Les pancartes à saveur électorale apparues à Québec, mercredi.

Les pancartes à saveur électorale jugées illégales

La Ville de Québec considère illégales les pancartes à saveur électorales installées sur son territoire. Elle somme le groupe syndical à l’origine de cette campagne d’affichage de les enlever, ce que le groupe n’a pas l’intention de faire avant d’avoir consulté ses avocats.

«Évidemment, on permet l'affichage électoral en période électorale. Mais là, on est en temps normal, alors c’est le règlement d’urbanisme de la Ville qui s’applique», explique le porte-parole de la Ville de Québec David O’Brien.

Le règlement d’urbanisme de Québec comporte des règles strictes pour les affiches commerciales, en plus d’interdire l’affichage de nature politique ou partisane hors période électorale. M. O’Brien explique que la coalition syndicale affiliée à la FTQ aura «quelques jours» pour retirer, à ses frais, les centaines d’affiches déployées dans la circonscription de Taschereau, au centre-ville. Si elle refuse de le faire, elle s’expose à des amendes de 2000 $ par jour par pancarte. 

Dans la nuit de mardi à mercredi, des affiches s’attaquant autant à la Coalition avenir Québec (CAQ) qu’au Parti libéral du Québec sont apparues, en utilisant le slogan «C’est du pareil au même… On mérite mieux.»

La coalition syndicale a l’intention de profiter des six semaines qui restent avant le début de la campagne électorale pour déployer plusieurs moyens de communication invitant les Québécois à voter pour un parti progressiste. 

Denis Bolduc, président de la section québécoise du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) et membre de la coalition, considère être en droit de poser ces affiches. C’est pourquoi son syndicat, qui n’a pas encore été contacté par des fonctionnaires de la Ville de Québec, fait des vérifications légales avant de bouger. «Lorsque nous serons officiellement contactés, nous informerons la Ville de la position des membres de la coalition quant aux questions juridiques touchant l’affichage électoral et les droits en cause», indique-t-il par courriel. 

À Montréal, à Saint-Jérôme et à Saguenay

En plus de Taschereau, la coalition syndicale a installé des pancartes dans trois autres circonscriptions, soit Pointe-aux-Trembles à Montréal, Saint-Jérôme dans les Laurentides et Roberval au Saguenay-Lac-Saint-Jean. À l’heure actuelle, aucune autre ville n’a demandé aux syndicats d’enlever leurs pancartes, si bien que Québec fait cavalier seul. 

Rappelons qu’Élections Québec n’encadre pas les dépenses faites avant les élections, qui semblent toutefois plus importantes cette année, car le Québec vit ses premières élections à date fixe. Ce geste syndical inédit tombe ainsi dans une zone grise de la loi.