Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, s'est arrêté à Sherbrooke pour une première fois en campagne samedi.

L'Estrie «en dessert» pour Blanchet

Gonflé par la vague bloquiste présagée par les derniers sondages, le chef du Bloc Québécois Yves-François Blanchet a finalement fait un arrêt à Sherbrooke pour une première fois dans sa campagne, samedi, à deux jours du scrutin.

Alors qu’il déambulait aux côtés de ses candidats Claude Forgues (Sherbrooke), David Benoît (Compton-Stanstead), Monique Allard (Brome-Missisquoi) et Andréanne Larouche (Shefford), le chef du parti a été invité par La Tribune à réagir aux propos du lieutenant conservateur Alain Rayes. Deux jours plus tôt, le député sortant dans Richmond-Arthabaska l’avait mis au défi de comparer les CV de ses 78 candidats avec celui des candidats conservateurs. 

« Chaque jour, [M. Rayes], que j’ai déjà beaucoup respecté et que je respecte encore, s’invente un nouveau défi. On n’est pas dans un jeu télévisé, on est dans une campagne électorale. Ce qu’on doit comparer, aussi, c’est les programmes. Manifestement, si je me fie aux chiffres récents, il n’y a pas un grand engouement des Québécois pour le programme du Parti conservateur, mais il y a l’air d’en avoir un pas pire pour celui du Bloc québécois, et c’est là-dessus qu’on sera jugé lundi soir. [Donc] je le mets au défi de regarder le résultat des élections lundi. »

Enjeux locaux

« Vous êtes nombreux, vous êtes enthousiastes. On a dû être pas si mauvais », a lancé le chef en début de journée après avoir qualifié l’Estrie de « dessert » lors d’un dîner partisan à la Brasserie Daniel Lapointe, où une cinquantaine de personnes étaient présentes pour l’appuyer. 

En visite au Salon du livre de l’Estrie par la suite, notamment pour réitérer son intention d’éliminer la TPS sur les livres, le chef a souligné les préoccupations de son parti qui pourraient interpeller les Estriens, soit la gestion de l’offre, l’activité touristique et l’innovation technologique. 

« Ce que le Bloc veut mettre de l’avant, c’est un modèle de développement qui s’appuie sur l’innovation, nos centres de recherche et notre structure de PME pour développer des technologies viables au plan environnemental, et changer un modèle économique qui, pour l’instant, est beaucoup trop appuyé sur l’économie pétrolière canadienne », a-t-il rappelé.

Ce qu’ils ont dit : 

Claude Forgues sur son niveau de confiance à deux jours du vote :
« Le comté de Sherbrooke est particulier. En ce moment, les intentions chez nous sont croissantes alors qu’elles sont décroissantes chez les autres. Où est-ce qu’on se croisera ? Je me mets entre les mains de la population, parce qu’on aura beau faire et on aura beau dire, c’est eux qui décident. » 

David Benoit sur les propos d’Alain Rayes :
« On ne peut pas souhaiter avoir un renouveau et de la jeunesse si on ne se base que sur les CV. C’est plutôt mon opinion personnelle. Mais après, ce n’est pas tout : il faut avoir en politique une diversité des domaines pour représenter la diversité de la population. Si on a que des notaires et des avocats, à un moment donné, ça n’a pas de sens. »