La députée Marie-Claude Bibeau est revenue à la tête du ministère de l’Agriculture du Canada. Les producteurs de grain de la région demandent son intervention pour régler la crise provoquée par la grève au CN.

Les producteurs de grains interpellent déjà Bibeau

À peine revenue à la tête du ministère de l’Agriculture du Canada, Marie-Claude Bibeau est déjà interpelée par des producteurs agricoles de la région.

La grève au Canadien National (CN) aura probablement raison de la fin de saison des producteurs de grains, s’insurgent-ils. Selon les fournisseurs de gaz propane consultés, il reste l’équivalent de six jours de propane au Québec, lequel est livré en priorité aux hôpitaux et autres services essentiels puis, aux agriculteurs dont la production animale dépend du propane.

« Marie-Claude Bibeau vient tout juste d’être reconduite comme ministre de l’Agriculture du Canada. J’en profite pour la féliciter et lui demander de s’attaquer rapidement à cette crise », clame Stéphane Vaillancourt, président des Producteurs de grains de l’Estrie

« Nous demeurons à sa dispo- sition pour toute question qu’elle souhaiterait éclaircir avec les producteurs. »

Les problèmes s’accumulent pour les producteurs de grains, note un communiqué de presse. Pour ceux qui étaient venus à bout de récolter une partie de leur maïs ces derniers jours, malgré la neige au sol et les températures froides, il sera donc très difficile de compléter l’étape du séchage des grains. Cette étape, qui requiert du gaz propane, est primordiale pour abaisser le taux d’humidité requis de 13 % pour la vente.

Même pour les producteurs de grains qui utilisent leurs récoltes pour nourrir leurs propres animaux, la situation n’est pas idéale, car la qualité de la nourriture pour le bétail pourrait manquer. Elle pourrait même moisir avant que reprennent les approvisionnements en propane et que le séchage du grain soit possible.

La grève du CN complique l’approvisionnement en gaz propane. Les pronostics de résolution du conflit entre CN et ses travailleurs indiquent qu’il sera long, soulignent les producteurs de grain. La possibilité de faire intervenir une loi spéciale n’aide pas beaucoup. Même en convoquant le nouveau Conseil des ministres rapidement, il sera difficile de faire adopter une loi spéciale au Parlement canadien avant la mi-décembre. La Chambre des communes doit reprendre ses travaux le 5 décembre avec d’abord un discours du trône.

« Chez nous, seulement le tiers du maïs a été récolté jusqu’à présent. Nous sommes en train de nous dire qu’il vaudra peut-être mieux l’abandonner aux champs cette année », déplore M. Vaillancourt.

« Il faudra rapidement trouver du propane ou décider si on recommande aux producteurs d’abandonner et demander un programme spécial aux gouvernements. »

Si le problème n’est pas rapidement résolu, les producteurs devront, de surcroît, soit payer plus cher pour du propane qui devra venir de plus loin ou payer plus cher pour du maïs qui viendra des États-Unis ou de l’Amérique du Sud pour nourrir leurs animaux.