Daniel Picard et Évelyne Beaudin

Les employés ne veulent pas être au cœur d’une guerre politique

Les employés municipaux n’ont pas apprécié de se retrouver coincés dans un conflit entre la conseillère Évelyne Beaudin et le directeur général Daniel Picard. Dans un communiqué, le conseiller syndical à la FISA, Gaétan Desnoyers, qui représente le syndicat des fonctionnaires municipaux et professionnels de la Ville de Sherbrooke, dénonce la dynamique qui s’est installée à l’hôtel de ville.

Si Mme Beaudin avait lancé un sondage pour connaître les améliorations que suggéraient les employés pour rendre leur travail plus efficace, M. Picard avait dénoncé la démarche et prévenu que les répondants au sondage s’exposaient à des sanctions. Daniel Picard a finalement présenté des excuses à la conseillère municipale la semaine dernière.

« Maintenant que nous apprenons que la manœuvre était purement politique, nous devons dénoncer le fait que les employées et employés de la Ville se sont vus mêlés, contre leur gré, à ces manœuvres », écrit M. Desnoyers dans le communiqué.

« Les employés de la Ville connaissent leurs droits et obligations et n’ont pas besoin de se faire rappeler leur devoir de loyauté. Ces mêmes employés connaissent également l’étendue de leurs droits relativement à la liberté d’expression. Ces employés de la Ville demandent aux dirigeants d’éviter, à l’avenir, de les placer au centre de leur guerre politique. »

Emplois en péril

Gaétan Desnoyers ajoute qu’il ne souhaite pas obtenir d’excuses et que son message s’adresse autant à la direction générale qu’aux élus. « Ce que nous déplorons, c’est qu’en faisant planer la possibilité de sanctions, on a mis en péril le travail des employés pour une guerre politique. Pensez-y deux minutes avant de mettre nos jobs en jeu. Heureusement qu’il n’y a pas eu de sanctions. »

Le conseiller syndical ne remet pas en question le devoir de loyauté. « Nous avons réagi à l’interne pour dire que nous connaissions notre devoir. »

Le président du syndicat des cols bleus, Benoit Labonville, admet s’être senti pris entre l’arbre et l’écorce au moment de conseiller ses membres sur ledit sondage. « La menace de sanctions a été perçue comme répressive et a apeuré les Bleus. Je voyais d’un bon œil la démarche de la conseillère, qui visait à améliorer les services à la population. Je ne pense pas que nous outrepassions notre devoir de loyauté. »

M. Labonville admet ne pas être intervenu auprès de la direction générale ou de l’administration municipale. « Tout s’est passé tellement vite entre les sorties de Mme Beaudin et de M. Picard, qui se parlaient à coups d’avis juridiques, que nous n’avons pas eu le temps de nous exprimer pour dire que cette façon de faire était désolante. »

Benoit Labonville se montre toutefois heureux qu’aucun employé n’ait fait l’objet de sanctions.

Entente de principe sur les caisses de retraite

La saga du partage des coûts des caisses de retraite à la Ville de Sherbrooke tire à sa fin. La Tribune a appris qu’une entente de principe était intervenue entre la Ville et ses syndicats et qu’il ne reste plus qu’au conseil municipal à l’entériner. Le sujet devrait être inscrit à l’ordre du jour de la séance du conseil du 4 mars.

Le conseiller syndical de la FISA Gaétan Desnoyers, qui représente le syndicat des fonctionnaires municipaux et professionnels de la Ville de Sherbrooke, confirme que la partie syndicale est en accord avec le projet. « Le diable est dans les détails. Ça faisait des mois que nous étions près d’une entente. »

M. Desnoyers a refusé de dévoiler la teneur de cette entente, d’autant qu’elle doit encore être ratifiée. 

Les tergiversations durent depuis environ quatre ans, alors que la Ville et ses syndicats ne s’entendaient pas sur les balises imposées par le gouvernement pour le partage des déficits des régimes de retraite. En prenant l’étude actuarielle du 31 décembre 2013 comme point de référence, le déficit actuariel s’élevait à environ 37 M$. Dans un tel scénario, la part de la Ville était de 27,5 M$ alors que celle des syndiqués, à l’exception des policiers, était de 9,5 M$. L’enjeu était de figurer comment les cotisants parviendraient à renvoyer cette somme dans les caisses de retraite.