Évelyne Beaudin et son parti invitent les oppositions officielles des municipalités québécoises.

Les oppositions municipales se concerteront à Sherbrooke

Des représentants des oppositions municipales des villes de Québec, Laval, Longueuil et Terrebonne se dirigeront à Sherbrooke, à la fin du mois, afin de discuter des problèmes qu’ils vivent dans leur municipalité respective.

L’objectif du rassemblement est d’écrire une déclaration commune. Les municipalités aimeraient obtenir des « engagements concrets des partis provinciaux en faveur de la démocratie municipale », peut-on lire dans un communiqué de presse du parti Sherbrooke citoyen. 

C’est ce même parti qui a eu l’idée d’organiser cette rencontre, qui aura lieu le 21 septembre. « Quand on était à Gatineau (NDLR au congrès de l’Union des municipalités du Québec), on a croisé des gens d’autres oppositions au Québec, explique la seule élue de Sherbrooke citoyen, Évelyne Beaudin. On a vécu quelques difficultés, notamment pour l’accès aux réunions préparatoires. On a tous les mêmes problèmes à des échelles différentes. On vit tous des difficultés pour jouer notre rôle d’opposition officielle pleinement. »

L’idée d’exercer des pressions à l’endroit du gouvernement trotte dans la tête des membres de Sherbrooke citoyen depuis longtemps. « On s’est dit que l’idéal, c’était une campagne électorale pour attirer l’attention des gens sur la démocratie municipale », analyse la conseillère.

L’un des problèmes à Sherbrooke est d’avoir accès aux comités. « Parfois, on n’a pas aussi facilement accès à l’information. Au comité de revitalisation du centre-ville, les membres du cabinet politique du maire sont pratiquement membres du comité, ils sont autour de la table et on leur demande leur opinion, comme tout le monde, alors que, au début, ils ne voulaient pas que j’y aie accès. Ils ont été obligés de le faire à cause de leurs règlements internes. C’est naturel de travailler avec les membres du cabinet politiques du maire, mais c’est une petite bataille pour nous chaque semaine », indique Mme Beaudin.

Selon elle, les cabinets des oppositions devraient avoir des pouvoirs reconnus. « Je pense que les pouvoirs des cabinets devraient découler des pouvoirs des élus qui sont dans l’opposition officielle. Je ne pourrais pas réclamer des droits qui ne reviennent qu’au maire, et c’est la même chose pour mon cabinet. Cependant, les droits que j’ai en tant que conseillère municipale devraient s’étendre à mon personnel qui est là pour m’appuyer dans mes fonctions. »

Plusieurs oppositions présentes

Québec 21, le Parti Laval, Longueuil citoyen, Option Longueuil et Nouvel Élan Terrebonne ont déjà confirmé leur participation au sommet. « On a contacté toutes les oppositions qui existent. On attend encore quelques confirmations. On va sans doute inviter le Renouveau sherbrookois, mais en réalité, ils ne cadrent pas dans ce qu’est une opposition. Ils ne se sont pas réclamés comme étant une opposition. Ce sera à eux de voir s’ils veulent être là ou non », dit Évelyne Beaudin.

Qu’est-ce que ça prend pour être considéré comme une opposition? « Ça demande d’avoir au moins un élu d’un parti politique qui a obtenu au moins 20 % des voix exprimées lors du dernier scrutin, explique la conseillère du district du Carrefour. Il faut former un cabinet en désignant un élu du parti pour qu’il soit un conseiller désigné. Il faut que le parti se prévale de ce droit. »

Essentiel dans les démocraties

Pour Évelyne Beaudin, l’opposition est essentielle dans les démocraties. « L’une des façons de prévenir la malversation, c’est qu’il y ait le plus grand nombre de chiens de garde dans les institutions politiques. Plus il y aura de gens qui vont surveiller ce qui se passe à l’hôtel de ville et qui vont creuser des dossiers, plus on va s’assurer que les décisions qu’on prend collectivement seront bonnes pour la population. C’est un peu le rôle de l’opposition », assure-t-elle.

Actuellement, Sherbrooke citoyen analyse la loi afin de regarder quelle partie pourrait être clarifiée.