première fois, on peut vraiment dire qu’on voit la lumière au bout du tunnel. On est en train de tourner la page. On peut penser que la prochaine session, ça ne sera pas le seul sujet», a déclaré François Legault vendredi,
«Pour la première fois, on peut vraiment dire qu’on voit la lumière au bout du tunnel. On est en train de tourner la page. On peut penser que la prochaine session, ça ne sera pas le seul sujet», a déclaré François Legault vendredi,

«L’été des rapprochements», souhaite Legault

Olivier Bossé
Olivier Bossé
Le Soleil
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En plus d’un an de COVID-19, François Legault a souvent dit que les Québécois voyaient «la lumière au bout du tunnel». Mais cette fois, c’est vrai. Le premier ministre souhaite qu’on vive «l’été des rapprochements», en vue d’un retour à l’automne en pleine forme et avec d’autres enjeux à débattre que la pandémie.

«Pour la première fois, on peut vraiment dire qu’on voit la lumière au bout du tunnel. On est en train de tourner la page. On peut penser que la prochaine session, ça ne sera pas le seul sujet», a déclaré M. Legault vendredi, dans son bilan de sa sixième session au poste de premier ministre du Québec.

Flanqué de sa vice-première ministre Geneviève Guilbault (Sécurité publique) et de son leader parlementaire Simon Jolin-Barrette (Justice), le premier ministre Legault s’est attardé aux dossiers autres que la pandémie qui ont continué à avancer sous son gouvernement.

«Je me sens comme un canard qui avance. Ça ne paraît pas sur le dessus, mais ça pédale pas mal en dessous de l’eau. Le Québec allait bien avant la pandémie et on doit s’assurer qu’il va continuer à aller bien après», a-t-il illustré.

Flanqué de sa vice-première ministre Geneviève Guilbault (Sécurité publique) et de son leader parlementaire Simon Jolin-Barrette (Justice), le premier ministre Legault s’est attardé aux dossiers autres que la pandémie qui ont continué à avancer sous son gouvernement.

M. Legault a lui-même parlé du besoin de «moins me fâcher», soulignant son caractère bouillant souvent associé à de l’arrogance dans le camp adverse. Ses deux semaines de vacances, une en Estrie et l’autre dans Charlevoix, lui feront du bien.

Au cours de cette session parlementaire, le meneur de la Coalition avenir Québec a vu deux de ses ministres démissionner, Pierre Fitzgibbon et Marie-Eve Proulx, en plus d’un député exclu du caucus, Louis-Charles Thouin, 

Médecins, préparez-vous

Retenez deux priorités pour l’automne : réforme de la loi 101, sous la forme du projet de loi 96 de M. Jolin-Barrette, et réforme du système de santé, dont s’occupera son homme de confiance Christian Dubé, ministre de la Santé.

«Ce qui a le plus marqué les Québécois, c’est le succès de la campagne de vaccination. Ça fait plusieurs années qu’on n’avait pas eu de succès dans notre réseau de la santé. Là, on a fait la preuve que c’est possible de changer les choses en santé. Donc, préparez-vous, entre autres, je le dis aux médecins de famille, à l’automne, on va travailler très fort à changer les choses», a-t-il promis.

M. Legault brandit la possibilité de pénaliser les médecins de famille qui ne prennent pas assez de patients, comme l’avaient mis de l’avant le gouvernement libéral précédent et son ministre de la Santé d’alors, Gaétan Barrette.

Plus facile de critiquer

Comme les trois oppositions avant lui, le gouvernement ne pouvait pas passer sous silence l’annonce récente du projet de tunnel entre Québec et Lévis.

«Depuis qu’on a déposé le projet, les oppositions n’ont rien à proposer. [...] Un moment donné, ça va avoir ses limites de critiquer un projet sans avoir rien à proposer en échange», a commenté M. Legault, sur la place qu’occupera le troisième lien dans les débats de l’automne.

«C’est plus facile de critiquer à satiété dans le vide que de contre-proposer intelligemment», a résumé Mme Guilbault, députée à Québec et ministre responsable de la région de la Capitale-Nationale.

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LES BILANS DE L'OPPOSITION

Fin d’un cycle chez les libéraux

La présentation récente d’une nouvelle vision économique au Parti libéral du Québec marque «une fin de cycle», aux dires de la cheffe Dominique Anglade.

«On doit élargir le débat, changer des règles et faire en sorte qu’on soit capable de parler d’une économie où c’est le progrès social et environnemental et économique qui se conjuguent. Il y a un virage important à prendre», a-t-elle insisté, durant son bilan de session, vendredi matin.

La cheffe libérale Dominique Anglade

Les prochains mois annoncent des éclaircissements dans le ciel de la pandémie. «Les gens commencent à voir le vrai visage du gouvernement et aussi, le vrai visage d’autres formations politiques. Les gens vont être à l’écoute», souhaite Mme Anglade.

La cheffe libérale se promet donc un été «terrain, terrain, terrain», pour «aller à la rencontre des gens, ce qu’on n’a pas pu faire dans la dernière année».

Son leader parlementaire, André Fortin, déplorait pour sa part un agenda législatif pauvre en cette fin de session. M. Fortin souligne que le seul projet de loi étudié jeudi par les parlementaires concernait la nomination d’un insecte officiel pour le Québec.

Troisième lien, «incontournable» solidaire

Le mouvement contre le troisième lien ne fait que commencer, selon Gabriel Nadeau-Dubois.

«Ce projet-là est le symbole parfait de tout ce qui cloche dans le projet de société que présente François Legault. [...] C’est le symbole de la CAQ, c’est l’étendard de François Legault, et vous allez m’en entendre parler toute la session», a prévenu dans le bilan de session celui qui deviendra chef parlementaire de Québec solidaire à l’automne, en remplacement de sa collègue et toujours co-porte-parole, Manon Massé.

Les solidaires Gabriel Nadeau-Dubois et Manon Massé

Les députés solidaires de Québec «Sol [Zanetti] et Catherine [Dorion] vont devenir les meneurs de la mobilisation nationale contre le tunnel à 10 milliards $ de la CAQ. M. Legault surestime sa propre popularité et sous-estime le fait que ses petites obsessions ne sont pas les priorités des Québécois», a indiqué M. Nadeau-Dubois, ajoutant les maternelles 4 ans et les maisons des aînés parmi les «obsessions» du premier ministre.

Mme Massé a parlé de «notre meilleure session depuis le début de la législature». QS a entre autres eu la tête d’un ministre, quand Pierre Fitzgibbon a été forcé de démissionner après l’insistance du solidaire Vincent Marissal auprès de la commissaire à l’éthique de l’Assemblée nationale.

«Le Parti québécois va rebondir»

Paul St-Pierre Plamondon annonce «un choc des titans, un choc des visions du Québec» pour l’automne. «Cette arrogance-là [du gouvernement] aura un prix lorsqu’on retournera à un environnement parlementaire normal», selon le chef du Parti québécois.

Le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon

Session durant laquelle le PQ a perdu un troisième député depuis l’élection générale de 2018, ce qui porte la députation péquiste à sept élus sur 125.

«Même quand on se fait dire que nos propositions sont extrémistes, on ne met pas le genou à terre parce qu’on a des convictions, parce qu’on fait de la politique par conviction», a assuré M. St-Pierre Plamondon.

Langue française, mais aussi environnement, éthique, justice sociale et indépendance s’avèrent les fers de lance des actions péquistes, dit-il.

«La session prochaine, la vraie partie va commencer dans un environnement où tous ces sujets auront toute la place requise. Regardez-nous bien aller, on a hâte à la prochaine session. Le Parti québécois va rebondir», promet le chef. Olivier Bossé