Pour officialiser la fusion, les membres d’Option nationale devront se prononcer à leur tour dimanche prochain, à l’occasion du congrès du parti à l’Université Laval.

Les militants de Québec solidaire approuvent la fusion avec Option nationale

LONGUEUIL - Les militants de Québec solidaire ouvrent grands les bras pour accueillir les militants d'Option nationale dans leurs rangs.

Réunis en congrès à Longueuil, les délégués de QS ont approuvé samedi par une forte majorité l'entente de principe sur la fusion avec ON.

Le vote s'est déroulé à main levée parmi les quelque 550 délégués en provenance de toutes les régions du Québec. Une demande de décompte des voix a été rejetée en raison de la «majorité évidente», a précisé une attachée de presse du parti, Stéphanie Guévremont, qui estime à plus de 80% le taux d'appuis favorables.

Les trois députés solidaires Manon Massé (Ste-Marie-St-Jacques), Gabriel Nadeau-Dubois (Gouin) et Amir Khadir (Mercier) ont accueilli le résultat avec enthousiasme.

Pour Manon Massé, il s'agit d'une étape importante dans le mouvement souverainiste progressiste au Québec. Le parti espère que cette fusion permettra de créer une dynamique de rassemblement et un effet d'entraînement dans la population.

Gabriel Nadeau-Dubois pense que cette éventuelle fusion «peut redonner espoir aux gens et leur redonner envie d'embarquer dans le projet d'indépendance».

«Le message qu'on lance aujourd'hui, c'est que le parti qui rassemble, le parti qui bouge, c'est Québec solidaire», a souligné M. Nadeau-Dubois.

Au-delà des sondages, Amir Khadir croit qu'il est possible de soulever l'engagement de la population une fois le processus de consultation populaire enclenché.

Il prend exemple sur l'ex-premier ministre Jacques Parizeau qui a fait l'annonce, en 1994, de la tenue d'un référendum alors que les appuis étaient autour de 37% et pourtant il s'en est fallu de peu un an plus tard.

«Lorsqu'on a une dynamique de lutte, d'engagement clair pour aller vers l'indépendance, on compte sur la force sociale qui se met en marche et ça dépasse de loin les chiffres des partis ou des propositions électorales», croit Amir Khadir.

Pour officialiser la fusion, les membres d'Option nationale devront se prononcer à leur tour dimanche prochain, à l'occasion du congrès du parti à l'Université Laval.

Entente de principe

Selon la copie de l'entente de principe remise aux médias, Option nationale conserverait un statut de «collectif» à l'intérieur de Québec solidaire. Un statut qui n'accorde aucun pouvoir particulier.

Toutefois, il est prévu que cinq propositions du programme d'ON soient incluses à la liste de propositions soumises aux membres en vue de former la plateforme électorale de Québec solidaire aux élections de 2018.

Il est aussi écrit que les porte-parole de QS s'engagent à appuyer trois candidatures d'ON, dont au moins une femme ainsi que le chef actuel Sol Zanetti, à l'occasion des investitures de circonscription.

Ces candidatures devront se situer dans l'une des neuf circonscriptions considérées comme «les plus favorables».

Cinq piliers

Bien que les démarches de fusion avec Option nationale remettent l'indépendance à l'avant-scène, Manon Massé soutient que cet élément ne prendra pas plus d'importance que les autres «piliers» du parti.

«Nous avons cinq piliers depuis la fondation du parti. Québec solidaire est féministe, pour la justice sociale, écologiste, altermondialiste, indépendantiste. Aucun de ces éléments n'est plus important que les autres», insiste la députée de Ste-Marie-St-Jacques.

«Ce qu'on propose aux gens n'a rien à voir avec l'ancienne perception d'indépendance où l'on se séparait de quelque chose. Nous, on veut redonner le pouvoir au peuple. L'indépendance ne peut pas se faire à droite avec Québec solidaire, c'est impossible.»

L'entente de principe avec ON prévoit la que si le parti accède au pouvoir, Québec solidaire enclenchera la création d'une assemblée constituante dont les membres seront élus par la population et dont le mandat sera de mettre en place le processus de consultation populaire en vue de l'indépendance.

À Option nationale de parler

Le chef d'Option nationale Sol Zanetti s'est déplacé au congrès de QS, samedi, pour assister au vote sur la fusion. Il s'est réjoui de l'accueil réservé à sa formation politique.

«On est très content du vote, on trouve qu'on est accueilli à bras ouverts. Plus de 80% des membres ont choisi de nous rejoindre sur un engagement clair et assumé à réaliser l'indépendance du Québec», a-t-il commenté à la sortie de la conférence de presse des députés solidaires.

En ce qui concerne le vote de ses membres prévu dimanche prochain, Sol Zanetti ne veut pas se prononcer.

«C'est difficile de prévoir l'issue du vote parce qu'il y a des réticences qui sont fortes. On va voir quelle est l'ampleur de ces dissidences-là, mais il y a aussi beaucoup d'enthousiasme», observe-t-il.

La majorité forte des délégués de QS pour ouvrir les bras à Option nationale pourrait peser dans la balance, selon M. Zanetti.

«Dans le mouvement indépendantiste en général, des fois les gens doutaient de la ferveur indépendantiste de Québec solidaire et aujourd'hui ils ont fait la preuve que non. Ils sont complètement assumés dans ce projet-là. Ils sont fiers et ils ont envie de le porter avec nous aussi fièrement», souligne-t-il.

En ce qui concerne la création d'un collectif Option nationale à l'intérieur de Québec solidaire, l'idée est surtout de permettre aux nouveaux arrivants de conserver leur terrain de jeu en matière d'indépendance.

«On va faire partie des comités locaux partout comme les autres membres, mais on va aussi avoir un lieu de rassemblement pour parler d'indépendance», précise celui qui dirige ON depuis le départ du fondateur Jean-Martin Aussant en 2013.