Les membres du Mouvement Démocratie Nouvelle Marie-Claude Bertrand et Jean-Sébastien Dufresne et les députés solidaire Christine Labrie et Gabriel Nadeau-Dubois et Christine Labrie ont présenté l’histoire du mouvement pour la réforme électorale, les raisons de réformer le système de scrutin actuel, le fonctionnement d’un scrutin proportionnel et les avantages de la réforme électorale en région lors d’une soirée organisée mercredi soir au Baobab café.
Les membres du Mouvement Démocratie Nouvelle Marie-Claude Bertrand et Jean-Sébastien Dufresne et les députés solidaire Christine Labrie et Gabriel Nadeau-Dubois et Christine Labrie ont présenté l’histoire du mouvement pour la réforme électorale, les raisons de réformer le système de scrutin actuel, le fonctionnement d’un scrutin proportionnel et les avantages de la réforme électorale en région lors d’une soirée organisée mercredi soir au Baobab café.

L’Estrie en mode proportionnel mixte

À quoi ressemblerait la députation estrienne si on avait eu un mode de scrutin proportionnel mixte compensatoire lors de la dernière élection provinciale? La Coalition avenir Québec aurait deux députés alors que Québec solidaire, le Parti québécois et le Parti libéral auraient eu chacun un député. « Il y aurait eu une pluralité des voix comme souhaité par les électeurs », souligne la députée de Québec solidaire Christine Labrie.

Accompagnée du co-porte-parole de Québec solidaire Gabriel Nadeau-Dubois et de deux membres du Mouvement Démocratie Nouvelle, la députée de Sherbrooke a animé une soirée d’information sur la réforme du mode de scrutin mercredi soir. Plus d’une cinquantaine de citoyens se sont déplacés au Baobab café pour l’occasion.

Rappelons qu’en campagne électorale, la CAQ s’était engagée à réformer le mode de scrutin avant 2022. Le gouvernement a finalement reculé sur cet engagement à l’automne, s’engageant plutôt à tenir un référendum sur la question en même temps que la prochaine élection. Si le « Oui » l’emporte, la manière dont les députés de l’Assemblée nationale sont désignés changera du tout au tout à partir de l’élection suivante.

Le projet de loi 39 déposé par le gouvernement propose un scrutin proportionnel mixte compensatoire avec listes régionales. Il y aurait toujours 125 députés au Québec, mais seulement 80 circonscriptions calquées sensiblement sur celles du fédéral. Le reste des sièges iraient à 45 députés régionaux.

Chaque citoyen aurait deux bulletins de vote à remplir. Le premier pour élire son député de circonscription; le second pour donner une voix à un parti. Ces 45 sièges seraient attribués en fonction de la proportion des votes obtenus par les listes de candidats de chaque parti dans chacune des régions.


« Le consensus social au Québec existe sur la nécessité de réformer notre mode de scrutin »
Gabriel Nadeau-Dubois

Ainsi, en Estrie, le portrait serait le suivant selon les projections de Québec solidaire : un député caquiste dans Compton-Stanstead, un second député caquiste dans Mégantic-l’Érable, un député solidaire dans Sherbrooke et deux députés de liste, soit un libéral et un péquiste. Ce nouveau mode de scrutin permettrait une meilleure adéquation entre les votes et les sièges qu’obtiennent les partis, et ce, en maintenant la représentation des régions ainsi que la capacité pour les Québécois de faire élire des gouvernements stables, estime le gouvernement.

Cette réforme électorale met également fin aux monopoles régionaux, c’est-à-dire une situation où un seul parti détient la totalité des sièges d’une région alors qu’il n’a obtenu que 40 à 45 % des voix, par exemple.

Le coût des élections générales de 2018 a été estimé à 94 M$. On prévoit que les modifications proposées par le projet de loi feraient passer le coût des premières élections générales tenues avec un mode de scrutin réformé à environ 105 M$.

« Enjeu politique »

« La réforme du mode de scrutin n’est pas qu’un enjeu technique. Il s’agit d’un enjeu politique d’une grande importance qui peut sembler complexe, mais dans les faits il s’agit de s’assurer que chaque vote compte une fois dans la boîte des élections », souligne Gabriel Nadeau-Dubois.

Selon le député de Gouin, le mode de scrutin uninominal à un tour crée de la distorsion entre le nombre de votes reçus par un parti et le nombre de sièges obtenus. « À la dernière élection, la CAQ a obtenu 60 % des sièges alors qu’elle a récolté 37 % des votes », illustre-t-il.

Le mode de scrutin actuel a également comme effet de « gaspiller des votes » et de favoriser le bipartisme, poursuit M. Nadeau-Dubois.

« Le Québec est mûr pour une réforme depuis des années. Le consensus social au Québec existe sur la nécessité de réformer notre mode de scrutin », poursuit-il.

Selon un sondage Léger marketing réalisé au printemps 2019 auprès de 2500 citoyens, 84 % des Québécois souhaitent un mode de scrutin qui reflète le plus possible le vote populaire. 83 % souhaitent faire en sorte que leur vote compte dans le résultat final même si le candidat du parti pour lequel il a voté ne gagne pas dans sa circonscription.

« Le référendum est inutile et on va travailler fort pour convaincre le gouvernement de respecter sa promesse électorale pour nous permettre de voter sous un nouveau mode scrutin en 2022 », conclut-il.