Pierre Paradis se portait mieux depuis quelques semaines. Les symptômes de sa commotion cérébrale sont toutefois réapparus la semaine dernière, a indiqué son frère, Denis Paradis.

Les symptômes de Pierre Paradis réapparaissent

Pierre Paradis n’est pas prêt à faire un retour à l’Assemblée nationale. Il se remet encore de la commotion cérébrale subie en janvier l’an dernier, soutient son frère Denis.

L’état de santé du député provincial de Brome-Missisquoi s’est amélioré ces derniers mois, a expliqué Denis Paradis qui lui a parlé ce week-end. L’homme de 67 ans entrevoyait même retourner à Québec pour la rentrée parlementaire, a-t-il dit. Les symptômes de sa commotion cérébrale sont toutefois réapparus la semaine dernière.

« Ça semblait être reparti du bon bord. Il était remis à 80 %, mais il a fait une rechute. Il a des maux de tête, des pertes d’équilibre. Il n’est pas capable de faire ses journées. Il ne file pas », a-t-il indiqué en entrevue mardi.

Le retour de M. Paradis à Québec était envisagé à court terme, selon Hardy Craft, président de l’Association du Parti libéral de Brome-Missisquoi. Dans une entrevue accordée au Record lundi, cet ami de longue date de M. Paradis estimait qu’il était remis à 95 % de sa commotion cérébrale. Les symptômes sont réapparus, a-t-il toutefois ajouté, reportant le retour au travail du vétéran député.

M. Paradis s’est cogné la tête sur la porte d’une remorque à chevaux à la fin du mois de janvier. Il est depuis traité pour une commotion cérébrale. Les médecins qui examinent M. Paradis pensent que sa première vertèbre pourrait avoir été affectée par l’accident, a dit M. Craft au Record.

Son attachée politique a confirmé à Radio-Canada mercredi que M. Paradis avait l’intention de revenir siéger cette semaine, mais que son médecin lui a recommandé une injection de cortisone pour faire passer ses maux de tête. Il est aussi prévu qu’il voit un neurologue.

Le lendemain de son retrait de son poste de ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation pour cause de maladie, M. Paradis a été exclu du caucus libéral par le premier ministre Philippe Couillard en raison d’allégations d’inconduites sexuelles formulées par l’ancienne directrice de cabinet du ministre.

Une enquête de la Sûreté du Québec a été instituée. Le Directeur des poursuites criminelles et pénales, après analyse du rapport d’enquête et des témoignages de la plaignante et de M. Paradis, a décidé de ne pas porter d’accusations. Le DPCP « n’est pas raisonnablement convaincu de pouvoir établir la culpabilité de cette personne », avait écrit l’organisme dans un communiqué annonçant sa décision.

Retour tôt ou tard
Denis Paradis affirme ne pas parler avec son frère de son avenir politique. Celui-ci doit prendre du mieux, dit-il. Il croit cependant qu’il effectuera un retour tôt ou tard dans ses fonctions. « Je le connais bien. S’il est en santé, il va vouloir retourner et continuer de se battre pour sa circonscription. »

Craint-il que la députation libérale refuse que son frère réintègre le caucus ? « Ça sera à eux de décider. Je ne sais pas ce qu’ils feront », a-t-il dit.

M. Craft n’a pas donné suite à nos demandes d’entrevue mardi et mercredi.

L’absence prolongée de M. Paradis nuit aux citoyens, aux municipalités et aux organismes de Brome-Missisquoi, soutient Andréanne Larouche, présidente du Parti québécois dans la circonscription. « On comprend qu’il doive se remettre de son accident, qu’il est en convalescence. Mais ça fait maintenant un an qu’il est parti. C’est une période extrêmement longue », fait-elle remarquer.

Député absent
La situation fait en sorte que les dossiers de la circonscription n’avancent pas, estime Mme Larouche. Elle a donné l’exemple du CHSLD Horace-Boivin à Waterloo où un groupe de citoyens et de bénéficiaires travaillaient à sauvegarder l’établissement d’une fermeture.

« M. Paradis n’a pas été là pour eux, pour présenter leur pétition à l’Assemblée nationale », a-t-elle dit.

Personne ne peut prendre de rendez-vous avec M. Paradis pour présenter leurs projets, dit Mme Larouche. « C’était déjà un député qui avait la réputation de ne pas être trop présent. Maintenant, c’est zéro », a-t-elle illustré.

Du côté de la Coalition avenir Québec, on se fait circonspect. « On ne commentera pas la situation de M. Paradis », a indiqué Catherine Demers, attachée politique du député de Granby, François Bonnardel.

Même prudence chez Québec solidaire. « On espère que les gens de Brome-Missisquoi vont bientôt retrouver leur député », s’est contentée de dire Stéphanie Guévremont, attachée de presse de l’aile parlementaire du parti.